Existait-il un alphabet hébreu à l’époque de Moïse ?


Moïse a t-il eu la capacité d’écrire le livre de l’Exode comme un témoignage oculaire ?

Je vous propose ici un résumé du film de Timothy Mahoney « The Moses Controversy » qui explore talentueusement le sujet de la rédaction du pentateuque.

La nécessité de l’alphabet pour la rédaction du Pentateuque

Plusieurs chercheurs disent qu’il n’y avait pas de formes d’écritures alphabétiques tels que la langue hébraïque à l’époque de Moïse.

En effet l’écriture alphabétique devait être en place en 1450 avant JC pour que Moïse puisse écrire la Torah (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome).

Cette écriture devait être disponible en Egypte à cette période et elle devait être simple pour deux raisons :

  1. Permettre une rédaction aisée et donc la rendre possible
  2. Pour que le grand public puisse l’apprendre facilement

En ce sens les écritures cunéiformes et hiéroglyphiques, disposant d’environ 1000 signes, ne répondaient à cette exigence de simplicité car seuls les scribes, les prêtres et les rois pouvaient les maîtriser. Ceci est en contraste avec notre écriture composée de 26 lettres.

L’écriture alphabétique économise beaucoup d’espace par rapport aux écritures hiéroglyphiques et cunéiformes, il n’était pas jouable pour Moïse d’écrire avec ces plus anciennes formes d’écritures.

Aucun autre livre que la Bible n’a été traduit aussi massivement, et elle a pu l’être grâce à la praticité de l’alphabet.

L’importance de la révélation au Mont Sinaï

Os Guiness rapporte :


« Et au cœur du Sinaï, ce n’est pas seulement la grande constitution – l’alliance – et la grande libération d’Égypte qui sont en question, le cœur de cet évènement est la grande révélation.

Et que ce soit le Seigneur se révélant à Moïse dans le buisson ardent ou à la nation entière au chapitre 19, beaucoup de gens ne réalisent pas à quel point c’est extraordinaire.

Prenons l’athéisme, ce sont les humains qui ont découvert cette doctrine, prenons le bouddhisme, ce sont les humains qui ont découvert cette doctrine, et la grande différence dans les Écritures (Bibliques) c’est qu’il ne s’agit pas de l’ascension des humains à travers leur pensée vers Dieu, si tant est qu’il y a un Dieu, c’est la descente, la révélation de Dieu aux hommes, et c’est ce qui est unique au Sinaï et dans les écritures juives et chrétiennes. »

Les découvertes des archéologues sur le premier alphabet

En 1905, le grand pionnier de l’archéologie, Sir William Matthew Flinders Petrie et son épouse Hilda sont allés dans la péninsule du Sinaï, à la recherche de preuves d’activités égyptiennes antiques.

Petrie avait déjà trouvé la célèbre stèle de Merneptah près de Thèbes. À l’époque, elle contenait la plus ancienne référence connue du peuple d’Israël (1210 avant JC).

À seulement 80 km au nord-ouest du mont Sinaï traditionnel, l’Égypte ancienne exploitait d’importantes mines de cuivre et de turquoise. L’un de ces sites est aujourd’hui connu sous le nom de Serabit el-Khadim.

Les Petrie ont commencé à découvrir de nombreuses inscriptions hiéroglyphiques, puis un jour sur le mur d’une des mines, ils découvrirent une écriture différente des autres.


Le travail de Petrie dans le Sinaï est extrêmement important. Il a découvert un groupe d’objets inscrits avec une écriture inconnue ailleurs en Égypte, c’est l’écriture protosinaïtique.

Le matériel textuel que Petrie et d’autres avaient découvert en Égypte était abondant mais écrit dans des scripts que nous connaissions très bien. Ces nouvelles inscriptions découvertes n’étaient pas égyptiennes mais représentaient un nouveau script, une nouvelle langue, très éloignée de ce qui était auparavant connu des égyptologues dans la vallée du Nil.

En 1999, d’autres inscriptions ont été trouvées par les égyptologues John et Deborah Darnell, cette fois-ci en Égypte, au nord-ouest de l’ancienne ville de Thèbes, à un endroit appelé Wadi el-Hol. Ces inscriptions avaient le même style que les autres trouvées dans le Sinaï.

Ce qui est intéressant avec ces inscriptions c’est que certaines sont datées de l’époque de Joseph et d’autres de celle de Moïse. Nous avons donc une écriture alphabétique à la bonne époque et au bon endroit pour que Moïse l’ait utilisée. Voici ce que rapporte le célèbre Alan Gardiner :


L’argument du caractère alphabétique de l’écriture inconnue est écrasant … La signification de ces noms, traduits par des mots sémitiques, est claire ou plausible dans dix-sept cas1.

Il existe plusieurs langues dans la famille sémitique du nord-ouest (ougaritique, phénicien, araméen, cananéen ….), dont l’une est l’hébreu parlé par les Israélites. Toutes sont très similaires.

Comme elles sont si similaires, certains chercheurs suggèrent que Moïse n’a pas réellement eu besoin d’un alphabet hébreu. Il aurait pu utiliser l’un des autres scripts sémitiques pour écrire la Torah. L’écriture aurait pu transiter plus tard vers l’hébreu aux alentours de 900 avant JC, lorsque l’écriture hébraïque s’est développée.

Cette première écriture alphabétique a reçu plusieurs noms par les savants. Le premier est « protosinaïtique (premier-du Sinaï) ». Une autre appellation est protocananéen car le script se présente plus tard au pays de Canaan.

Ces inscriptions ont été indiscutablement réalisées par des sémites selon Christopher Rollston, professeur de langues sémitiques du Nord-Ouest à l’Université George Washington.

«Nous savons cela de par les mots qu’ils ont écrits, nombre d’entre eux peuvent être déchiffrés et ont été déchiffrés. Ce sont des mots sémitiques. »

Les phéniciens ont-ils vraiment crée l’alphabet ?

Un défi contre l’idée que Moïse ait écrit la Torah se trouve dans l’opinion commune indiquant que les Phéniciens qui vivaient à côté d’Israël auraient inventé l’alphabet vers 1100 avant JC, longtemps après l’époque de Moïse et de l’Exode. Toutefois les inscriptions trouvées par les Petries contestent clairement cette affirmation.

Pendant de nombreuses années, une affirmation populaire dans les manuels scolaires a été que les Phéniciens sont les inventeurs de l’alphabet. Christopher Rollston déclare cependant que les Phéniciens n’ont pas inventé l’alphabet.

«Les Phéniciens n’ont pas inventé l’alphabet. Les Phéniciens ont normalisé le premier système d’écriture alphabétique, mais l’alphabet lui-même fut une innovation et ce sont certainement les sémites qui l’ont inventé. »

L’alphabet le plus ancien est l’écriture protosinaïtique trouvée par les Petries et cet alphabet apparaît des siècles plus tôt que le phénicien. Cet alphabet du Sinaï est sémitique, ce qui signifie qu’il était dans la même famille que l’hébreu. C’était donc une forme d’écriture semblable à l’hébreu et cette écriture existait au moment de l’Exode et dans la région d’Égypte.

Christopher Rollston :

«Ce que les preuves suggèrent, c’est que nous avons de merveilleuses inscriptions sémitiques du nord-ouest, des preuves que les sémites ont inventé l’alphabet, des preuves du premier alphabet, une technologie ancrée qui transformera à partir de ce moment tant de choses. Nous l’utilisons aujourd’hui. ».

Cet alphabet primitif serait-il la première forme de l’hébreu ?

Et si ces inscriptions n’étaient pas simplement « comme » l’hébreu mais tout simplement de l’hébreu ? Si cela était le cas, ce serait un véritable strike au sujet de la capacité de Moïse à écrire la Torah en hébreu.

Si ce script représentait la première forme d’hébreu, cela indiquerait que la source du script serait le peuple israélite. Cette idée est aujourd’hui très controversée dans le monde universitaire.

Voici ce que le dit le Professeur d’Ancien Testament, Peter J. Gentry :

«Je suis allé dans une école où ils enseignaient (l’hypothèse documentaire) tous les jours pendant 17 ans. J’ai lu un livre d’un juif italien, Umberto Cassuto, il a écrit un très bon livre critiquant l’hypothèse documentaire, et un jour lorsque j’étais à l’université de Toronto et que mon professeur enseignait l’hypothèse documentaire, je lui ai demandé très poliment :

Avez-vous déjà lu le livre d’Umberto Cassuto ?

La réponse qui m’a été donnée a été :

Vous savez qu’on ne lit pas des livres comme ça par ici.

C’est alors que j’ai compris et réalisé que pour eux c’est une position de foi. Ce n’est pas comme si c’était une science parfaite. En ce qui me concerne, ils étaient les fondamentalistes, leur esprit était fermé et ils n’étaient pas intéressés par les preuves qui remettaient leur consensus en question. »

Les lettres du script protosinaïtique correspondent-elles à l’aspect visuel de l’hébreu ? Les inscriptions sont-elles lisibles en hébreu ? Et l’histoire de l’alphabet primitif correspond-elle à l’histoire des Israélites ? Parce que si c’est le cas, cela indiquerait que ce sont eux qui en sont les responsables.

Douglas Petrovich a récemment publié un livre: L’hébreu, le plus ancien alphabet du monde. Il pense qu’un lien clé entre les inscriptions du Sinaï et les premiers Israélites est le fait que celui qui a inventé l’alphabet a emprunté des symboles aux hiéroglyphes égyptiens pour créer les lettres.

Les lettres ont été formées à partir de 22 signes hiéroglyphiques.

Quand on étudie le début de l’arbre généalogique de l’alphabet, il commence par l’écriture protosinaïtique qui, lorsqu’elle est trouvée à Canaan, est appelée protocananéen. Ensuite, dans la vue standard, on pense que l’alphabet s’est développé en phénicien des centaines d’années plus tard.

Dans cette optique, le phénicien se ramifie dans d’autres écritures telles que l’ancien hébreu, l’araméen et le grec, continuant ainsi en de nombreux alphabets au cours des siècles.

Il est difficile de relier l’hébreu ancien au plus ancien alphabet du monde car on pense qu’il est apparu mille ans plus tard et qu’il s’est développé à partir du phénicien. Et le consensus des chercheurs soutient que le tout premier texte hébreu commence par l’hébreu ancien par définition.

Mais un script peut être radicalement différent et toujours faire partie de la même famille. Un exemple peut être vu en regardant le premier verset de la Genèse tel que vu dans la Bible Wycliffe. Elle a été écrite dans un anglais du 14ème siècle il y a environ 600 ans.

C’est à Gezer que l’archéologue irlandais Steward Macalister a découvert ce que beaucoup considèrent comme l’une des plus anciennes inscriptions hébraïques trouvées à ce jour. Il s’agit d’un calendrier inscrit sur une tablette de calcaire qui comprenait des informations mensuelles sur les cultures.

Quand on compare ce calendrier aux inscriptions trouvées par Petrie dans les mines du Sinaï qui datent de plusieurs siècles plus tôt. Pour de nombreuses lettres, on peut distinguer une nette ressemblance.

Certaines lettres sont différentes, mais selon Petrovitch, elles ne sont pas aussi différentes que le pensent certains chercheurs.

On peut voir sur le tableau de Petrovich comment les lettres changent au fil du temps et se simplifient.

Il semble que le phénicien soit le seul élément qui empêche d’établir le lien entre ce premier alphabet et l’hébreu, mais quelle est est la différence entre l’hébreu ancien et le phénicien ?

Les caractères des lettres phéniciennes ressemblent beaucoup à l’hébreu ancien trouvé par Steward Macalister, au point que la plupart des lettres sont fondamentalement identiques. Cela pourrait presque se résumer à des styles d’écriture individuels.

Voici ce que Joseph Naveh, Professeur d’épigraphie et de paléographie sémitique occidentale, rapportait :

Dans les inscriptions du 10ème siècle avant JC, les écritures phénicienne, hébraïque et araméenne sont indiscernables2.

Si l’hébreu ancien, l’araméen et le phénicien étaient indiscernables au 10ème siècle, est-il vraiment approprié de qualifier l’écriture de « phénicienne » à cette époque ? Selon Naveh, ce n’est que plus tard que le script s’est ramifié dans des versions distinctes.

Dans ce cas, la généalogie réelle de l’alphabet primitif ressemble davantage à ceci, le script mystère étant le prédécesseur des trois autres.

Aujourd’hui, certains appellent ce script mystère «phénicien primitif». D’autres l’appellent une forme tardive du protocananéen. Mais pourrait-il en fait être une forme précoce de l’hébreu ?

Pour être clair, Joseph Naveh, a maintenu le même point de vue standard que Rollston et Goldwasser, que nous ne pouvons pas appeler la première phase de ce script « hébreu » parce que l’hébreu n’est devenu un script distinct qu’après le 10ème siècle avant JC.

La question demeure cependant : qu’était réellement ce script mystérieux ? Le professeur Naveh a étudié en profondeur six lettres de ce script à mesure qu’elles évoluaient à travers le phénicien, l’ancien hébreu et l’araméen et étonnamment, il déclare ceci :


«L’écriture hébraïque a conservé les formes de base des lettres dans une plus grande mesure que les deux autres3

C’est curieux, pourquoi le vieil hébreu serait-il celui qui maintiendrait le mieux les caractéristiques du script mystère que les deux autres ? Naveh croyait que c’était parce que les Israélites étaient isolés dans une terre montagneuse, imprégnée de traditions, et qu’en conséquent ils n’ont pas changé les éléments.

Mais si l’hébreu ancien est le plus similaire du script mystère, c’est peut-être parce que les deux étaient des formes de l’hébreu.

Il a ensuite été repris par les voisins d’Israël : les phéniciens, avant de se répandre dans toute la région. Il deviendra plus tard « l’hébreu 3.0 ».

Patterns of Evidence – Timothy Mahoney

Patterns of Evidence – Timothy Mahoney

Fait intéressant, l’idée qu’une forme d’écriture hébraïque est venue en premier est soutenue par l’un des premiers historiens juifs, Eupolemus qui vers 150 avant JC a écrit dans son livre intitulé « Sur les rois de Judée ».

«Moïse a été le premier sage, et le premier à avoir transmis la grammaire aux Juifs, les Phéniciens l’ont reçue des Juifs et les Grecs des Phéniciens.

Pour David Rohl et Douglas Petrovich, Moïse fut le sage qui a eu la capacité d’écrire le livre de l’Exode comme un témoignage oculaire.

Lors de l’étude de la première étape : l’écriture protosinaïtique correspond-elle à l’apparence de l’hébreu ? Nous avons découvert qu’il existe de nombreuses lettres en protosinaïtique qui ressemblent étroitement à celles du script mystère et des anciens hébreux.

Le développement des lettres différentes peut être tracé de manière logique, montrant que ces scripts sont liés. Au fil du temps, alors que le script se transformait dans styles phénicien, araméen et hébreu, c’est l’hébreu ancien qui maintint le style du script original mieux que les autres. Cela soutient l’idée que le protosinaïtique original était l’hébreu 1.0 qui a ensuite évolué vers l’hébreu 2.0 et 3.0.

La 2ème étape: les inscriptions sont-elles lisibles en hébreu ?

Rollston dit que les mots trouvés dans les inscriptions ne sont pas spécifiques à l’hébreu mais sont communs à toutes les langues sémitiques. Mais si toutes les langues sémitiques sont similaires, cela ne signifie-t-il pas aussi que nous ne pouvons pas nier l’hypothèse qu’il puisse s’agir de l’hébreu ?

Apparemment un groupe sémitique a inventé le premier alphabet et pourquoi ne s’agirait-il pas des Israélites ? Depuis plus de 100 ans, certains chercheurs ont soupçonné la connexion hébraïque mais leurs idées n’ont jamais pris racine.

Ce qui rend l’interprétation de ces inscriptions difficile, c’est qu’il n’y a que des consonnes, pas de voyelles, beaucoup d’entre elles n’ont pas d’espaces entre les mots, elles peuvent être écrites de gauche à droite ou de droite à gauche. Les véritables identifications de plusieurs des lettres sont contestées et certaines sont endommagées ; les rendant difficiles à lire. C’est pourquoi de nombreux chercheurs affirment que nous ne pouvons pas lire les inscriptions en hébreu.

Douglas Petrovich dit:

«Certains de mes critiques, comme Christopher Rollston, disent que cela pourrait être n’importe quelle langue sémitique, il n’y a aucun moyen de l’identifier comme étant clairement de l’hébreu. Il y a pourtant plusieurs mots hébreux distincts, qui ne se trouvent dans aucune autre langue sémitique et qui sont contenus dans les 15 inscriptions que j’ai traduites. »

La clé de l’approche de Petrovich fut de tester différentes identifications de lettres pour les lettres protosinaïtiques qui sont contestées.

«J’ai pu essayer les différentes options de ce que tous les chercheurs proposent depuis environ 100 ans, et grâce à ce processus, j’ai pu déterminer lesquelles étaient correctes car dans certains contextes, si vous preniez les choses dans un certain sens, cela ne fonctionnait pas, si vous preniez les choses d’une autre manière, cela fonctionnait merveilleusement. »

Voici un article ci-dessous qui reprend notamment certaines des inscriptions les plus importantes traduites par Douglas Petrovich :

Des gens comme le professeur Rollston disent que cela ne peut pas être de l’hébreu parce que l’écriture hébraïque n’a existé que beaucoup plus tard dans le temps.

David Rohl déclare :


«Il (Rollston) appelle cette langue « sémitique du nord », mais j’affirme que c’est une question historique, pas une question de langue. Vous ne pouvez les interpréter en hébreu que si vous avez un déroulement historique pour le soutenir. »

Comme nous avons un script qui ressemble à l’hébreu, mais qui présente des incertitudes quant aux interprétations, les étapes finales de l’enquête deviennent la clé pour déterminer quel groupe sémitique l’a inventé.

L’histoire de l’alphabet primitif correspond-elle à l’histoire des Israélites?

Patterns of Evidence – Timothy Mahoney

Les racines hiéroglyphiques du premier alphabet, ainsi que les endroits des inscriptions, indiquent que l’Égypte est la source.

La plupart des chercheurs pensent que ce premier alphabet s’est développé à partir de la classe d’élite des scribes qui auraient été familiarisés avec l’utilisation des hiéroglyphes égyptiens, mais le professeur Goldwasser a une idée différente, sa théorie est que des gens ordinaires ont inventé cet alphabet. L’inventeur ou les inventeurs n’étaient que des personnes illettrées et cela leur aurait donner la liberté d’inventer parce que leur esprit était libre.

Tout le monde est d’accord pour dire, que l’inventeur, qu’il ait appartenu à l’élite ou à la classe ordinaire, devait être un génie mais qui aurait eu le motif d’écrire sa langue sémitique dans cette écriture unique ?

Le livre de la Genèse nous dit que le premier descendant d’Abraham à arriver en Égypte fut son arrière-petit-fils, Joseph, le fils de Jacob. Les frères de Joseph l’avaient vendu comme esclave à une caravane de commerçants qui l’avaient fait descendre en Égypte. Avec l’aide de Dieu, Joseph put sauver l’Égypte en prévenant d’une calamité à venir. Il était administrateur de toute l’Égypte, un poste qui lui aurait demandé de lire et d’écrire des hiéroglyphes.

Dans un autre article, nous avions constaté que l’archéologie était très concluante pour Joseph et les détails de son récit au 19ème siècle avant JC (âge du Moyen-Empire d’Égypte).

Il y a une période clé où nous observons cette famine massive qui dura environ sept à dix ans. Et c’est à l’époque de la 12e dynastie, sous le règne d’Amenemhat III, il est le pharaon de cette grande famine. Le règne d’Amenemhat III correspond à l’époque de Joseph et il est étonnant de voir à quel point le lien spécifique entre Amenemhat, Joseph et les dates des deux plus anciennes inscriptions alphabétiques du Sinaï correspond parfaitement.

Voici l’image des plus anciennes inscriptions entièrement hébraïques.

Voici une autre image montrant l’inscription Sinai 377 sous la forme d’une stèle. Elle est comme une pierre tombale et est arrondie en haut, elle est intimement liée à une autre inscription, celle du Sinai 46 à sa gauche. Nous avons Sinai 377 et Sinai 46 sur la même paroi rocheuse. L’inscription Sinai 377 est en hébreu (selon Petrovich) et Sinai 46 est une inscription égyptienne du Moyen-Empire avec une date inscrite en haut. Elle se lit «20ème année d’Amenemhat III». C’est donc 1840 av.J.-C., dans la 12e dynastie, ceci permet de relier ces deux inscriptions dans le temps, à l’époque de Joseph et de sa famille.

Cela indique que les cinq inscriptions alphabétiques les plus anciennes qui peuvent être datées émergent toutes de l’Égypte du Moyen-Empire et à la date d’Amenemhat III et cela dans une fenêtre étroite de 11 ans, exactement dans le modèle de Joseph en Égypte.

Joseph doit être celui qui a inspiré cette écriture. Il était vizir d’Égypte, instruit, travaillait au palais et dirigeait le pays. Quel meilleur candidat pour inventer l’alphabet hébreu que celui qui connaissait les hiéroglyphes, le peuple sémitique et administrait le pays ? C’est le candidat le plus convaincant pour proposer un tel concept.


Quiconque a inventé l’alphabet devait être un sémite familier avec les hiéroglyphes, motivé pour créer un nouveau script, tout en vivant en Égypte à l’époque du pharaon Amenemhat III. Le champ des possibilités est étroit.

Si Joseph fut la personne qui inventa cette méthode d’écriture de la langue sémitique, en tant que script, Moïse l’aurait appris très facilement, et cela aurait été la forme d’écriture qu’il aurait utilisée pour écrire le récit de l’Exode.

Avec les antécédents de Moïse, étant aussi bien Prince d’Égypte qu’Israélite, il aurait probablement connu ce script protosinaïtique que les Petries ont découvert plus tard.

Mais il y a une autre information que Rohl et Petrovich perçoivent. Il s’agit de relier l’histoire de l’écriture protosinaïtique et l’histoire des Israélites.

Ils notent que ces types d’inscriptions se terminent en Égypte à l’époque de l’Exode et n’y sont plus jamais revus. Cependant, des inscriptions dans le style protosinaïtique apparaissent par la suite à Canaan, non sans éveiller notre attention.

C’est pourquoi l’un des noms du script est protocananéen. Tout cela correspond au récit biblique des Israélites qui ont grandi en tant que nation en Égypte et qui ont ensuite déménagé à Canaan, conquérant la terre promise.

Soutenir l’idée que le script mystère est en fait l’hébreu et non le phénicien est pertinent car lorsque les inscriptions apparaissent pour la première fois dans la région de Canaan, elles se trouvent en Israël pendant plusieurs centaines d’années avant d’apparaître en Phénicie.

La Bible rapporte que la plus grande interaction entre Israël et la Phénicie, qui est la région du Liban, a eu lieu pendant le règne du roi Salomon au 10ème siècle avant JC. Salomon avait reçu la responsabilité de construire le premier temple d’Israël à Jérusalem.

Pour l’aider dans cette tâche, Salomon a écrit au roi Hiram, obtenant des cèdres du Liban et des artisans.

Curieusement, la plus ancienne inscription alphabétique connue du pays de la Phénicie se trouve sur le couvercle d’un sarcophage d’un roi nommé Ahiram.

Beaucoup datent cet artefact au 10ème siècle avant JC. On peut noter que le roi Hiram de la Bible à l’époque de Salomon a pratiquement le même nom que le Ahiram sur le sarcophage. Se pourrait-il que le système d’écriture des Israélites ait été partagé avec les phéniciens à cette époque même, où les scripts étaient indiscernables ? Tout comme l’historien Eupolemus l’a déclaré.

Le constat positif de l’hypothèse Israélite concernant la paternité du premier alphabet

Quand on analyse la dernière étape pour savoir si ces inscriptions pourraient être de l’hébreu, nous constatons que l’histoire de ce script correspond à l’histoire des Israélites, mais seulement si nous utilisons la date antérieure de l’Exode (comme clairement requis par la Bible et l’Archéologie).

L’inventeur du scénario était un génie sémitique, qui connaissait les hiéroglyphes égyptiens, ce qui correspond au récit biblique de la montée au pouvoir de Joseph en Égypte. Ce script apparaît pour la première fois dans une fenêtre de temps très étroite, pendant le règne d’Amenemhat III, exactement là où la Bible place Joseph et sa famille.

Le script migre ensuite vers Canaan, correspondant au voyage des Israélites vers la terre promise. Les premières inscriptions se trouvent en Israël, pas en Phénicie, et curieusement, les premières inscriptions à apparaître en Phénicie se trouvent sur le sarcophage d’un roi appelé Ahiram à l’époque de Salomon.

Si l’on considère un instant que la Bible fournit réellement un récit historique véridique, y a-t-il y de meilleurs candidats pour les auteurs de ce script que les premiers Israélites ? Ils auraient eu le motif et la capacité de le développer à temps pour écrire les premiers livres de la Bible.

La raison principale pour laquelle de nombreux chercheurs ne font pas le lien est parce qu’ils pensent que l’Exode a eu lieu au 13ème siècle avant JC, mais c’est incorrect. Les preuves bibliques et archéologiques pointent vers le 15ème siècle avant JC.

Moïse et l’Exode – L’Archéologie confirme t’elle le récit biblique ?

L’Archéologie et le Patriarche Biblique Joseph – A t’il existé ? Est il historique ?

L’influence des paradigmes en science

Le regretté Thomas Kuhn était un physicien, historien et philosophe des sciences. Il a traité des paradigmes dans le monde de la science. Un paradigme est un modèle de pensée ou une école de pensée auquel chacun dans un domaine d’étude particulier se réfère, et le monde de l’archéologie dispose de ses paradigmes.

Un paradigme est basé sur un ensemble de présupposés, des choses qui sont supposées être vraies, et nous en avons tous. Dans le cas de la recherche traditionnelle, le paradigme pour les premiers livres de la Bible n’étant pas purement historiques semble être largement basé sur le présupposé clé qu’un Exode s’est produit à l’époque de Ramsès.

Cela place les Israélites dans une époque trop tardive pour qu’ils soient liés à l’invention de l’écriture protosinaïtique, ce qui aboutit à la conclusion que la Bible est une tradition orale indigne de confiance.

Les paradigmes peuvent nous empêcher de voir la possibilité de quelque chose de nouveau ou de différent. Mais que se passe-t-il si les présupposés sur lesquels reposent ces paradigmes sont erronés ?

En fait, Thomas Kuhn a déclaré que la science ne progresse pas avec une accumulation graduelle de connaissances, mais qu’elle subit plutôt des révolutions périodiques ou des changements de paradigme lorsqu’une nouvelle idée transforme brusquement les vues de ce domaine particulier.

S’il était établi que l’alphabet le plus ancien du monde était l’hébreu et que Moïse l’avait utilisé pour écrire la Torah, cela changerait la façon dont on perçoit le récit de l’Exode, la Bible et l’histoire du monde. Mais pour ce faire, il faudrait un changement de paradigme majeur.

Voici ce que dit le père de l’archéologie égyptienne, Flinders Petrie:

«Ici, nous avons le résultat, à une date de quelques cinq siècles avant l’écriture phénicienne la plus ancienne connue … Cela réfute finalement l’hypothèse selon laquelle les premiers Israélites, qui sont venus par cette région en Égypte et y sont repassés (pour en sortir), n’auraient pas pu utiliser l’écriture4. »

Si le Père de l’archéologie égyptienne nous dit que les Israélites avaient la capacité d’écrire 500 ans avant les phéniciens, qu’est-ce qui a changé depuis chez les chercheurs laïques ?

Le principal changement est-il le paradigme d’une génération qui est devenue sceptique à l’égard de la Bible parce que la théorie de l’Exode de Ramsès a placé l’Exode à un moment où il y avait peu ou pas de preuves pour le soutenir ?

Conclusion

Le script apparaît au moment de l’Exode. Il n’est apparu dans aucune autre partie du monde, comme la Grèce, la Perse, l’Inde ou la Chine. Il est originaire de la région d’Égypte et du Sinaï où la Bible place les Israélites. Ce script est le premier alphabet connu, qui était nécessaire pour écrire la Torah. Comme il s’agissait d’un alphabet sémitique, c’était une forme d’écriture semblable à l’hébreu. C’est tout ce dont Moïse a eu besoin pour écrire la forme basique du Pentateuque.

Tim Mahoney a engagé une conversation par email avec Christopher Rollston, voici son échange :


Juste par intérêt pour la discussion, si Moïse avait été responsable de la rédaction d’au moins une partie de la Torah, à votre avis, le script protosinaïtique aurait-il pu être utilisé pour accomplir cette tâche ?

La réponse de Christopher Rollston :


« Oui … le script que Moïse aurait pu utiliser, ou aurait utilisé, aurait été l’alphabet ancien, pas l’hébreu ancien.
En passant … je crois que Moïse a été historique et qu’il était alphabétisé. »

En parlant d’alphabétisation, l’utilisation d’un alphabet simple aurait permis aux personnes jeunes et moins jeunes du peuple Israélite, de le lire, de le comprendre et de conserver les paroles que Dieu avait données au Mont Sinaï pour les générations à venir.

Il ne semble y avoir aucune raison de douter que Moïse ait pu écrire le récit de l’Exode comme le prétend la Bible.

L’égyptologue Alan Gardiner, l’homme qui a déterminé que ces inscriptions représentaient le plus ancien alphabet connu, en est venu à une observation perspicace sur son origine.


«Il est universellement reconnu qu’un instrument d’enregistrement visuel du langage si simple et donc si parfait n’a pas pu résulter d’un effort spontané de génie5

L’alphabet fut certainement un coup de génie, mais en tant que personne de foi, il y a de quoi s’interroger, et si l’invention de l’alphabet n’avait finalement pas eu une origine humaine ?

En effet, sans alphabet, il n’était pas possible de commencer la rédaction des premiers livres de la Bible. Les preuves, quant à elles, semblent révéler que ce script est apparu soudainement dans un laps de temps très court et par ailleurs nous avons la Bible qui déclare être inspirée par le Créateur.

Se pourrait-il que le génie de l’alphabet soit aussi un don divinement inspiré de Dieu, donné à un peuple particulier à un moment donné ?

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Références :

  1. Alan Gardiner – L’origine égyptienne de l’alphabet sémitique
  2. Joseph Naveh – Early history of the alphabet
  3. Joseph Naveh – Early history of the alphabet
  4. Flinders Petrie – Recherches dans le Sinaï.
  5. Alan Gardiner – The Egyptian Origin of the Semitic Alphabet.

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces centaines d'heures de recherche afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques et le débat création/évolution.

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