Y a-t-il des Preuves Historiques et Archéologiques sur le Roi Salomon ?


Luca Giordano : Le Rêve de Salomon : Dieu promet la sagesse à Salomon

Le Roi Salomon est une figure importante dans la Bible et il fait partie du top 10 des noms les plus mentionnées. Il est connu pour avoir reçu une grande sagesse de Dieu mais aussi pour sa grande richesse et les écrits qu’il a laissés derrière lui. Selon la chronologie biblique il aurait régné à partir de 970 av. J-C sur un royaume qui s’étendait du fleuve de l’Euphrate jusqu’à l’Égypte au sud. La plus grande réalisation de Salomon est sans aucun doute la construction du Temple à Jérusalem. Nous allons voir dans cet article les éléments qui nous permettent de soutenir son historicité.

Il n’y a pas de preuves extrabibliques sur Salomon, uniquement le témoignage biblique qui mentionne 272 fois le fils de David. Le contexte culturel et historique crédite cependant les textes bibliques sur le sujet, sachant que le père de Salomon est trouvé en archéologie ainsi que plusieurs de ses descendants. Comme la Bible est le livre historique le mieux conservé de l’époque et que de multiples synchronismes historiques sont disponibles pour d’autres évènements&figures de l’Ancien Testament, nous pouvons lui faire confiance quant à l’historicité de Salomon.

Y a-t-il des écrits non bibliques sur le Roi Salomon ?

Il n’existe pas de documents extrabibliques sur le Roi Salomon et en réalité il y a très peu de documents relatifs à cette époque du Proche-Orient ancien. Les évènements qui se sont produits en Syrie et Palestine durant le 10ème siècle nous sont en grande partie inconnus.

Il n’y a pas de documents assyriens ou babyloniens du 10ème siècle pour lesquels on s’attend à ce qu’un roi d’Israël soit nommé car les deux royaumes expérimentaient une période de déclin. L’Assyrie n’a commencé à rebondir que vers les alentours de 925 av. J-C et n’avait pas de contact à l’ouest et au sud car ils étaient aux prises avec les araméens à l’est de l’Euphrate.

Il existe des inscriptions assyriennes royales, mais elles ne traitent que d’affaires internes jusqu’au dernier quart du 10ème siècle. En ce qui concerne les babyloniens, il n’y a aucun texte original de plus de 4 lignes de long et ce n’est qu’en 876 av. J-C que les assyriens ont atteint la méditerranée.

Les Araméens devenaient puissants en Syrie mais nous ne disposons d’aucun document écrit de leur part avant le milieu du 9ème siècle avant JC. Quant à leurs écrits ultérieurs, ils ne remontent pas aussi loin que le 10ème siècle.

L’Égypte ne fournit qu’une poignée d’inscriptions relatives à la Palestine à partir de 1000 avant JC, la plus remarquable étant la liste de Shishak des lieux visités par ses forces, gravée sur le portail bubastite à Karnak. Cette faible disponibilité de documents égyptiens s’explique par l’état “faible” général de l’Égypte à partir du 11ème siècle. L’attaque de Shishak en Palestine ne représente qu’une entreprise isolée. Pas un seul document administratif ne concerne les affaires extérieures, de sorte que l’absence du nom de Salomon dans les textes égyptiens n’est pas significative.

La visite de la reine de Saba au roi Salomon. Peinture à l’huile sur toile d’Edward Poynter, 1890.

La situation concernant Salomon n’est pas inhabituelle. De nombreux rois et événements anciens nous sont connus à partir de récits uniques, parfois contemporains, parfois postérieurs, et de nombreux autres rois et événements nous sont inconnus car ils ne sont pas documentés.

Le récit de Salomon se trouve dans 2 Samuel, le premier livre des rois et le deuxième livre des chroniques. Il s’agit de l’histoire d’Israël et de Juda depuis la mort de David jusqu’à la chute des deux royaumes. Notons qu’aucun autre peuple de l’ancien Proche-Orient ne nous a laissé une telle histoire narrative qui couvre plusieurs siècles, qui est écrite à la troisième personne et relate avec honnêteté tant les échecs des rois et de la nation que leurs victoires.

L’axiome suivant est plus que de mise sur Salomon : une absence de preuve n’est pas une preuve d’absence ! Là où la Bible peut être investiguée, nous trouvons des synchronismes historiques et cela devrait nous inviter à lui faire confiance sur les autres détails encore non validés par l’archéologie, qui par nature n’offre que des éléments très fragmentaires compte tenu de l’immensité du matériel qui n’a pas survécu. À notre grand désarroi, le matériel d’écriture courant en Israël était du papyrus périssable, de sorte qu’aucun document comparable aux tablettes cunéiformes n’est disponible.

Les Rois Israélites mentionnés en dehors de la Bible

La monarchie unie se sépare en deux : Jéroboam dirige Israël (en bleu) et Roboam dirige Juda

Dans notre cas de l’étude de l’historicité des rois Israélites, nous pouvons particulièrement faire confiance au texte biblique car beaucoup d’autres rois Israélites sont retrouvés sur des stèles ou dans des documents des nations alentours d’Israël.

Sur les 19 Rois d’Israël qui se sont succédés nous en retrouvons 8 en archéologie1 :

  1. Omri
  2. Achab
  3. Jéhu
  4. Joachaz
  5. Jéroboam
  6. Menahem
  7. Pékach
  8. Osée

Sur les 21 Rois de Juda (dont David pour la monarchie unifiée) qui se sont succédés nous en retrouvons 6 en archéologie2 :

  1. David
  2. Azaria
  3. Achaz
  4. Ézéchias
  5. Manassé
  6. Jojakin

Ces deux listings ne prennent pas en compte les autres figures bibliques de l’époque des monarchies qui sont mentionnées en dehors de la Bible mais qui ne sont pas listées ici du fait qu’ils n’ont pas été rois. Même chose pour les mentions des rois et officiels des nations alentours comme l’Égypte, Moab, l’Assyrie, Babylone etc…

Bien que Salomon ne soit pas mentionné en dehors de la Bible, son père David l’est et plusieurs de ses descendants le sont également. Cela tend à valider son historicité car plusieurs étapes bibliques avant et après lui sont attestés par des synchronismes historiques. Il est difficile de comprendre pourquoi David et Ézéchias seraient historiques et pas Salomon.

Le Roi David est en effet mentionné sur trois inscriptions écrites en 3 langues différentes et provenant de 3 pays différents.

Le Roi David a-t-il existé ? Qu’en dit l’Archéologie ?

Le Temple de Salomon a-t-il existé ?

Un croquis du Temple de Salomon, basé sur des descriptions dans bibliques.

Les Israélites, lorsqu’ils sont retournés de l’exile après l’an 538 av. J-C, ont reconstruit le Temple de Salomon à Jérusalem, lequel avait été détruit par les babyloniens. Plus tard Hérode l’a reconstruit entièrement. Son énorme extension de la plate-forme du Temple vers le sud a probablement éliminé toutes les parties survivantes du palais de Salomon qui avaient jouxté le Temple.

L’excavation à l’intérieur de l’enceinte sacrée est impossible et comme le substrat rocheux est près de la surface dans une grande partie de celle-ci, on s’attend à ne retrouver aucun élément substantiel du 10ème siècle av. J-C.

D’autres groupes de gens ont continué d’affecter le site : les romains, les chrétiens et les musulmans. Ces derniers ont érigés le Dôme du Rocher et la Mosquée. Or comme nous le savons : seule la phase finale d’occupation avant une destruction majeure ou une désertion laisse de riches gisements archéologiques.

La Bible est le seul endroit pour déterminer l’existence du Temple de Salomon et bien que pour certains cela est “peu”, c’est en réalité suffisant pour valider son historicité. La Bible offre une histoire complète de l’histoire d’Israël alors que par nature les écrits des autres nations sont fragmentaires.

Le Temple de Salomon est ancré dans la mémoire d’Israël, tout comme l’est l’Exode, on a donc dû mal à imaginer que tout cela ne soit pas basé sur une réalité historique.

Conclusion

Un rapide calcul révèle que seuls 16 des 113 rois qui ont régné au Levant entre 1000 et 600 avant JC, y compris les rois d’Israël et de Juda, sont connus de leurs propres inscriptions3, l’absence de Salomon n’est donc pas significative. Elle l’est encore moins quand nous tenons compte par exemple qu’il n’a pas encore été trouvé en Palestine un monument inscrit au nom du roi Hérode, qui a pourtant régné mille ans plus près de nous que Salomon.

La citation du Docteur archéologue, Scott Tripling, est parfaite pour clore cet article :

Après 150 ans d’archéologie en Israël, des centaines de synchronismes (liens) entre le matériel culturel et le texte biblique ont été établis. A ce stade, il faut plus de foi pour croire que la Bible n’est pas fiable et véridique que de croire qu’elle l’est4

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  1. Lire l’article “53 Bible people confirmed in Authentic Inscriptions” du site biblearcheology.org.
  2. Voir réf 1.
  3. https://biblearchaeology.org/research/chronological-categories/united-monarchy/2977-king-solomon-in-his-ancient-context.
  4. https://www.instagram.com/whatliesbeneath101/.

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces recherches afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques, le débat création/évolution et explorer les preuves historiques et archéologiques du judéo-christianisme.

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