Qui était le pharaon durant l’Exode d’Egypte de Moïse et des Israélites ?


Le livre biblique de l’Exode ne nomme pas le pharaon que Moïse rencontra après son retour du Sinaï. Cette absence de précision a été l’occasion de controverses et de spéculations considérables sur l’identité de ce pharaon et sur le moment où il a régné en Égypte.

Pourquoi Moïse dans le Livre de la Genèse et de l’Exode ne mentionne t’il pas les noms des pharaons ?

De manière très brillante, cette absence de précision est un élément supplémentaire en faveur de l’hisoricité du récit et de sa rédaction ancienne. En effet, ce n’est que plus tard dans l’histoire qu’il fut coutume d’associer un nom au titre royal.

Ls Égyptiens eux-mêmes ne mentionnaient pas le nom du pharaon régnant en s’adressant à lui, ni dans la plupart des documents. Moïse a suivi cette coutume, n’oublions pas qu’il a été élevé à la cour royale et qu’il a probablement appris dans son enfance qu’il ne fallait pas appeler le pharaon par son nom personnel.

La pratique courante à l’époque où les Israélites vivaient en Égypte, était de ne pas nommer le Pharaon par son nom. Le pharaon régnant n’était pas appelé par son nom. Il était le Pharaon, et était considéré comme un dieu. Faire référence au Pharaon régnant en y associant un nom impliquait qu’il pouvait y avoir plus d’un Pharaon et qu’il fallait le différencier. Cela était inacceptable dans ce milieu.

Le fait que la Torah ne nomme pas le Pharaon est en harmonie avec l’usage de l’époque où elle a été écrite. En effet, si la Torah avait nommé le Pharaon, cela aurait dénoté un style d’écriture ultérieur et aurait rendu le texte suspect.

Par exemple, la première instance datée du titre pharaon attaché au nom d’un souverain se produit en l’an 17 de Siamun sur un fragment des Annales sacerdotales de Karnak1. Ici, l’intronisation d’un individu à la prêtrise d’Amon est spécifiquement datée du règne du pharaon Siamun. Cette nouvelle pratique se poursuivit sous son successeur Psusennes II et les rois de la vingt et unième dynastie. Pendant ce temps, la vieille coutume de se référer au souverain simplement par Per’o a continué dans les récits égyptiens traditionnels.

Le mot pharaon est une traduction de l’hébreu par’ô, qui à son tour traduit le mot égyptien pr- ‘(‘ grande maison ‘). À partir du XVe siècle avant notre ère, ce titre était utilisé comme synonyme pour décrire la personne du roi. En combinaison avec le nom du roi (par exemple, “Pharaon Ahmôsis II”), il est utilisé à partir du dixième siècle2. C’est d’ailleurs à ce moment que les écrivains bibliques commencent à inclure les noms des pharaons des périodes plus tardives.

La chronologie égyptienne conventionnelle

Pour bien des raisons archéologiques, historiques et bibliques, nous devons chercher le pharaon de l’Exode au milieu du 15ème siècle.

Certains chercheurs pensent que la chronologie conventionnelle de l’Egypte est incorrecte et que l’on ne peut donc se baser sur elle pour chercher le bon pharaon, mais même s’il y a certainement des améliorations et des corrections à apporter sur tels ou tels artefacts ou évènements, il m’est apparu durant mes recherches3 que tout en utilisant la chronologie “haute” de l’Egypte, on parvient à trouver pléthore d’éléments archéologiques et historiques favorables à l’historicité du texte biblique, en tout cas concernant la période de Joseph et de Moïse, c’est peut être en effet une autre histoire pour d’autres époques, et notamment pour les plus reculées.

L’Exode du XIIIe siècle

La théorie qui date l’Exode à l’époque de la 19e dynastie au 13e siècle avant JC utilise le nom de Ramsès pour la ville-magasin que les Israélites ont construite pour Pharaon (Ex 1:11). Ramsès II était connu comme un grand bâtisseur. L’emplacement de sa capitale du delta est connu et une partie de son palais y a été fouillée.

L’utilisation de ce verset pour dater l’Exode est cependant rendue compliquée par le fait que le même nom de Ramsès est employé pour désigner la terre où les patriarches sont venus des siècles plus tôt (Gn 47: 1l; cf. Gn l5: 13; Ex l2: 40).

Puisqu’aucun règne n’est connu sous le nom de Ramsès au début de l’histoire égyptienne, ces deux références à Ramsès ressemblent à une mise à jour d’un nom de lieu antérieur.

Ce phénomène est évident dans Genèse 14:14 où le dernier nom de Dan a été utilisé pour le nom contemporain de Laish (Jg 18: 7-29). Dans certains cas, la Bible donne le nom le plus ancien et le dernier nom ensemble (Gn 23: 2).

Ainsi, la simple utilisation du nom de Ramsès n’est pas une base sûre pour identifier le Pharaon de l’Exode et, à travers lui, pour dater l’Exode.

L’Exode du XVe siècle

L’autre approche pour dater l’Exode à partir des éléments bibliques est l’approche chronologique. Dans ce cas, la donnée d’1 Rois 6: 1 est utilisée pour dater l’Exode. Cette date biblique permet de cibler le Pharaon probable qui a régné sur l’Égypte à l’époque de Moïse.

Telle est l’approche adoptée ici et elle nécessite un examen détaillé de la chronologie.

Le point de départ de cette étude chronologique se trouve au sein de la monarchie israélite, car 1 Rois 6: 1 date l’Exode à une période particulière renvoyant à une année royale de Salomon.

Pour ce point de départ, nous pouvons utiliser la chronologie d’Edwin R. Thiele développée dans sa thèse de doctorat à l’Université de Chicago, publiée plus tard sous le titre de « The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings (1965) ». Selon cette chronologie, Salomon est mort en 931 avant JC après un règne de 40 ans.

Cela signifie qu’il est monté sur le trône en 971 avant JC. Selon Thiele, les dates qui sont données dans le texte qui traitent de la construction du Temple montrent que Salomon a utilisé un calendrier Tishri pour mesurer ces années royales 4.

Le règne de Roboam qui suivit Salomon en Juda fut calculé selon le système d’année d’accession, ce qui signifie que l’An 1 commença une année après que Roboam soit monté sur le trône. Pour Salomon, cela signifie que 971/970 avant JC fut son année d’accession et 970/969 avant JC sa première année de règne complet (Thiele 1965: 28-30).

Cela amène sa 4ème année de règne en 967/966 avant JC.

La période à ajouter à cette date est de 480 ans comme indiqué dans 1 Rois 6: 1. Cela renvoie à l’époque où «les Israélites sortirent d’Égypte». L’ajout de ces 480 années indique que l’Exode s’est produit au printemps de 1446 av.J.C.

Il y a des éléments provenant de 1 Rois 6: 1 qui indiquent qu’un calcul précis était voulue. La quatrième année de Salomon n’est pas une année arrondie et le mois précis où la construction a commencé, Ziv, est donné selon l’ancien calendrier, pas celui adopté lors de l’exil babylonien.

La même précision est rencontrée avec la date d’achèvement du Temple la 11e année de Salomon, au mois de Bul. Ces deux dates ont été compilées selon un système très spécifique et il n’y aucune indication dans le texte qui permettent de penser que les rédacteurs aient interprété ces 480 années autrement que selon le calcul partant de 966 av.J.C à 1446 av.J.C.

Mais voici un article plus complet sur le débat de la date de l’Exode :

Thoutmôsis III : premier candidat au poste de pharaon de l’Exode

L’un des principaux candidats pour le poste de pharaon durant l’Exode est Thoutmôsis III. Il y a plusieurs éléments qui invitent à le considérer comme tel :

Selon la « haute chronologie » ce pharaon aurait régné entre 1504 et 1450 av.J.C. Dans un rayon d’un quart de siècle avant lui, et après lui, aucun autre pharaon n’est décédé. C’est donc le pharaon qui est mort au plus proche de la date biblique de 1446 av.J.C. Il est également décédé à la bonne période de l’année – au printemps – 17 mars (Biographie d’Amenemhab).

Thoutmosis III a été le pharaon qui a réellement mis l’Égypte sur la route d’un empire asiatique avec ses campagnes presque annuelles de l’année 23 à l’année 42. La sortie d’équipement et l’afflux de butin de ces campagnes auraient créé une demande pour les villes-magasins que les Israélites auraient bâti (Ex 1:11).

Il y a cependant une faiblesse dans cette présentation, et elle est chronologique. La date biblique pointe vers 1446 comme l’année de l’Exode, tandis que les dates pour Thoutmosis III indiquent qu’il serait mort en 1450. Les solutions pour compenser ce décalage ne sont pas satisfaisantes jusqu’à ce jour.

Ceci nous amène à étudier la 2ème solution, et celle-ci nous fait considérer Thoutmosis III comme étant le père du pharaon de l’Exode, ce qui signifie que les arguments ci-dessus ont tout de même leur utilité. L’afflux de matériel aurait eu un impact sur l’esclavage des hébreux bien avant l’Exode et la mort de Thoutmosis III peu avant l’Exode peut faire écho au pharaon qui est mort lorsque Moïse était encore au pays de Madian.

Amenhotep II : le deuxième candidat au poste de pharaon de l’Exode

Certains suggèrent qu’Amenhotep II a pu être le pharaon de l’Exode5. Il y a toutefois d’emblée une difficulté dans cette perspective. Aucune donnée n’indique que ce pharaon soit mort en 1446 av.J.C.

Alors que la solution pourrait paraître cousue de fil blanc, certains arguments permettent de la crédibiliser.

Le récit biblique de l’Exode fut un évènement à portée unique dans l’histoire égyptienne et il ne serait pas étonnant d’avoir ici une “gestion unique” de ce “Jugement de Dieu” sur l’Egypte, lequel a a probablement été camouflé à la population égyptienne de l’époque. Le pharaon étant considéré comme un dieu, une telle “claque” du vrai Dieu n’était pas chose à rendre public.

Bien qu’aucune preuve de la mort d’Amenhotep ne soit disponible, un réexamen des textes égyptiens de cette période fournit des éléments consistant concernant la mort d’un pharaon en 1446 av.J.C ainsi que sur d’autres connexions bibliques.

La raison pour laquelle nous n’avions pas reconnu ces éléments est due au fait que les Égyptiens ont probablement dissimulé le problème. Ces derniers sont en effet connus pour tordre l’histoire et présenter les pharaons d’une manière bien plus glorieuse que ne fut la réalité. Le jugement de Dieu sur l’Egypte était la pire chose qu’ils pouvaient subir.

Le problème ici vient de deux paires de textes du règne d’Amenhotep II dans lesquels ils se référent tous deux à sa «première campagne victorieuse», mais les campagnes sont différentes et elles se sont déroulées à des années différentes.

Le deuxième problème concerne la ou les dates d’accession au pouvoir d’Amenhotep II. Il semble en avoir deux, l’un pour la période suivant immédiatement la mort de son père et l’autre à un autre moment.

Les stèles Amada et éléphantine de l’année 36

Après une longue et élogieuse introduction, Amenhotep II raconte son inauguration de réparations et d’agrandissement des temples pour Khnum d’Eléphantine et Anukis d’Amada en Nubie.

après le retour de Sa Majesté de Haut-Retjenu quand il avait renversé tous ses adversaires afin d’élargir les frontières de l’Égypte lors de la première campagne de victoire7.

Le texte continue en racontant comment le roi a tué sept chefs qu’il avait ramenés en Égypte de Takhsi en Syrie, puis avait pendu leurs têtes ou corps et mains sur son navire royal alors qu’il naviguait vers le sud jusqu’à Thèbes. Après y être arrivé, il en a accroché six au mur de la ville et il a envoyé la septième sur un bateau pour être accroché au mur de Napata près de la quatrième cataracte du Nil en Nubie.

Le même événement, le massacre des chefs de Takhsi, est mentionné dans la biographie d’Amenemhab. Là, il suit directement le récit de la mort de Thoutmosis III.

Ainsi nous avons « deux premières campagnes de victoire » pour ce Pharaon.

Ce problème est accentué par le fait que les Takhsi de la campagne de l’an 3 n’est jamais mentionné dans la campagne de l’an 7, même si cette campagne était également centrée sur la Syrie. En plus de ce problème, nous avons deux dates d’adhésion différentes pour Amenhotep II, l’une implicite et l’autre indiquée directement.

La date implicite de l’adhésion d’Amenhotep est le lendemain de la mort de Thoutmosis III. Comme Thoutmosis III est mort le 30 du 7ème mois, Amenhotep aurait dû être intronisé le 1er du 8ème mois. L’anniversaire du couronnement d’Amenhotep est cependant donné dans le récit de la campagne de l’an 9, et la date qui y est donnée tombe à la fin du 11e mois 8.

Il existe deux conflits majeurs et directs entre les stèles de l’année 3 et celles des années 7 et 9. Les deux campagnes des années 3 et 7 sont identifiées comme la première campagne victorieuse du roi. Ce problème n’est pas résolu en proposant ici une co-régence et ni sur la base d’une simple erreur de scribe, puisque le rapport de l’année 9 fait référence à cette campagne comme sa deuxième campagne victorieuse. L’autre problème concerne les dates d’accessions différentes.

Nous avons donc ici un pharaon qui a eu deux premières campagnes de victoire et deux dates d’accession différentes. Ces problèmes n’ont pas encore été résolus de manière satisfaisante.

Il est intéressant de noter que ces complications dans les textes d’Amenhotep II se produisent juste au moment où l’Exode des Israélites a eu lieu selon la date biblique de cet événement (1 Rois 6: 1).

Ci-dessus, la date de 1446 a été suggérée comme date julienne pour cet événement, en utilisant des corrélations avec la chronologie de la monarchie. Pour les dates d’Amenhotep, nous avons utilisé la haute chronologie du règne de Thoutmosis III, 1504–1450.

Maintenant, ces deux chronologies peuvent être corrélées. Pour ce faire, il convient également de noter que les Égyptiens ont utilisé la méthode de calcul dans laquelle la première année de règne du roi a commencé le jour de son accession.

Chronologiquement, cela signifie que l’année 1 d’Amenhotep II était en 1450 avant JC. Cela signifie que sa troisième année, l’année de la première campagne victorieuse des stèles Amada et Éléphantine, était en 1448 avant JC.

Cela signifie également que la première campagne victorieuse de l’an 7 sur les stèles de Memphis et de Karnak eut lieu en 1444 avant JC et la campagne de L’an 9, également sur les stèles de Memphis et de Karnak, fut menée en 1442.

Selon les dates de ces trois campagnes, la date biblique de l’Exode se situait juste entre les campagnes de ces deux stèles, en 1446 avant JC.

La corrélation chronologique correspond ici très bien. La date biblique de l’Exode tombe juste entre les deux premières campagnes de victoire du roi nommé Amenhotep II. Si le roi de la première campagne est mort au moment de l’Exode, alors le roi de la nouvelle première campagne et de la deuxième campagne était un nouveau roi ayant également pris le nom d’Amenhotep II.

Cela aurait pu résulter d’une tentative de dissimulation du désastre qui s’était produit. Au lieu de prendre un nouveau nom de trône, le roi suivant a repris le nom d’Amenhotep.

Mais la tentative de dissimulation du désastre ne fut ni complète ni parfaite. Le roi ou les scribes en ont laissé un soupçon. Ils ont oublié ou n’ont intentionnellement pas pris en compte la première campagne victorieuse du premier roi de ce nom. D’où le conflit, à la fois en termes de numérotation de ses campagnes et en termes d’identification de sa date d’accession.

La pharaon de l’Exode est il mort selon le récit biblique ?

Cette synthèse soulève la question de savoir si le Pharaon de l’Exode est mort au moment de l’Exode. Le récit d’Exode 14–15 n’est pas directement explicite sur ce point, mais c’est là une inférence logique.

Yahweh dit qu’il obtiendrait gloire de Pharaon. Bien qu’une partie de cette gloire puisse être maintenue par la perte de ses troupes dans la mer des roseaux, si ce dernier s’était échappé, une partie de cette gloire serait diminuée.

Des représentations du Pharaon en guerre le montrent dans son char plus grand que nature conduisant ses troupes au combat. Dans les batailles réelles contre les troupes armées de l’ennemi, c’était probablement de la propagande et Pharaon dirigeait probablement la bataille de l’arrière de son armée.

Mais contre des civils en grande partie non armés comme les Israélites en fuite, Pharaon n’aurait eu aucune raison de ne pas conduire ses troupes dans le lit sec de la mer des roseaux/mer rouge et il aurait donc été le principal candidat à la mort en s’y noyant.

Ainsi, la logique d’Exode 14–15 est que Pharaon est mort par noyade au moment de l’Exode. Ce point est confirmé par le Psaume 136: 15, qui dit que Yahweh «a renversé Pharaon et son armée dans la mer Rouge» (cf. Ex 14:28; Ps 106: 9–11).

Si Amenhotep II a été le Pharaon de l’Exode selon les corrélations ci-dessus, et qu’il est mort à ce moment-là, alors nous devrions l’identifier comme Amenhotep IIA et le relier aux stèles d’Éléphantine et d’Amada de l’An 3.

Concernant le Pharaon d’Égypte qui a récupéré le trône et a pris son nom, il doit être identifié comme Amenhotep IIB et lié aux stèles de Memphis et de Karnak.

La question est alors, y a-t-il des informations supplémentaires du reste du règne d’Amenhotep II qui tendraient à confirmer son identité en tant que Pharaon après l’Exode?

D’autres éléments particuliers du règne d’Amenhotep IIB

Quel que soit le nombre d’Israélites qui a quitté l’Égypte, leur départ aurait privé les Égyptiens d’une quantité considérable de travail forcé. Ainsi le total des personnes ramenées en Egypte par Amenhotep IIB tel que rapporté à la fin des campagnes des années 7 et 9 pourrait ne pas être gonflé.

Le total indiqué dans le texte est de 89 600 hommes, alors que les nombres individuels eux-mêmes se totalisent à 101 128. Alors que certains ont remis en question le nombre très élevé donné ici, si l’on regarde les besoins en main-d’œuvre de l’État juste après l’Exode, le nombre ne semble pas si élevé après tout.

De la fin du règne d’Amenhotep IIB vient un texte si inhabituel que certains égyptologues pensent qu’il a peut-être été ivre en le dictant9.

Dans ce texte Amenhotep exprime sa haine des Sémites. L’inscription est datée de 14 ans après sa dernière campagne asiatique, celle de l’an 9, ce qui montre qu’il avait encore des Sémites (Israélites?) en tête, même lorsqu’il était dans le sud de la Nubie.

Le texte transmet ses conseils au gouverneur de Nubie. Les Hébreux ne sont pas mentionnés directement, mais Takhsi est l’endroit où Amenhotep IIA a fait campagne.

Si Amenhotep IIB tenait les Hébreux pour responsables de la mort de son prédécesseur, cela aurait pu alimenter son expression de haine envers les Sémites. Il donne également un avertissement contre les magiciens. Alors que les Nubiens étaient connus pour leur pratique de la magie, il pourrait également y avoir un écho de la rencontre avec Moïse, le maître magicien.

Après la fin du règne d’Amenhotep IIB vient un autre document qui pourrait se rapporter au fils du Pharaon d’après l’Exode. Le texte est la Stèle des Rêves de Thoutmosis IV dans laquelle il raconte comment, lorsqu’il était à la chasse, il s’est assis pour se reposer près du Grand Sphinx et s’est endormi.

Dans son rêve, le sphinx lui a dit qu’il deviendrait Pharaon même s’il ne s’était pas attendu à le devenir. Il n’était pas le prince héritier à l’époque. En échange de cette récompense, il devait nettoyer le sable autour du sphinx. La stèle avec ce texte est située entre les pattes du sphinx.

Ce texte a été lié au récit de l’Exode auparavant10, Thoutmosis IV étant un fils mineur du Pharaon de l’Exode. Dans ce cas, son frère aîné est mort lui permettant de monter sur le trône alors qu’il ne s’y attendait pas.

La même relation est toujours vraie dans l’hypothèse décrite ci-dessus, mais la relation est plus complexe. D’après la généalogie, Thoutmosis IV aurait été le fils d’Amenhotep IIB. Cela signifie tout de même qu’il avait probablement un frère aîné qui est mort dans la dixième plaie, mais son arrivée sur le trône avait plus à voir avec la mort de son oncle.

En supposant qu’Amenhotep IIA et IIB étaient frères ou demi-frères, Amenhotep IIA qui mourut au moment de l’Exode aurait été l’oncle du futur Thoutmosis IV, fils d’Amenhotep IIB. Ainsi, il serait monté sur le trône à la fois parce que son oncle est mort dans la mer des roseaux/mer rouge et parce que son frère aîné est mort dans la dixième plaie.

Ces facteurs continuent à soutenir l’idée qu’Amenhotep IIB conviendrait bien au Pharaon après l’Exode, tandis que son prédécesseur Amenhotep IIA conviendrait mieux en tant que Pharaon au moment de l’Exode.

Qu’est il arrivé au corps du pharaon de l’Exode ?

Selon les indications bibliques discutées ci-dessus, un pharaon est mort dans la mer des roseaux au moment de l’événement de l’Exode. Qu’est-il arrivé à son corps? Il y a deux possibilités ici.

La première est que son corps s’est enfoncé dans les profondeurs de l’eau et n’a jamais été retrouvé. Une autre possibilité est que son corps a échoué comme les corps de certains de ses soldats (Ex 14:30).

Si son corps avait échoué et avait été récupéré par une équipe de recherche envoyée, il aurait sans aucun doute été ramené en Égypte pour y être enterré, mais pas le genre d’enterrement qui était généralement accordé aux pharaons morts.

Dans ce cas, l’enterrement aurait été plus secret car il y avait un nouvel Amenhotep sur le trône qui avait pris sa place et il s’agissait de camoufler la catastrophe.

On peut donc s’attendre à ce que peu de travaux aient été effectués sur sa tombe et que son inhumation a été faite un avec un minimum de préparation.

La question est, y a-t-il un corps parmi les momies royales qui pourrait correspondre à cette spécification?

Amenhotep IIB

Tout d’abord, il y a une momie d’Amenhotep II que nous désignerions ici comme Amenhotep IIB, le pharaon qui vécut jusqu’à la fin de ses 26 années royales. C’est une momie du bon âge et, contrairement à beaucoup de momies des rois, elle a été retrouvée au bon endroit dans son propre sarcophage dans sa propre tombe, n ° 35 dans la Vallée des Rois.

Les radiographies de sa momie révèlent qu’il avait environ 45 ans quand il est mort (Harris et Weeks 1973: 138). Cela correspond bien à la chronologie de son règne. S’il accéda au trône vers l’âge de 18 à 20 ans et régna jusqu’à sa 26e année, cette momie s’accorde bien avec ce que nous avons proposé pour Amenhotep IIB.

Amenhotep IIA

Y a-t-il des preuves d’une autre momie qui pourrait être liée à Amenhotep IIA? Il y a une momie royale libre de la 18e dynastie qui n’a pas encore été identifiée et cette momie est celle d’un roi qui avait à peu près le bon âge à la mort pour ce que nous avons proposé pour Amenhotep IIA.

Dans son texte inaugural, la Stèle du Sphinx, indique qu’il avait 18 ans lorsqu’il accéda au trône11. Puisqu’il est mort vers l’an 5 de son règne, cela aurait signifié qu’il était au début de la vingtaine lorsqu’il est mort dans la mer des roseaux. Il y a une momie de cet âge approximatif qui a été identifiée à tort comme Thoutmosis I.

Il n’y avait aucune étiquette sur les emballages de cette momie pour l’identifier comme tel; on a seulement supposé qu’il s’agissait de Thoutmosis I parce qu’il a été trouvé dans la cache de la momie Deir el-Bahr près d’un cercueil qui appartenait à un Thoutmosis.

La momie de Thutmose I était une momie qui avait bien voyagée. À l’origine, il a sans aucun doute été enterré dans sa propre tombe. Puis Hatchepsout fit emménager plus tard son père dans sa propre tombe. Plus loin encore, Thoutmosis III a construit un autre tombeau pour Thoutmosis I (n ° 38). Son corps, cependant, n’a pas été retrouvé là-bas, donc quand ce corps non identifié a été retrouvé près d’un des cercueils d’un Thoutmosis, Maspero, qui a fait cette découverte, a supposé qu’il s’agissait de Thoutmosis I.

Thoutmosis I n’était pas apparenté au Pharaon sous lequel il a servi, Amenhotep I.

Amenhotep I n’a eu aucun survivant masculin, alors Thoutmosis I, ancien général de l’armée, monta sur le trône. La durée de son règne est contestée mais il a probablement régné pendant au moins une décennie. Ainsi, il aurait dû être un homme d’âge moyen à sa mort. La momie qui avait été précédemment identifiée comme celle de Thoutmosis I a maintenant été radiographiée et cela montre plutôt qu’elle appartenait à un jeune homme d’environ 18 ans12.

Cette momie ne peut donc pas être celle de Thoutmosis I. La question est donc de savoir à qui appartient cette momie de la 18e dynastie? Serait-ce Amenhotep IIA?

L’âge correspondrait raisonnablement bien à ce que nous savons des débuts de carrière d’Amenhotep IIA. Il était au début de la vingtaine au moment de son seul texte militaire majeur, celui de l’année 3, et au moment de l’Exode de l’année 5.

Il y a aussi quelques caractéristiques intéressantes à cette momie.

  • Premièrement, elle n’est pas desséchée comme les momies normales qui étaient soit trempées dans une solution de natron, un sel de sodium, soit emballées dans du natron sec. Cela plaide pour un enterrement rapide de ce corps.
  • Deuxièmement, il n’y avait pas de revêtement résineux appliqué sur cette momie, comme cela se faisait couramment, ce qui fournit un deuxième argument en faveur d’un enterrement rapide.

En conséquence, elle a été appelée «l’une des momies royales les mieux conservées»13.

L’ironie de cette momie est peut-être qu’elle est la mieux conservée parce qu’elle n’a pas été conservée de manière habituelle.

Sa tête a été rasée et il y a des écorchures sur le bout de son nez et sur sa joue droite qui semblent être des blessures antemortem ou intramortem et non des changements post-mortem.

En discutant de cette momie, J. Tyldesley émet l’hypothèse que puisque ce n’est pas Thoutmosis I, il peut s’agir de l’un de ses fils14.

Peut-être n’était-il pas l’un des fils de Thoutmosis I, mais plutôt l’un des fils de Thoutmose III, Amenhotep IIA, pour être plus précis. Il est probable que nous ne connaîtrons jamais l’identité de cette momie, mais cela soulève la possibilité alléchante que ce corps puisse être celui du Pharaon de l’Exode.

Conclusion

Les éléments présentés ci-dessus ne sont que circonstanciels. Il n’existe aucune inscription égyptienne qui raconte directement l’Exode des Israélites et on peut s’attendre à ce qu’aucune ne soit jamais trouvée.

La raison en est de la nature propagandiste des inscriptions royales égyptiennes. Le problème était encore plus aigu pour les Égyptiens que pour les Assyriens et les Babyloniens. Dans ces pays de l’Est, le roi n’était qu’un serviteur des dieux; les rois étaient rarement divinisés.

En Egypte, tous les rois étaient traités comme des dieux, Horus incarné. Pour qu’un événement comme l’Exode Biblique se soit produit sous la surveillance du divin Horus, aurait frappé directement sa nature de dieu, ce genre d’événement ne pouvait donc pas être admis, même s’il s’était produit.

Cela étant le cas, des canaux plus indirects doivent être utilisés dans une recherche du Pharaon de l’Exode. Les irrégularités qui pourraient correspondre à certains aspects de l’histoire biblique doivent être recherchées. Les divergences entre les textes égyptiens au moment opportun peuvent fournir ce type de preuves indirectes de l’Exode. C’est tout ce que l’on peut espérer des textes égyptiens relatifs à l’Exode.

L’utilisation de la date biblique de l’Exode lorsqu’elle est appliquée au calendrier julien indique que la recherche doit d’abord être effectuée pour ce type de preuves indirectes vers le milieu du 15ème siècle avant JC. Un seul Pharaon est clairement connu pour être mort à cette époque et c’était Thoutmosis III. Pour cette raison, ce dernier est parfois choisi comme meilleur candidat pour le Pharaon de l’Exode.

Une plus grande attention à la chronologie biblique a conduit à des divergences dans les textes égyptiens du début du règne d’Amenhotep II. L’utilisation de la date biblique précise pour l’Exode localise cet événement au début du règne de ce roi, et non à la fin de son prédécesseur.

Il y a un écart d’environ trois ans entre ses inscriptions datées, entre l’année 4 et l’année 7, qui fournissent un espace dans lequel les événements de l’Exode peuvent être placés. Cela étant, les tensions entre ses textes de la troisième et de la septième année deviennent plus significatives.

Sur cette base, la proposition a été développée ici qu’Amenhotep II était le Pharaon de l’Exode. La preuve biblique exige sa mort à ce moment-là, vers l’année 5 de son règne.

Le roi qui a servi le reste de son règne devrait donc être son successeur. Dans ce cas, cependant, le successeur a pris les mêmes nomen et prenomen et autres titres qui ont été utilisés par le pharaon précédent.

Pour cette raison, nous avons identifié ces deux rois comme Amenhotep IIA et Amenhotep IIB. Amenhotep IIA est le roi qui serait mort au moment de l’Exode et Amenhotep IIB était le roi qui a servi le reste de son mandat comme s’il était ce même roi.

Il y a quelques caractéristiques qui viennent du règne du roi que nous avons identifié comme Amenhotep IIB, le Pharaon après l’Exode, qui cadrent bien avec sa succession à ce moment-là. Il y avait son besoin d’une nouvelle réserve de main-d’œuvre pour les projets de construction de l’État et ce besoin a été comblé par les 90 000 captifs ou plus qu’il a ramenés en Égypte de ses campagnes des années 7 et 9.

Il y avait sa haine extraordinaire pour les Sémites exprimée, étrangement. , en Nubie vers la fin de son règne. Dans le cadre de cette expression au gouverneur, il l’a mis en garde contre les magiciens, qui pourraient porter un écho d’un souvenir de la fonction de Moïse au moment de l’Exode.

Son fils, Thoutmosis IV correspond bien au fils du Pharaon après l’Exode en raison de la nature irrégulière de son avènement exprimée dans le texte de sa Stèle de Rêve trouvée entre les pattes du Grand Sphinx.

Il est possible que le corps du pharaon de l’Exode ait été récupéré dans la mer des roseaux et que ce corps ait été retrouvé parmi les momies royales de la 18e dynastie. La momie identifiée à tort comme Thoutmosis I a maintenant été redéfinie par des rayons X et s’est avérée être celle d’un jeune homme de la moitié de l’âge de Thoutmosis I.

Il y a quelques caractéristiques inhabituelles à cette momie qui pourraient suggérer une connexion avec l’Exode mais, étant donné la nature de la momie, ce lien ne peut probablement pas être forgé même s’il s’agit d’une connexion correcte.

La preuve est circonstancielle mais les circonstances indiquent qu’Amenhotep IIA est le Pharaon de l’Exode.

L’Archéologie et le Patriarche Biblique Joseph – A t’il existé ? Est il historique ?

Les événements racontés dans l’histoire de Joseph (Genèse 37-50), ont longtemps été et sont toujours un sujet de recherche passionnant pour les savants bibliques et les égyptologues intéressés par l’Ancien Testament. Cet article s’inscrit dans la série d’article sur l’archéologie qui traite notamment de l’historicité d’Abraham, de Joseph, de Moïse et de David. Concernant Joseph,…

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Le Roi David a t’il existé ? Qu’en dit l’Archéologie ?

Certains chercheurs pensent que le roi David est un roi mythique comme le roi Arthur. Tout au plus si David avait existé il n’était rien de plus qu’un chef de tribu, et certainement pas le roi historique d’une dynastie en Israël. Par exemple, le professeur de l’Université de Sheffield, le Dr Philip R. Davies, a…

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Références :

  1. http://judaism.thoughts.com/1dayat1time/jerusalem-scholars-trace-bibles-evolution-1.
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Pharaoh.
  3. Evidence for the Exodus and Conquest from Associates for Biblical Research
  4. (Thiele 1965: 29).
  5. Horn 1979: 350.
  6. (Cumming 1982: pt. 1. 24–28; ANET 247–48).
  7. (italiques mine; Cumming 1982: 27).
  8. Cumming 1982: pt 1, 32.
  9. (Gardiner 1964: 199; Cumming pt. 1, 1928: 45–46).
  10. (Horn 1979: 350).
  11. Cumming, pt. 1, 1982: 20.
  12. Harris et Weeks 1973: 132.
  13. Harris et Weeks 1973: 34.
  14. 1996: 127.
  15. https://www.ministrymagazine.org/archive/1950/05/the-aramaic-problem-of-the-book-of-daniel-no-1.
  16. https://www.drtimwhite.net/blog/2020/1/15/the-aramaic-of-daniel.
  17. https://hermeneutics.stackexchange.com/questions/5217/why-is-daniel-chapter-24-728-written-in-aramaic.

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces centaines d'heures de recherche afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques et le débat création/évolution.

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