Qu’est ce que l’Harmaguédon dans la Bible ?


Si le terme Babylone prête à confusion dans le livre de l’Apocalypse, le terme « Harmaguédon » a poussé encore plus de théologiens à s’embourber dans des interprétations fantaisistes (voir article précédent sur la Babylone de l’Apocalypse).

Il est une chose très dommageable d’interpréter tout le contenu du Nouveau Testament de manière littérale.

A de nombreuses reprises Jésus parle en parabole et dans l’Apocalypse, plus que jamais, le langage est symbolique, il est tout droit tiré de l’Ancien Testament.

L’objectif est l’emploi d’une imagerie et d’évènements populaires de l’Ancien Testament pour faire passer un message aux chrétiens.

Dans le cas du terme « Harmaguédon », avant de considérer qu’il s’agit d’une gigantesque bataille militaire de la fin des temps et que la totalité de la population mondiale va se retrouver dans cette vallée de 6 hectares, nous devrions non seulement analyser le texte ou ce mot est mentionné (car il n’est mentionné qu’une fois), mais aussi appliquer une méthode d’interprétation qui soit en harmonie avec le style de l’Apocalypse, c’est-à-dire se plonger dans l’Ancien Testament pour savoir à quoi Jean fait allusion.

Le lieu historique

D’une, replaçons déjà les choses. Harmaguédon signifie Mont de Megiddo. Il s’agit d’une vallée située au nord d’Israel.

La vallée de Megiddo est entourée de trois montagnes, à l’est du Mont Tabor, ou a eu lieu la transfiguration du ChristOpens in a new tab., à l’ouest du Mont Carmel ou le prophète élie a affronté les prêtres de baalOpens in a new tab., et au sud du Mont Gilboa ou le roi Saul et son fils ont été tuéOpens in a new tab..

Ces premiers éléments démontrent déjà l’importance historique liée à ce lieu.

La valléeOpens in a new tab. est positionnée dans un endroit stratégique ou plusieurs routes commerciales traversaient, notamment la Route de la Mer qui reliait l’Egypte à l’Assyrie. Au nord se trouve la Turquie et l’Europe, à l’Est la Mésopotamie et au sud l’Egypte.

Megiddo dans la Bible

La Bible relate la Bataille de Megiddo dans le deuxième livre des chroniques au chapitre 35 ou le Roi de Juda de l’époque, Josias est tué par les égyptiens.

2 Chroniques 35 : 20-23

Après tous ces événements, après que Josias eut remis le Temple en état, Néko, roi d’Egypte, partit en guerre à Karkemish sur l’Euphrate. Josias se mit en campagne pour lui barrer la route. Mais Néko lui envoya des messagers pour lui dire :

Roi de Juda, qu’avons-nous à faire ensemble ? Ce n’est pas contre toi que je me suis mis en campagne aujourd’hui. C’est contre une autre dynastie que je suis en guerre. Dieu m’a ordonné de me dépêcher. Garde-toi de t’opposer à Dieu qui est avec moi, sinon il te détruira.

Mais Josias ne voulut pas se retirer, et il se déguisa pour aller l’affronter sans tenir compte de l’avertissement de Néko, qui était pourtant inspiré par Dieu.

Il vint livrer bataille dans la vallée de Meguiddo. Au cours du combat, les archers l’atteignirent. Le roi dit à ses serviteurs : Emmenez-moi, car je suis grièvement blessé.

Ce texte nous permet de tirer quelques enseignements, qui sont directement en lien avec le message dans l’Apocalypse. Le roi Josias, en son temps, partit affronté le pharaon Néko, alors que celui-ci, inspiré par Dieu, accomplissait le dessein de l’Eternel.

Le résultat pour s’être mis en travers de ce dessein, fut la mort. Cette bataille explique que chez les juifs, le terme Megiddo renvoie à cette idée de catastrophe. Jean le sait parfaitement, d’ailleurs lorsqu’il écrit le mot harmaguédon, il le fait en hébreu, alors même que le texte de l’Apocalypse est rédigé en grec.

C’est justement parcequ’il veut nous ramener à l’Ancien Testament et au récit historique duquel nous pouvons tirer un message.

Harmaguédon dans l’Apocalypse

Maintenant lisons le texte dans l’Apocalypse qui parle d’Harmaguédon.

Apocalypse 16 : 12-18

Alors le sixième ange versa sa coupe dans le grand fleuve, l’Euphrate. Ses eaux tarirent, pour que soit préparée la voie aux rois venant de l’orient.

Je vis alors sortir de la gueule du dragon, de celle de la bête et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs ressemblant à des grenouilles.

Ce sont des esprits démoniaques qui accomplissent des signes prodigieux ; ils s’en vont trouver les rois du monde entier pour les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant.

Voici : je viens comme un voleur ! Heureux celui qui se tient éveillé et qui garde ses vêtements, afin de ne pas aller nu, en laissant apparaître sa honte aux yeux de tous ! Les esprits démoniaques rassemblèrent les rois dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon.

Le septième ange enfin versa sa coupe dans les airs. Une voix forte, venant du trône, sortit du Temple.

C’en est fait, dit-elle. Alors, il y eut des éclairs, des voix et des coups de tonnerre, et un violent tremblement de terre ; on n’en avait jamais vu d’aussi terrible depuis que l’homme est sur la terre.

La grande ville se disloqua en trois parties et les villes de tous les pays s’écroulèrent. Alors Dieu se souvint de la grande Babylone pour lui donner à boire la coupe pleine du vin de son ardente colère.

La symbolique du chapitre 16 d’Apocalypse

Le texte ci-dessus parle de l’Euphrate asséché, de rois venant de l’Orient, de dragon, de bête, d’esprits impurs ressemblant à des grenouilles, de mettre des vêtements afin de ne pas être nu, et enfin de Babylone. Nous voyons bien que nous sommes dans un langage imagé.

Il apparaît logique que les éléments « dragon », « la bête », ou « Babylone » soient à prendre au sens figuré. Ils définissent certes des éléments très importants, mais il ne s’agit pas d’éléments littéraux.

Nous avions vu dans l’article « Que représente Babylone dans l’Apocalypse ? » que Babylone signifiait la confusion religieuse, l’éloignement à Dieu et les péchés en tout genre.

L’assèchement de l’Euphrate fait quant à lui directement référence à la prise de Babylone par Cyrus, lequel avait effectivement et physiquement asséché l’Euphrate.

Les babyloniens de l’époque, avec à leur tête le roi Belchatzar, s’adonnaient à une fête blasphématoire à l’encontre du Dieu des juifs lorsque Cyrus et ses armées passèrent sous les fortifications de la ville, au nez et à la barbe des gardes babyloniens.

La ville la plus fortifiée et la plus puissante du monde d’alors fut prise en une nuit, sans siège. Quant aux rois de l’Orient également mentionnés dans ce chapitre 16, ils font référence aux mèdes et aux perses de l’époque, qui effectivement étaient venus de l’est pour conquérir Babylone.

L’épisode du Mont Carmel

Au milieu de tous ces symboles du chapitre 16, le terme Harmaguédon, tout aussi symbolique que le terme babylone, nous apporte un enseignement crucial, dans la lignée de l’enseignement liée à Babylone (la grande prostituée, la ville qui exerce son pouvoir sur tous les souverains du monde) et qui nous exhorte à « sortir du milieu d’elle afin de ne pas participer à ses péchés et de ne pas être frappés avec elle des fléaux qui vont l’atteindre ».

En effet un autre évènement majeur autre que la bataille de Megiddo, se produisit en bordure de la vallée de Megiddo.

1 Rois 18 : 16-21

Alors Achab vint à la rencontre d’Elie. Lorsqu’il l’aperçut, il lui cria : Te voilà, toi qui sèmes le malheur en Israël !

Elie lui répondit : Ce n’est pas moi qui sème le malheur en Israël, mais c’est toi et la famille de ton père, puisque vous avez refusé d’obéir aux commandements de l’Eternel, et que tu t’es rallié au culte des dieux Baals.

Maintenant, convoque tout Israël en ma présence sur le mont Carmel. Tu y rassembleras aussi les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes de la déesse Ashéra qui sont tous entretenus par la reine Jézabel.

Achab envoya des messagers à tous les Israélites et il rassembla les prophètes sur le mont Carmel.Alors Elie s’avança devant tout le peuple et s’écria :

Combien de temps encore sauterez-vous des deux côtés ? Si l’Eternel est le vrai Dieu, suivez-le. Si c’est Baal, alors ralliez-vous à lui ! Mais le peuple ne lui répondit pas un mot.

Quand Jean fait référence à Harmaguédon, soit au Mont Megiddo, il fait référence à cet épisode décisif de l’histoire des israélites. De la même manière que ces derniers furent appelés à faire un choix entre L’Eternel et le faux dieu Baal, nous aussi sommes appelés à faire un choix entre l’Eternel et les faux dieux de notre époque.

Le véritable enjeu d’Harmaguédon

Les enjeux de l’Apocalypse sont spirituels. Ne faisons pas la même erreur que les juifs pharisiens du temps de Jésus qui ne percevait que l’aspect physique des choses, comme le démontre le passage suivant.

Jean 2 : 19-22

Démolissez ce temple, leur répondit Jésus, et en trois jours, je le relèverai.– Comment ? répondirent-ils. Il a fallu quarante-six ans pour reconstruire le Temple, et toi, tu serais capable de le relever en trois jours !

Mais en parlant du « temple », Jésus faisait allusion à son propre corps. Plus tard, lorsque Jésus fut ressuscité, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Ecriture et à la parole que Jésus avait dite.

Jésus se trouve bien au-delà de ces futilités terrestres que sont les objectifs physiques. Certes, une nouvelle terre et un nouveau ciel nous sont promis, mais ce ne sera pas à l’aide d’armements et de batailles militaires épiques que nous les obtiendrons.

Ce qui importe c’est d’être préparé à combattre le bon combat dans cette bataille spirituelle. Les aspects physiques ne sont au final que des détails.

Le terme Harmaguédon nous ramène au Mont Carmel et au choix que les israélites durent faire.

De la même manière nous sommes amenés à faire un choix, avec d’un coté, Jésus, l’Eternel des armées, et de l’autre coté, tous les faux dieux qui égarent les gens et les précipitent dans la fosse aux péchés. Qui suivrez vous ?

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Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces centaines d'heures de recherche afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques et le débat création/évolution.

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