Le passage d’Esaïe 40 : 22 enseigne-t-il que la terre est un disque plat ou une sphère ?


Comme il y a ces dernières années une résurgence de la croyance très ancienne que la terre est plate, la forme de la terre selon la Bible est un sujet qui est venu sur le devant de la scène ces dernières années. En fait le mouvement platiste a connu sa résurrection au 19ème siècle lors du siècle de scepticisme des écritures. Esaïe 40:22 enseigne-t-il une terre plate ou une sphère ? Comment interpréter cette expression “le cercle de la terre” ?

Il faut avant tout noter que l’humanité n’a pas attendu Christophe Colomb pour savoir que la terre était ronde car le concept de la terre ronde remonte aussi loin que Pythagore en 500 av. J-C. A partir de cette date ancienne, les sources historiques parlant et démontrant la terre ronde se font de plus en plus nombreuses au fil des siècles (Aristote, Ératosthène..). C’est donc une erreur majeure de penser que l’église a soutenu que la terre était plate.

Nous avions dans un article précédent couvert en longueur le sujet de la “terre plate VS terre ronde” selon la Bible et je vous renvoie donc à l’article ci-dessous pour avoir le grand panorama. Ici nous allons nous intéresser à Esaïe 40 : 22 qui est le passage le plus directement relié au sujet.

L’église a correctement compris durant l’histoire que la terre était une sphère et plusieurs traductions anciennes rendent Esaïe 40 : 22 comme décrivant une sphère. Le texte d’Esaïe 40 : 22, lu isolément, autorise aussi bien la lecture d’un disque plat ou d’une sphère, il n’y avait en effet aucun mot spécifique pour sphère dans l’époque d’Esaïe. Le mot qu’Esaïe a utilisé peut aujourd’hui signifier une sphère. D’autres passages bibliques de Genèse, Job et du Nouveau Testament laissent entrevoir indirectement le modèle sphérique de la terre.

Cet article est également disponible en podcast.

La nature du texte biblique

Pour correctement approcher le texte biblique sur les points scientifiques il faut réaliser que de nombreux passages utilisent des symboles, des formes poétiques et même des visions et des rêves. Utiliser ces passages pour déterminer des concepts scientifiques est rarement pertinent. Jésus a beaucoup employé les paraboles et les symboles.

Ainsi de nombreux passages dans Job, les Psaumes ou le rêve de Nebucadnetzar dans Daniel 4 ou encore la scène entre Jésus et Satan (Matthieu 4) sur la montagne sont composés de passages poétiques ou de visions. On ne peut tirer aucune conclusion scientifique directe de ces passages.

Par ailleurs tout ce qui est dans la Bible n’est pas nécessairement approuvé par Dieu. Les textes rapportent les discours des uns et des autres, ces discours ne sont pas forcément en harmonie avec ce que pense Dieu mais lorsqu’on rapporte l’histoire il faut rapporter les propos comme ils ont été dit.

On remarque cela avec les descriptions imagées d’Elihou dans le livre de Job (chapitre 37). Ce n’est pas Dieu qui discourt mais Elihou, ses descriptions sont donc les siennes et même une interprétation littérale ne poserait donc un problème, mais le chapitre en question comme beaucoup de chapitres dans Job ou dans les Psaumes est hautement symbolique dans sa manière de décrire la création.

La Bible est un livre historique et réaliser cela est important car il y a une différence entre un livre historique et un livre scientifique. Beaucoup de chrétiens qui argumentent une terre plate dans la Bible le font parce qu’ils pensent que cela autorise la réinterprétation d’autres points bibliques comme l’âge de la terre ou son origine. Ainsi si la Bible a tort sur la forme de la terre, elle pourrait avoir tort sur l’âge de la terre et d’autres points.

L’âge de la terre et son origine ne sont toutefois pas des sujets “scientifiques” mais “historiques”. La science a à voir avec les expériences, les tests et la reproductibilité. Les modèles de la création et de l’évolution ne peuvent pas être soumis à ces exigences, il s’agit du passé non observable, non testable et non reproductible.

En contraste la forme de la terre est un phénomène observable et on ne peut donc comparer les revendications bibliques sur l’âge de la terre (science historique) au débat sur la forme de la terre (science d’observation).

L’âge de la terre est le fruit d’une simple addition dans la Bible. Il est dit qu’Adam a été créé au 6ème jour et comme nous connaissons les âges des premiers patriarches (âge ou ils ont eu leur aîné et âge ou ils sont morts) nous pouvons établir une chronologie simple d’Adam à Abraham. Il y a ensuite d’autres informations dans la Bible pour nous amener d’Abraham à Jésus.

Le déluge biblique est également un évènement historique et ce dernier est perçu comme tel dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau.

Au final la Bible ne nous enseigne pas grand-chose en cosmologie. Dieu a révélé les choses qui étaient utiles pour son dessein de rédemption (par exemple le fait qu’il va créer une deuxième terre à la fin des temps) et il ne nous a pas révélé tous les secrets de la création. Tenant compte du mandat de domination donné par Dieu aux hommes, nous devions étudier la création et la comprendre et cela a nécessité des millénaires. Ce n’était clairement pas l’objectif de Dieu que d’enseigner toutes les vérités scientifiques dès le début aux premiers hommes.

Il était toutefois crucial d’avoir une chronologie partant de la création à Jésus. L’histoire fonctionne avec des dates, il est donc normal que la Bible soit remplie d’informations chronologiques. Ceux qui pensent que la Bible n’est qu’un livre de moral ou de théologie et n’a pas de prétention à nous expliquer l’origine et l’histoire du monde le font en suivant les pas des pionniers de cette pensée au 19ème siècle, lesquels ont commencé à revoir le texte à cause de l’évolution géologique puis biologique. Le mouvement platiste a connu sa résurgence au même moment.

Il n’y a aucune raison de penser qu’Abraham, Moïse, Esaïe et toutes les grandes figures bibliques ont été des surhommes complètement en décalage de leurs contemporains. Ils avaient un avantage en compréhension du monde sur les sujets qui leur étaient révélés par Dieu mais sur les autres sujets, ils avaient probablement les mêmes conceptions que leurs contemporains.

Il y a une logique et même une nécessité dans le fait que Dieu ait peu abordé certains sujets scientifiques car sa Parole devait être accessible à toutes les générations. Remplir la Bible de concepts n’étant compris que des milliers d’années plus tard auraient confondu les lecteurs qui auraient perçu la Bible comme contenant des concepts complètement étrangers à leur époque. Cela voudrait dire que seuls les humains modernes soient en mesure de comprendre les écritures. Clairement, remplir la Bible de concepts scientifiques non liés au dessein biblique de rédemption ou à l’histoire du peuple de Dieu, n’était pas l’objectif.

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Esaïe avait-il en tête une terre plate ou ronde ?

Il y a deux possibilités concernant ce que pensait Esaïe sur la forme de la terre :

  • Il croyait que la terre était un disque plat
  • Il croyait que la terre était une sphère

Nous savons que la Bible, contrairement à d’autres textes (bouddhistes, hindouistes, grecs païens), enseignait que la terre reposait dans le néant (Job 26 : 7) et non sur le géant atlas, une tortue, un éléphant ou autres fondations physiques. On sait également que la Bible décrit les astres comme étant en mouvement (Job 38:31-32) et on pense que le “firmament” biblique (raqia en hébreu) est en fait l’espace (l’espace étant un mot moderne) et non un dôme solide1.

Le mot utilisé dans Esaïe 40 : 22 est “khûg (חוּג)”. Le mot peut se référer à un cercle ou à une voûte, c’est à dire un objet en trois dimensions. En hébreu moderne, le mot “khûg (חוּג)” peut désigner une sphère. Le mot sphère en lui-même est d’origine grecque, il ne pouvait être utilisé par Esaïe. Les experts en hébreu indiquent que le mot est difficile et qu’il peut selon le contexte signifier un cercle ou une sphère.

Le prophète biblique a vécu au 7ème siècle avant JC, cela veut dire qu’il a vécu avant Pythagore (570-495 av. J-C), le premier a avoir parlé clairement d’une terre ronde. Mais Esaïe avait-il compris avant Pythagore que la terre était ronde ?

Si Esaïe avait eu en tête “une sphère” en parlant de la terre, le mot “khûg” était un mot possible pour décrire cela.

Esaïe 40 : 22 (BDS)

Or, pour celui qui siège bien au-dessus du cercle de la terre, ses habitants sont pareils à des sauterelles.

Il a tendu le ciel comme une toile et il l’a déployé comme une tente pour l’habiter.

Notons que le chapitre 40 d’Esaïe est rempli de symboles, il faut être mesuré quant aux conclusions scientifiques directes qu’on peut en tirer. Quand on réfléchit bien, Dieu est esprit, il n’a donc pas de corps physique, il ne peut donc être littéralement “assis” sur la terre. Le verset en question est contenu dans un chapitre poétique et on peut difficilement y voir une volonté de décrire scientifiquement la réalité de la terre.

Si on devait se projeter “au-dessus de la terre” et que nous devions regarder en dessous de nos pieds la terre, celle-ci apparaîtrait bien comme un cercle ou un dôme car la partie inférieure de la sphère n’est pas visible, seule la moitié supérieure l’est. Quand vous regardez la lune, la troisième dimension n’est pas discernable et elle apparaît comme un cercle dans le ciel. La description imagée d’Esaïe n’est donc pas fausse et il n’y a aucun élément fatal dans la Bible tel que le géant atlas ou le dos d’un éléphant soutenant la terre. La description d’Esaïe pourrait correspondre à une sphère mais aussi au modèle apparent qui ressort d’une projection de Dieu au-dessus de la terre. Mais il y a encore une autre option.

Les expressions de types “au bout du monde” ou les “quatre coins de la terre” sont évidemment de type idiomatique et nous les utilisons encore aujourd’hui. On ne peut concilier les “quatre coins de la terre” avec un cercle. Les quatre coins de la terre ont plutôt à voir avec les quatre points cardinaux.

En l’absence de mot pour “sphère” l’utilisation du mot “cercle” paraissait être le meilleur choix. Certains diront qu’Esaïe aurait pu utiliser le mot “dur – balle” (comme dans Esaïe 22 : 18) mais ce mot est également utilisé pour désigner un cercle (comme dans Esaïe 29 : 3).

Proverbes 8 : 27 pourrait suggérer également une terre ronde en utilisant le mot cercle. Si vous surplombez l’océan, l’horizon apparaît sous la forme d’un cercle. Ce cercle à l’horizon est décrit dans Job 26 : 10. Le cercle sur la face des eaux est l’une des preuves que les Grecs utilisaient pour une terre sphérique. Pourtant, ici, il est consigné dans Job, des siècles avant que les Grecs ne le découvrent. Job 26 : 10 indique que Dieu a tracé un cercle sur la face des eaux, au lieu où la lumière rencontre les ténèbres. Cela suggère le jour et la nuit sur un globe sphérique (les modèles de terre plate ne parviennent pas à expliquer le cycle jour/nuit avec succès2).

La ligne qui sépare le jour de la nuit s’appelle le terminateur. Elle est également appelée «ligne grise» et «zone crépusculaire». C’est une ligne floue due à notre atmosphère qui courbe la lumière du soleil. C’est une ligne fictive qui sépare les faces éclairées et non éclairées d’un corps céleste.

Cette frontière entre la nuit et le jour (ténèbre et lumière) est appelée le «terminateur» puisque la lumière s’arrête là. Si on devait se tenir debout sur le terminateur, on observerait un lever ou un coucher de soleil et on basculerait de jour à la nuit ou de nuit au jour. Le terminateur est un cercle car la terre est une sphère. On perçoit donc à quel point la description de Job 26 est pertinente. Elle correspond à un modèle sphérique.

La connaissance de la division circulaire du jour de la nuit comme décrivant la frontière entre l’hémisphère éclairé et celui dans l’obscurité (ce qui suppose la courbure de la terre), implique la connaissance que la terre est une sphère.

Dans un modèle de terre plate il n’y a pas une telle division circulaire, vous pouvez essayer de visualiser l’image ci-dessus avec une terre plate plutôt que sphérique et vous verrez que le cercle tracé ne correspond qu’à un modèle sphérique.

Job 26 : 10

Il a tracé un cercle sur la face des eaux, au lieu où la lumière rencontre les ténèbres.

Proverbes 8 : 27

Moi, j’étais déjà là quand il fixa le ciel et qu’il traça un cercle autour de la surface du grand abîme.

Le fameux cercle dont parle la Bible, loin de la disqualifier scientifiquement lui donne plutôt un crédit impressionnant. La Parole de Dieu est certaine.

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De la Création à la Résurrection !

Esaïe 40 : 22 dans la traduction grecque des septante (LXX)

Il est toujours intéressant de voir comment les premiers traducteurs du texte hébreu ont rendu le texte. Ces derniers ont en effet commencer à traduire les premiers livres de la Bible au 3ème siècle avant JC. Cela nous donne une indication sur comment les juifs interprétaient les écritures avant l’ère chrétienne. Dans notre cas, il n’y a rien de bien folichon à lire Esaïe dans sa version grecque, mais voyons si nous pouvons en tirer des enseignements :

Esaïe 40 : 22 (Pierre Giguet – LXX)

C’est lui qui tient dans sa main le cercle de la terre, et, comme une nuée de sauterelles, tous ceux qui l’habitent. C’est lui qui a posé les cieux comme une voûte, et qui les a tendus comme la tente où l’on s’abrite.

On remarque dans la traduction grecque qu’il n’est plus question que Dieu soit assis sur le cercle de la terre, mais le passage incite à la même approche symbolique. Aussi le mot “γῦρον” est rendu par cercle. En effet il signifie “anneau, cercle, courber”.

Notons que si le verset d’Esaïe voulait parler de la forme de la terre, ce dernier est assez bizarrement construit. Cela sonne t-il correct ? la sphère de la terre ? le cercle de la terre plate ? Esaïe n’aurait-il pas tout simplement pu dire “au-dessus de la terre”. Le cercle de la terre doit-il se référer à la forme de la terre ? Les versets clés de Job 26 : 10 et de Proverbes 8 : 27 ne semblent pas parler de la forme de la terre mais d’un cercle bien particulier qui correspond à une vérité scientifique.

On retrouve peut-être une information qui vient s’ajouter à genèse 1 : 2 lorsque les ténèbres régnaient sur l’abîme (la mer) et que l’esprit de Dieu planait sur les eaux. La terre était informe à ce moment là, c’est donc possiblement à ce moment que Dieu “a tracé” son cercle.

La version d’Esaïe 40 : 22 selon la version grecque est assez peu discutée dans ce débat mais elle me semble mieux connectée aux deux versets cités et peut-être plus pertinente. Il est n’est pas question que Dieu soit assis au-dessus de la terre mais qu’il tient dans sa main le cercle de la terre et tous ceux qui y habitent. Puisque Dieu “a tracé” un cercle selon Proverbes 8 : 27 et Job 26 : 10, il pourrait y avoir du sens “qu’il tienne le cercle dans sa main” comme dans la version grecque.

On sait par ailleurs que la version grecque contient parfois des versets plus complets et mieux conservés que le texte massorétique et même mieux que les manuscrits de la mer morte (un article à ce sujet).

Si Esaïe fait référence au cercle des deux autres passages comme on pourrait en faire le lien à l’aide du verset grec et de la possibilité qu’Esaïe se soit inspiré ou a été inspiré par Dieu pour réutiliser les descriptions de Job 26 et Proverbes 8, il ne s’agit donc pas de la forme de la terre dans Esaïe 40 : 22 mais du terminateur qui est la division circulaire du jour de la nuit. Dieu contrôlerait donc le terminateur – ce fameux cercle. Le chapitre 40 d’Esaïe concerne réellement le fait que Dieu soit le maître de l’univers.

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Style poétique et vérités scientifiques

Nous savons que lorsqu’il y a un passage ambigu dans un verset biblique il faut aller voir la logique de l’enseignement dans d’autres passages bibliques afin de découvrir le sens réel. Esaïe à son époque lisait certainement les livres de Job et des Proverbes.

La cohérence biblique semble réellement encourager la compréhension d’un cercle plus que d’une sphère. Toutefois il ne décrit pas la terre plate mais visiblement le terminateur – cette ligne qui délimite le jour et la nuit.

Les auteurs/figures bibliques ont très bien pu croire à des conceptions du monde de leur temps sans pour autant que la Bible, grâce à l’inspiration divine, ne consigne leurs erreurs. Il n’y a aucune raison de penser que les figures bibliques avaient des connaissances scientifiques plus poussées que leurs contemporains hormis lorsqu’il s’agissait de sujets directement révélés par Dieu. La sphéricité de la terre n’a peut-être pas été un sujet que Dieu leur a révélé directement mais cette description puissante de Job 26 : 10 qui parle du cercle où la lumière rencontre les ténèbres semble à tout le moins représenter une description scientifiquement exacte et elle nécessite la conception d’une terre sphérique.

Les trois passages ci-dessus (Job 26 : 10, Proverbes 8 : 27, Esaïe 40 : 22) sont dans un style poétique, ils n’ont pas pour objectif d’enseigner des vérités scientifiques mais ils renferment de puissants concepts véridiques.

Alors qu’Esaïe pourrait décrire dans le chapitre 40 la terre comme un cercle parce que c’est ainsi qu’elle parait quand on observe l’horizon autour de nous ou parce que la terre vue de loin parait comme un cercle, il fait probablement référence au cercle de Job 26 : 10 et de Proverbes 8 : 27.

Esaïe ne considérait pas une terre plate dans ce passage, il reprenait les descriptions connues du livre de Job et son style poétique. Pour savoir ce qu’est le cercle d’Esaïe 40 : 22, il faut aller dans les deux autres passages.

Il est parfois risqué pour l’étudiant biblique de voir des explications littérales dans Job. Job 4 : 8, parlant de la terre, présente Dieu comme demandant “sur quoi ses bases sont-elles appuyées ?” La question est rhétorique et on peut s’attendre à ce qu’elle ne soit appuyée sur rien, mais certains pourraient y voir une terre reposant sur des fondations physiques. Dans Job 26 : 7 il est ensuite question de la terre suspendue dans le néant. Comme quoi il faut faire attention avant de tirer des conclusions littérales.

Job 26 : 11 dit (cette fois-ci c’est Job qui parle) “les colonnes du ciel s’ébranlent et s’étonnent à sa menace“, il est peu probable que Job pensait à de vraies colonnes et le fait que “le ciel s’étonne” traduit également du symbolisme. Ce verset vient juste après le verset qui parlait du cercle tracé à la surface des eaux.

Les descriptions dans Job parlent de la création d’une façon poétique. Esaïe 40 comporte le même language il est dit par exemple au verset 12 :

Esaïe 40 : 12

Qui a mesuré l’océan dans le creux de sa main ?
Qui a déterminé les dimensions du ciel avec la largeur de sa main ?
Qui a tassé dans un boisseau toute la poussière du sol ?
Qui a bien pu peser les montagnes sur la bascule
et les coteaux sur la balance ?

Dieu a-t-il littéralement effectué les actions décrites ? Je pense qu’il faut conclure que le chapitre 40 décrit la création d’une manière poétique et ressemble fortement à Job et aux Proverbes.

Toutes les actions attribuées à Dieu dans ce passage sont présentées avec un fort niveau de poétisme – le but est de dire que Dieu a tout soigneusement créé et qu’il est le maître de l’univers.

Au passage remarquons le verset qui dit “qui a déterminé les dimensions du ciel avec la largeur de sa main ?“. Ce verset trouve davantage sa cohérence avec la version grecque vu au chapitre précédent, où il était question que Dieu tienne le cercle de la terre dans ses mains.

Age, origine et forme de la terre

Il est probable que les créationnistes terre-jeune se trompent en considérant Esaïe 40 : 22 comme parlant directement d’une sphère parce que le cercle en question ne désigne peut-être pas la forme de la terre (bien qu’elle l’implique).

A contrario, les créationnistes terre-vieille ou évolutionnistes théistes, pensent réellement que non seulement les figures bibliques croyaient que la terre était plate (ce qui ne poserait pas problème) mais aussi que le texte biblique en lui-même enseigne une terre plate, pourtant quand on regarde les quelques passages liés au sujet dans Job, Proverbes ou Esaïe, on constate un langage poétique, possiblement des descriptions de modèle apparent (exemple du coucher de soleil), le cercle qui sépare le jour de la nuit, la terre qui repose dans le néant, le mouvement des étoiles…Tout cela me parait plutôt percutant.

L’objectif pour les chrétiens évolutionnistes est de pouvoir considérer l’évolution et les milliards d’années. Si la Bible commet une erreur avec la terre plate, elle aurait pu le faire aussi avec l’âge de la terre et la création en 6 jours littéraux.

Mais il y a une différence énorme entre les revendications bibliques concernant l’âge de la terre, la création en 6 jours et la forme de la terre :

  • Les passages bibliques concernant ou évoquant l’âge de la terre (chronologie de l’histoire du monde) et sa création en 6 jours se trouvent dans des passages littéraux.
  • Les passages bibliques (pouvant) traiter de la forme de la terre sont clairement poétiques et potentiellement ne parlent pas de la forme de la terre.
  • Les récits de la Genèse sont par nature des sujets historiques alors que la forme de la terre est dans le carcan de la science d’observation.
  • La Bible est un livre d’histoire. Elle n’est pas un livre scientifique.

Dans un passage symbolique nous sommes autorisés à trouver des sens profonds, figurés et pouvons ne pas considérer les détails littéralement. Les passages symboliques contiennent des termes, des comparaisons, des indications nettes qui indiquent qu’ils sont symboliques. On ne peut pas louper la nature symbolique d’un chapitre.

Dans un passage littéral, les possibilités d’interprétation sont limitées et il y a peu d’option pour les percevoir autrement que comme le sens naturel qu’il dégage. Ces passages contiennent peu ou aucun signe qui permettent de les considérer comme symboliques.

Conclusion

En ce qui concerne la sphéricité de la terre, la Bible pourrait bien l’indiquer de manière indirecte.

Une analyse de Genèse 1, de Job (passages montrés ci-dessus) et du Nouveau Testament indiquent visiblement un modèle de terre sphérique. Genèse 1 indique par exemple ceci :

Genèse 1 : 14 (BDS)

Puis Dieu dit : Que, dans l’étendue du ciel, il y ait des luminaires pour distinguer le jour de la nuit, et pour qu’ils marquent les saisons, les jours et les années. Que, dans l’étendue du ciel, ils servent de luminaires pour illuminer la terre.

On comprend que les luminaires ont pour but de distinguer le jour de la nuit, les saisons, les jours et les années. Cela est possible dans un modèle de terre sphérique qui tourne sur elle-même, orbite autour du soleil, avec une lune qui orbite autour de la terre. Entre deux pleines lunes successives il y a environ 29.5 jours (nos mois sont à peu près calés sur cette durée) et il faut 365,25 jours pour que la terre orbite le soleil. Le rôle qui est assigné dans la Bible au soleil et à la lune correspond à l’usage historique calendaire que l’humanité en a fait.

Le jour et la nuit s’expliquent par le fait que la terre tourne sur elle-même en 24h, ainsi quand une partie est illuminée par le soleil, l’autre ne l’est pas. Ces données bibliques se corrèlent avec un modèle de terre ronde. Aussi, Jésus lorsqu’il a annoncé son retour a précisé qu’il ferait jour pour certains et nuit pour d’autres. Cela induit encore un modèle de terre ronde tournant sur elle-même, mais concédons sur ce dernier point qu’à l’époque de Jésus on savait désormais que la terre était ronde.

Il y a vraiment un lien connecteur logique entre Genèse 1, Job 26, Proverbes 8, Esaïe 40 et le retour de Jésus. L’inspiration divine est éclatante.

Les critiques peuvent faire appel au rêve de Nébucadnetsar dans Daniel 4 ou à la tentation de Jésus dans le désert avec Satan pour avancer une vue platiste dans la Bible mais ces passages sont soit symbolique soit visionnaire voire les deux pour Daniel 4 (rêve rempli de symbole). Par ailleurs le langage poétique de bien des chapitres de Job, des Proverbes et des Psaumes n’est pas à prendre littéralement, les enseignements sont souvent figurés. Jésus a beaucoup utilisé les symboles pour enseigner – indiquer qu’il y a des symboles dans la Bible n’affecte en rien son inspiration. Un autre point est la description de modèle apparent comme le mouvement apparent du soleil (coucher et lever de soleil).

La Bible ne dit pas grand-chose en somme sur la forme de la terre, du moins directement, et s’il s’avérait que certaines figures bibliques ont cru en un modèle de terre plate, cela indiquerait tout simplement qu’ils croyaient en une cosmologie incorrecte qui existait dans leur temps et cela ne fausserait pas leurs autres accomplissements/propos/écrits inspirés.

La véracité des divers évènements importants rapportés dans la Bible ne dépend pas de la compréhension cosmologique des auteurs bibliques mais de la factualité de ces évènements. Les grecs ont-ils vraiment découvert le modèle de la terre ronde ? Ils se sont en tout cas trompés sur bien d’autres sujets – spirituels et physiques. Aristote pensait par exemple que l’univers était éternel alors que nous savons aujourd’hui que l’univers a eu un commencement. La Bible indiquait le commencement de l’univers dès les premiers chapitres de la Genèse.

Socrate pensait de son côté qu’il y avait une vie en dehors du corps après la mort, la Bible enseigne que les morts sont inconscients (l’espoir étant la résurrection au dernier jour). La Bible indique que l’univers va en se dégradant alors que les évolutionnistes disent qu’il s’est amélioré au fur et à mesure. La seconde loi de thermodynamique donne raison à la Bible (un article à ce sujet).

Ce qui importe davantage, c’est la factualité des évènements rapportés dans la Bible :

On notera au passage que le prophète Esaïe avait prédit bien des évènements (voir liens prophéties messianiques plus haut) qui se sont réalisés à l’époque de Jésus et d’autres qui s’accompliront à la fin de cet âge (un article à ce sujet).

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  1. Voir conférence de l’astronome et Dr Danny Faulkner.
  2. Une réfutation de la terre plate par Danny Faulkner.

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces recherches afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques, le débat création/évolution et explorer les preuves historiques et archéologiques du judéo-christianisme.

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