Aux Origines du Conditionnalisme (Annhiliationnisme) Chrétien
Il y a une controverse entre la vision traditionnelle de l’enfer — celle de la punition éternelle et consciente — et la doctrine du conditionalisme (ou annihilationnisme), qui soutient que seuls les croyants hériteront de la vie éternelle, tandis que les mécréants cesseront d’exister.
Traditionnellement, certains auteurs attribuent à Arnobius de Sicca (240-327) la première formulation claire du conditionalisme. Cependant cette doctrine était déjà présente chez Irénée de Lyon, un Père de l’Église du IIe siècle souvent cité pour défendre la vue traditionnelle de l’enfer.
Irénée de Lyon (130-202), un conditionaliste précoce
Bien que largement admiré par les traditionnalistes pour sa rigueur théologique et sa fidélité aux Écritures, Irénée affirme dans ses écrits que l’immortalité n’est pas inhérente à la nature humaine. Pour lui, la vie éternelle est un don que Dieu accorde uniquement aux croyants. Il utilise des termes bibliques comme « continuation », « prolongation » et « durée des jours » pour indiquer que la durée de vie des êtres créés dépend de la volonté de Dieu : les sauvés recevront « la longueur des jours pour les siècles des siècles », tandis que ceux qui rejettent Dieu se verront refuser ce don et cesseront d’exister.
Les expressions telles que « feu éternel » utilisées par Irénée et souvent invoquées par les traditionalistes pour prouver l’existence d’un châtiment conscient et éternel, doivent être comprises dans le contexte de la finitude de toute création. Ces termes répètent le langage biblique sans, par eux-mêmes, déterminer la qualité de l’existence (plénitude ou souffrance éternelle). Quand Irénée va au-delà de cette répétition, il indique clairement que le sort ultime des mécréants est l’annihilation, c’est-à-dire la privation définitive de toute existence.
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Contrairement à la croyance traditionnelle qui attribue à Irénée l’adhésion à une vision d’un enfer de tourments éternels, une lecture attentive de ses écrits révèle qu’il prônait en réalité le conditionalisme: la vie éternelle est une grâce réservée aux croyants, tandis que les mécréants, en rejetant Dieu, « se privent de la prolongation dans l’éternité », c’est-à-dire qu’ils sont destinés à l’annihilation.
Contre les hérésies (voir page 88 du PDF)
« Le Père de toutes choses donne donc aussi la durée pour les siècles des siècles à ceux qui sont sauvés : car ce n’est pas de nous ni de notre nature que vient la vie, mais elle nous est donnée selon la grâce de Dieu. Et c’est pourquoi celui qui garde le don de la vie et rend grâces à Celui qui le lui a donné recevra aussi « la longueur des jours pour les siècles des siècles » ; mais celui qui rejette ce don, qui ne témoigne qu’ingratitude à son Créateur pour l’existence reçue et qui refuse de reconnaître le Donateur, celui-là se prive lui-même de la durée pour les siècles des siècles.«
Théophile d’Antioche (décédé en 183-185)
À Autolycus, Livre 2, Chapitre 27
« Il ne le créa [Adam]donc ni mortel, ni immortel, mais, comme nous l’avons déjà dit, capable d’être l’un ou l’autre. En suivant la voie qui conduit à l’immortalité, c’est-à-dire en restant fidèle observateur de la loi du Seigneur, il devait recevoir de lui l’immortalité en récompense, et devenir semblable à Dieu ; mais en prenant le chemin de la mort, par la désobéissance, il se donnait la mort lui-même ; car Dieu l’avait créé libre, et ne gênait en rien sa liberté. Et aujourd’hui, par un effet admirable de sa bonté et de sa miséricorde, il rend à l’homme devenu fidèle tout ce qu’il avait perdu par sa négligence et son infidélité. C’est en désobéissant à Dieu qu’il s’était donné la mort ; c’est aussi en se soumettant à sa volonté qu’il peut recouvrer la vie éternelle. »
Théophile rejette l’idée platonicienne d’une âme naturellement immortelle. Il enseigne que l’immortalité est un don de Dieu, conditionnel à l’obéissance.
Ignace d’Antioche (vers 110)
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