Les Preuves Archéologiques sur le Roi Ezéchias !

Ézéchias a régné en tant que roi de Juda de 716 à 687 avant JC, après avoir été corégent pendant environ 13 ans avec son père Achaz.

Dans 2 Chroniques 29 :1-2, nous lisons : « Ezéchias était âgé de vingt-cinq ans lorsqu’il commença à régner et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Sa mère s’appelait Abiya, elle était fille de Zacharie. Il fit ce que l’Eternel considère comme juste, en tout point comme l’avait fait son ancêtre David.»

Ezéchias est connu pour ses réformes religieuses et pour sa position courageuse contre l’invasion assyrienne de Juda par Sennachérib en 701 av.J-C, il est donc important d’établir son historicité comme cela a été fait pour son ancêtre David dans un autre article du site.

Une partie de cet article a été reproduite avec permission de la part de mon collègue Bryan Windle, pasteur au Canada, la partie concernée en anglais peut être trouvée ici.

La Bulle-enveloppe d’Ezéchias

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Cette bulle (impression de sceau) du roi Ézéchias a scellé à l’origine un document écrit sur un papyrus. Les fines cordes avec lesquelles le document était noué ont laissé leur marque au revers de la bulle. Crédit photo : Ouria Tadmor / © Eilat Mazar. Utilisé avec autorisation.

Plusieurs bulles (empreintes de sceau d’argile) du roi Ézéchias ont été trouvées. Alors que la plupart ont été acquises via le marché des antiquités, en 2015, le Dr Eilat Mazar a annoncé qu’une autre bulle d’Ézéchias avait été découverte lors du tamisage humide de matériaux excavés d’une décharge d’ordures dans un bâtiment royal à Ophel.1 La bulle mesure environ un centimètre de diamètre et porte une ancienne inscription hébraïque :

“לחזקיהו [בן] אחז מלך יהדה”
« appartenant à Ézéchias [fils d’] Achaz, roi de Juda »

L’impression du sceau représente également un soleil à deux ailes et des symboles ankh. Des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem ont expliqué l’iconographie de cette façon :

« Les symboles sur l’impression du sceau de l’Ophel suggèrent qu’ils ont été créés tard dans sa vie, lorsque l’autorité administrative royale et les symboles personnels du roi ont changé du scarabée ailé (coléoptère) – le symbole du pouvoir et de la règle qui avait été familier dans tout le Proche-Orient ancien, à celui du soleil ailé – un motif qui proclamait la protection de Dieu, qui donnait au régime sa légitimité et son pouvoir, également répandu dans tout le Proche-Orient ancien et utilisé par les rois assyriens2.

La bulle d’Ézéchias affirme non seulement l’historicité d’Ézéchias, mais aussi sa lignée, se faisant, elle confirme ces détails bibliques à son sujet.

Les preuves des réformes religieuses d’Ezéchias

Ézéchias a contribué à éloigner le peuple de Juda de l’idolâtrie et à le ramener à l’adoration de Yahweh. Dans 2 Rois 18 :4, nous lisons : « Il fit disparaître les hauts lieux, briser les stèles des idoles, couper le pieu sacré de la déesse Ashéra. Il fit aussi mettre en pièces le serpent de bronze que Moïse avait fabriqué, car jusqu’à cette époque-là, les Israélites faisaient brûler des parfums pour lui et l’appelaient Nehoushtân.« 

Des preuves des réformes religieuses d’Ézéchias ont été découvertes à Arad, Beer-Sheba, Lachish, Tell Motza et Tell Lahif3. Par exemple, le célèbre autel à quatre cornes de Beer-Sheba a été démantelé pendant le règne d’Ézéchias et trois de ses quatre cornes ont été retrouvées à usage secondaire dans un mur, indiquant que la structure n’était plus considérée comme sacrée. À Lachish, une porte-sanctuaire a été déterrée en 2016. Deux petits autels à cornes ont été découverts, dont les cornes avaient été brisées, et des toilettes avaient été placées dans le sanctuaire en guise d’acte symbolique de profanation (2 Rois 10:27)4.

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L’autel à quatre cornes de Beersheba (Beer Sheva). Ses pierres ont été découvertes incorporées dans un mur d’entrepôt. Les fouilles ont révélé l’abolition du site cultuel du VIIIe siècle av. J.-C., sous le règne du roi Ézéchias. Crédit photo : Ferrell Jenkins / https://ferrelljenkins.blog/2013/07/16/

Le tunnel et le mur d’Ézéchias

Le moment décisif de la vie du roi Ézéchias s’est peut-être produit lorsque Sennachérib, roi d’Assyrie, est venu attaquer Jérusalem. Ézéchias a été informé avant l’invasion imminente, ce qui lui a donné suffisamment de temps pour améliorer les fortifications de la ville et construire un tunnel pour amener de l’eau dans la ville.

En 2 Chron. 32:2-4, 30 nous lisons :

Ezéchias, voyant que Sennachérib était venu avec l’intention d’attaquer Jérusalem, tint conseil avec ses ministres et ses officiers pour faire obturer les sources d’eau situées en dehors de la ville. Tous l’aidèrent et beaucoup de gens se rassemblèrent. Ils bouchèrent toutes les sources, y compris celle dont l’eau s’écoulait par un canal souterrain. « Pourquoi, disaient-ils, les rois d’Assyrie trouveraient-ils à leur arrivée de l’eau en abondance ? »

Ce fut aussi lui, Ezéchias, qui fit obturer l’issue supérieure des eaux de la source de Guihôn et les canalisa plus bas vers l’ouest de la Cité de David. Ainsi, Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises.

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Le tunnel de Siloé, également connu sous le nom de tunnel d’Ézéchias, est un ancien aqueduc qui a été creusé pour amener l’eau de la source de Gihon dans la ville de Jérusalem. Crédit photo : Tamar Hayardeni / Wikimedia Commons / CC BY 3.0

2 Rois 20:20 résume plus en détail la vie d’Ézéchias :

Les autres faits et gestes d’Ezéchias, tous ses exploits, ses réalisations, en particulier la construction du réservoir et de l’acqueduc pour amener l’eau dans la ville , tout cela est cité dans le livre des Annales des rois de Juda.

Un ancien aqueduc, datant de l’époque du roi Ézéchias, a été découvert par Edwin Robinson en 1838. Plusieurs années plus tard, une inscription a été découverte dans le tunnel qui indiquait comment il avait été construit. Écrit en ancien paléo-hébreu et daté du 8ème siècle avant JC, l’inscription se lit :

Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudées (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. »5

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Une réplique de l’inscription du tunnel d’Ézéchias qui décrit le moment où le tunnel a été achevé. L’original se trouve au musée d’Istanbul. Crédit photo : Wikikati / Wikimedia Commons / Domaine public

Dans le quartier juif de Jérusalem, les archéologues ont découvert d’autres preuves de la préparation d’Ézéchias à la guerre. La Grande Muraille, comme on l’appelle aujourd’hui, est une fortification défensive de 7 m d’épaisseur qui mesure encore 3,3 m de haut à certains endroits. Il a été construit par Ézéchias pour enfermer la colline occidentale et il a quintuplé les murs défensifs de la ville6.

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Cette section de la Grande Muraille de Jérusalem a été construite sous le règne du roi Ézéchias. Crédit photo : Ian W. Scott / Flickr / CC BY-SA 2.0

L’attaque de Sennachérib

L’invasion de Juda par Sennachérib est enregistrée dans 2 Rois 18:13 :

La quatorzième année du règne d’Ezéchias, Sennachérib, roi d’Assyrie, vint attaquer toutes les villes fortifiées de Juda et s’en empara.

Cette attaque était la réponse à la rébellion d’Ézéchias contre le roi assyrien qui avait refusé de le servir comme vassal (2 Rois 18:7).

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La Bible n’est cependant pas le seul texte ancien qui décrit cette attaque ; plusieurs exemplaires des Annales de Sennachérib ont été exhumés. Le prisme de Taylor, le prisme de l’Institut oriental et le prisme de Jérusalem sont trois prismes d’argile qui contiennent le même texte décrivant les événements du règne de Sennachérib. Le prisme de Taylor a été découvert en 1830 par le colonel Robert Taylor lors de la fouille de l’ancienne capitale assyrienne de Ninive. Sur celui-ci, Sennachérib se vante :

« Quant à Ézéchias le Judaïte qui ne s’était pas soumis à mon joug, j’entourai 46 de ses fortes villes fortifiées, et d’innombrables petites places autour d’elles, et les conquis au moyen de rampes de terre et de machines de siège, attaque par fantassins, exploitation minière, brèche, et mise à l’échelle. J’ai ramené et compté comme butin 200 150 personnes de tous grades, hommes et femmes, chevaux, mulets, ânes, chameaux, bovins et moutons. Lui-même je l’ai enfermé à Jérusalem, sa ville royale, comme un oiseau en cage. J’ai mis des postes de guet autour de lui et j’ai rendu impossible à quiconque de sortir de sa ville7.

Sennachérib déclare également : « Maintenant, la crainte de ma splendeur majestueuse a submergé cet Ézéchias » et il confirme que le roi judaïte lui a effectivement payé un tribut (2 Rois 18 :14).

Il est intéressant de noter que Sennachérib ne se vante pas d’avoir détruit Jérusalem, mais simplement qu’il a enfermé Ézéchias dans sa ville royale « comme un oiseau en cage ». Cela est cohérent avec la description biblique du sauvetage de son peuple par Dieu et du retour de Sennachérib en Assyrie sans conquérir Jérusalem (2 Rois 19:35-36).

Même les anciens historiens n’ont pas su expliquer pourquoi les Assyriens, connus pour leur puissance et leur cruauté, n’ont pas réussi à prendre la capitale de Jérusalem.

Les Assyriens contrôlaient déjà une grande partie du Proche-Orient, mais après que certains rois locaux ont cessé de payer le tribut annuel, les forces de Sennachérib ont balayé vers l’ouest pour reprendre le contrôle et les mettre au pas. Toutes les villes sont tombées l’une après l’autre le long de la côte phénicienne. Des rois effrayés se sont précipités d’envoyer le tribut. Des villes résistantes comme Ashkelon ont été prises de force.

Les Assyriens ont récupéré un tribut d’Ezéchias après la chute de Lakish (2 Rois 18:14-16) mais ils ont quand même décider de partir pour Jérusalem, ce qui est difficile à expliquer est qu’ils ont ensuite laissé Ézéchias tranquille. Bien des chercheurs se demandent encore aujourd’hui ce qui a pu se passer pour en arriver à ce dénouement.

En effet les enregistrements historiques assyriens révèlent ce genre de chose concernant l’impitoyabilité des assyriens8 :

« J’ai construit un pilier contre la porte de sa ville, et j’ai écorché tous les chefs qui s’étaient révoltés, et j’ai couvert le pilier de leurs peaux ; j’ai muré certains dans le pilier, j’ai empalé d’autres sur le pilier sur des pieux, . . . et j’ai coupé les membres des officiers, des officiers royaux qui s’étaient rebellés. . . .

« J’ai brûlé au feu beaucoup de captifs parmi eux, et j’en ai pris beaucoup comme captifs vivants. À certains j’ai coupé leurs mains et leurs doigts, et à d’autres j’ai coupé leur nez, leurs oreilles et leurs doigts (?), ….J’ai crevé les yeux à beaucoup d’entre eux. J’ai fait une colonne de vivants, et une autre de têtes, et j’ai attaché leurs têtes à des poteaux (troncs d’arbres) autour de la ville. J’ai brûlé au feu leurs jeunes gens et leurs jeunes filles… Vingt des hommes que j’ai capturés vivants et je les ai emmurés dans le mur de son palais. . . Le reste d’entre eux [leurs guerriers] je les ai consummé de soif dans le désert de l’Euphrate. »

Clairement quelque chose de puissant a empêché Sennachérib de poursuivre son œuvre de destruction et de cruauté.

L’historien juif du premier siècle de notre, Flavius Josèphe, raconte ceci :

« Lorsque Senacheirimos retourna à Jérusalem après sa guerre contre l’Égypte, il y trouva la force de Rabschaké menacée d’une peste, car Dieu avait frappé son armée d’une maladie pestilentielle, et la première nuit du siège cent quatre-vingt-cinq mille hommes avaient péri avec leurs commandants et officiers » – Josèphe, Ja. 10.17.21

L’historien grec Hérodote, plus proche des évènements, rapporte ceci de son côté :

« Pendant la nuit une horde de mulots (souris de terre) ont rongé les carquois et leurs arcs et les poignées des boucliers, avec pour résultat que beaucoup ont été tués, fuyant sans armes le lendemain » – Hérodote 2.141

Le texte biblique nous rapporte l’erreur fatale de Sanchérib qui avait méprisé l’Éternel (2 Chron 32:19) en le mettant au même niveau que les fausses divinités des nations :

Ils parlèrent du Dieu de Jérusalem comme des dieux des peuples de la terre, ouvrages de mains d’homme.

Nous ne savons pas comment l’Éternel s’y est pris pour mettre l’armée assyrienne en déroute mais nous savons ce qui a motivé Dieu et les conséquences de son intervention chez les Assyriens (2 Rois 19:34-37) :

Je protégerai cette ville pour la sauver, A cause de moi, et à cause de David, mon serviteur.

Cette nuit-là, l’ange de l’Éternel sortit, et frappa dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Et quand on se leva le matin, voici, c’étaient tous des corps morts.

Alors Sanchérib, roi d’Assyrie, leva son camp, partit et s’en retourna; et il resta à Ninive.

Or, comme il était prosterné dans la maison de Nisroc, son dieu, Adrammélec et Scharetser, ses fils, le frappèrent avec l’épée, et s’enfuirent au pays d’Ararat. Et Ésar Haddon, son fils, régna à sa place.

Quel plaisir de voir que l’archéologie appuie le récit biblique et rend gloire à YHWH !

Résumé

Le récit biblique de la vie d’Ézéchias, de ses réformes religieuses et de sa position contre Sennachérib, roi d’Assyrie, correspond à ce que l’on sait de lui grâce aux archives archéologiques. Il a été l’un des plus grands rois que Juda ait connu. Dans les Écritures, sa vie est résumée ainsi (2 Rois 18:5) :

Ezéchias mit sa confiance en l’Eternel, le Dieu d’Israël. Parmi tous les rois de Juda qui lui succédèrent ou qui l’avaient précédé, aucun ne l’égala.

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  1. « Impression of King Hezekiah’s Royal Seal Discovered in Ophel Excavations South of Temple Mount in Jerusalem », Communiqué de presse de l’Université hébraïque de Jérusalem, 12 décembre 2015. https://new.huji.ac.il/en/article/28173 (consulté 2 octobre 2019).
  2. Voir réf précédente.
  3. David Rafael Moulis, “Hezekiah’s Religious Reform—In the Bible and Archaeology,” Biblical Archaeology Society,, https://www.biblicalarchaeology.org/daily/ancient-cultures/ancient-israel/hezekiah-religious-reform-in-the- bible-and-archaeology/ (consulté le 2 octobre 2019).
  4. Voir réf 4.
  5. Jona Lendering, « L’inscription du siloé », Livius.org. https://www.livius.org/sources/content/anet/321-the-siloam-inscription/ (consulté le 2 octobre 2019).
  6.  Todd Bolen, “Jewish Quarter,” BiblePlaces.comhttps://www.bibleplaces.com/jewishquarter/ (Accessed Oct. 2, 2019).
  7. Alan Millard, « L’attaque de Sennachérib contre Ézéchias ». Bulletin Tyndale 36 (1985) 61-77. https://www.researchgate.net/publication/265529610_SENNACHERIB’S_ATTACK_ON_HEZEKIAH (consulté le 18 février 2019).
  8. Lire l’article anglophone sur Sanchérib et sa conquête pour retrouver la citation assyrienne que j’ai retraduite par mes soins.

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