Comment expliquer les grandes épaisseurs de sel dans un modèle créationniste?

Une objection pertinente mérite mieux qu’une réponse rapide. À la suite d’un échange avec un défenseur du modèle évolutionniste et de la chronologie géologique conventionnelle, une question très intéressante m’a été posée à propos de la tectonique catastrophique des plaques développée par le géophysicien créationniste John Baumgardner:

Comment expliquer, dans un cadre biblique rapide associé au Déluge, les immenses dépôts de sel observés sous la Méditerranée et dans plusieurs bassins continentaux, alors que l’interprétation géologique conventionnelle fait généralement intervenir de longues périodes d’évaporation ?

La question mérite d’être prise au sérieux. Un modèle géologique créationniste cohérent doit pouvoir expliquer non seulement l’existence d’énormes quantités de sel, mais aussi leur dépôt, leur transport éventuel, leur déformation et la formation de structures salifères parfois gigantesques.

Du côté évolutionniste l’équation « kilomètres de sel = centaines de milliers ou millions d’années » mérite aussi d’être examinée. En réalité la quantité de sel ne constitue pas une horloge. Tout dépend des mécanismes impliqués, des concentrations initiales, des flux de fluides, des températures, de la tectonique et des propriétés physiques du sel.

Il faut également garder à l’esprit qu’aucun modèle scientifique ne répond instantanément à toutes les questions imaginables. Tous comportent des mécanismes encore discutés, des zones d’incertitude et des problèmes qui restent à résoudre. Si on exige d’un modèle qu’il fournisse immédiatement une réponse complète à chacune des millions de questions qu’on puisse imaginer, aucun modèle scientifique ne pourrait être retenu. La vraie question est plutôt de savoir si le cadre proposé est cohérent avec un ensemble significatif d’observations et s’il permet de formuler des hypothèses qui pourront être testées.

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Les gigantesques dépôts de sel de la Méditerranée

Commençons par une précision importante, le modèle CPT (Catastrophic Plate Tectonics) de Baumgardner est avant tout un modèle géodynamique. Il cherche à expliquer comment une instabilité catastrophique du manteau a pu provoquer une subduction extrêmement rapide, le renouvellement d’une grande partie du plancher océanique et d’importants déplacements des plaques pendant le Déluge.

Il ne constitue pas un modèle détaillé de formation des évaporites. Pour expliquer les grands dépôts de sel, il faut lui associer des mécanismes géochimiques et sédimentologiques. Il faut également savoir ce que dit réellement le scénario conventionnel de la Méditerranée, celui-ci est plus complexe que certains le pensent.

La célèbre crise de salinité messinienne (conventionnellement située entre environ 5,97 et 5,33 millions d’années dans la chronologie évolutive) a produit d’énormes accumulations d’évaporites en Méditerranée. En réalité les recherches actuelles ne décrivent pas simplement une Méditerranée complètement fermée puis laissée à s’évaporer tranquillement pendant environ 600 000 ans.

Une synthèse publiée en 2024 dans Nature Reviews Earth & Environment souligne que la formation de ce « géant salifère » résulte d’une interaction complexe entre tectonique, restriction des échanges avec l’Atlantique, climat et variations du niveau marin.

Une étude publiée la même année dans Nature Communications propose notamment une phase principale de dépôt d’halite beaucoup plus courte que la durée totale de la crise. Une première phase aurait duré environ 35 000 ans, suivie d’un abaissement très rapide du niveau marin pouvant se produire en moins de 10 000 ans. L’accumulation principale de l’halite serait ainsi concentrée sur environ 50 000 ans, elle n’est donc pas répartie uniformément sur 600 000 ans.

Bien entendu, 50 000 ans restent très éloignés de la chronologie biblique (de moins de 10 000 ans) mais ce résultat est néanmoins instructif car l’immense quantité de sel n’impose pas en elle-même des centaines de milliers d’années de précipitation continue. La durée calculée dépend fortement du mécanisme envisagé et notamment de l’approvisionnement du bassin en eau et en ions.

Faut-il nécessairement faire évaporer une mer entière?

C’est ici que plusieurs propositions créationnistes deviennent intéressantes.

John D. Morris reconnaissait lui-même que les épaisses formations salines constituaient un problème encore insuffisamment étudié dans les modèles du Déluge. Il évoquait néanmoins la possibilité qu’une circulation hydrothermale particulièrement intense ait produit des eaux très chargées en éléments dissous, susceptibles de précipiter rapidement lorsque les conditions de température, de pression ou de composition changeaient.

Pointe ici une différence fondamentale car il ne s’agit plus forcément de demander « comment faire évaporer plusieurs kilomètres d’eau de mer en quelques mois ? » mais plutôt de se questionner de la manière suivante:

« Comment produire et faire précipiter rapidement d’immenses volumes de saumures déjà fortement concentrées ? »

Le problème physique est donc présenté différemment.

Dans plusieurs modèles créationnistes, les « fontaines du grand abîme » de Genèse 7:11 ne désignent pas seulement une source d’eau pour le Déluge, mais le déclenchement d’une immense activité tectonique et hydrothermale. La fracturation de la croûte aurait permis la remontée simultanée d’eau surchauffée, de saumures riches en éléments dissous et de matériaux magmatiques. Dans ce contexte, certains auteurs comme John Morris ont proposé que des saumures très concentrées aient pu précipiter rapidement de grandes quantités de sel en rencontrant les eaux plus froides de l’océan. D’autres, comme Heerema et van Heugten (nous allons le voir), envisagent une origine encore plus directe, sous forme de liquides salins très chauds ou de “magma salin”. Ainsi, les grands dépôts de sel pourraient être liés non à une longue période calme d’évaporation, mais à la phase tectonique extrêmement énergétique correspondant à la rupture des « fontaines du grand abîme ».

Une première piste : serpentinites et saumures très concentrées

Une piste intéressante a été discutée en 2021 par Jacob Blom dans le Journal of Creation. Fait assez inhabituel, Blom n’est pas créationniste (bien qu’il ait publié dans une revue créationniste), mais il a accepté de confronter certaines hypothèses créationnistes aux données géologiques.

Blom défend une origine principalement sédimentaire et à relativement basse température des grandes formations salines plutôt qu’une origine magmatique. Il souligne néanmoins que l’évaporation solaire d’une eau de mer ordinaire ne constitue pas forcément le seul moyen de produire de grandes quantités de sel.

Il attire notamment l’attention sur la serpentinisation.

La serpentinisation est une réaction au cours de laquelle de l’eau pénètre profondément dans certaines roches riches en magnésium et en fer du manteau supérieur. Cette réaction transforme ces roches et modifie la composition des fluides qui y circulent.

Le mécanisme envisagé peut être résumé simplement :

1. Circulation de l’eau dans la lithosphère océanique

L’eau de mer pénètre dans les fractures du plancher océanique et circule en profondeur.

2. Serpentinisation et concentration des fluides

L’eau réagit avec les roches et sa composition chimique change. Certains fluides peuvent devenir extrêmement riches en éléments dissous, notamment en sodium et en chlorures.

3. Subduction de la lithosphère

Lorsqu’une plaque océanique plonge sous une autre plaque, elle entraîne avec elle ces roches hydratées et les fluides qu’elles contiennent.

4. Libération de saumures concentrées

Avec l’augmentation de la pression et de la température, certaines roches se déshydratent et libèrent des fluides particulièrement salés.

5. Remontée vers des bassins

Ces saumures peuvent ensuite circuler dans les fractures et remonter vers des bassins sédimentaires.

6. Refroidissement et modifications chimiques

En remontant, elles rencontrent de nouvelles conditions de température, de pression et de composition.

7. Précipitation du sel

Lorsque le fluide devient sursaturé, il ne peut plus conserver tous les sels en solution et ceux-ci commencent à cristalliser.

8. Évaporation éventuelle

Une évaporation supplémentaire peut encore concentrer une saumure déjà très salée et accentuer la précipitation.

L’intérêt de cette hypothèse pour le modèle de Baumgardner est notable. Dans la tectonique actuelle, la subduction est généralement mesurée en centimètres par an. Dans le scénario CPT, elle aurait temporairement été accélérée pendant le Déluge.

Si la subduction mobilise de l’eau et des saumures, une augmentation considérable du volume de lithosphère subduite par unité de temps pourrait également produire des flux de fluides beaucoup plus importants.

La question devient quantitative:

Les volumes de saumures ainsi produits peuvent-ils suffire à générer les gigantesques formations salines observées ?

Le problème des diapirs de sel

Une seconde difficulté concerne les diapirs salifères.

Un diapir est une grande masse de sel enfouie qui remonte à travers les couches qui la recouvrent. Le sel possède une propriété remarquable, en effet sous certaines conditions, il peut se déformer de manière ductile et s’écouler comme un matériau extrêmement visqueux.

Comme il est souvent moins dense que les sédiments environnants, une couche de sel profondément enfouie peut se déformer et former des dômes ou des colonnes pouvant atteindre plusieurs kilomètres de hauteur.

La question est de savoir combien de temps faut-il pour produire de telles structures ?

Blom montre dans un calcul simplifié que la réponse dépend énormément de la viscosité attribuée au sel.

Avec une couche de sel de 1 000 mètres d’épaisseur et une viscosité de 10¹⁸ Pa·s, son modèle produit environ 500 mètres de remontée en un million d’années.

Avec une viscosité mille fois plus faible, soit 10¹⁵ Pa·s, la même remontée est obtenue en approximativement 1 000 ans.

Cette valeur de viscosité basse n’est pas purement théorique, Blom indique qu’elle se situe dans la gamme observée pour certains glaciers de sel.

Blom démontre quelque chose d’important:

Une structure salifère ne constitue pas une horloge indépendante. Avec exactement le même modèle géométrique, modifier une propriété physique du sel peut déjà changer la durée calculée d’un facteur 1 000.

Trois ordres de grandeur disparaissent donc simplement en modifiant la viscosité du matériau.

Dans les conditions beaucoup plus extrêmes envisagées par la tectonique catastrophique, avec des températures élevées, une présence importante d’eau, de fortes contraintes tectoniques et une activité géologique intense, peut-il être légitime d’étudier jusqu’où ces vitesses pourraient encore être augmentées?

Certains créationnistes pensent que cette approche ne va pas assez loin.

Les objections de Heerema, van Heugten, Clarey et Tomkins

Stef Heerema et Gert-Jan van Heugten contestent directement le modèle de Blom.

Ils reconnaissent que le sel solide peut fluer mais ils considèrent que les expériences de fluage et les observations réalisées dans les mines n’expliquent pas suffisamment les déplacements beaucoup plus importants observés dans certaines provinces salifères.

Certaines masses de sel semblent en effet avoir migré sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres.

Ils soulignent également qu’augmenter toujours davantage les contraintes ne permet pas nécessairement de faire « couler » indéfiniment plus vite le sel solide. À partir d’un certain point, celui-ci peut se fracturer plutôt que continuer à se déformer ductilement.

Autre difficulté, les formations salifères ne sont pas constituées uniquement de halite, relativement ductile. Elles peuvent contenir d’importantes quantités d’anhydrite, un sulfate de calcium beaucoup plus rigide.

Ces auteurs contestent aussi la serpentinisation comme solution suffisante.

Dans un article publié en 2022, Timothy Clarey, Jeffrey Tomkins, Stef Heerema et Gert-Jan van Heugten reconnaissent que la serpentinisation peut effectivement produire des saumures concentrées, ils estiment toutefois que les quantités de roche et d’eau nécessaires deviennent gigantesques lorsqu’on tente d’expliquer les plus grands dépôts de sel.

Ils soulignent également que les vitesses connues de serpentinisation paraissent beaucoup trop faibles pour une chronologie biblique et posent la question de la remontée de saumures particulièrement denses jusqu’au fond marin.

Les chercheurs créationnistes acceptent que des processus hydrothermaux et de serpentinisation puissent produire ou concentrer du sel mais ces derniers ne suffiraient pas à eux seuls pour expliquer simultanément le volume des grandes formations salines et leur déplacement rapide.

C’est pourquoi Heerema et van Heugten proposent une solution beaucoup plus efficace.

L’hypothèse du « magma salin »

Selon eux, certaines grandes formations de sel pourraient avoir été mises en place alors que le sel était encore liquide. Ils parlent alors de « magma salin ».

Le terme peut prêter à confusion car il ne s’agit pas de lave volcanique ordinaire. Le terme désigne un mélange de sels porté à une température suffisamment élevée pour être fondu. Cette différence d’état physique change complètement le problème.

Un sel solide possède une viscosité extrêmement élevée. En revanche, le NaCl fondu peut présenter une viscosité du même ordre de grandeur que celle de l’eau. Un tel liquide pourrait donc théoriquement se déplacer très rapidement.

Heerema et van Heugten insistent notamment sur certaines structures dans lesquelles le sel et les couches sédimentaires environnantes semblent avoir subi une déformation simultanée.

Selon eux, il est difficile d’obtenir une telle géométrie si le sel solide avait lentement traversé des kilomètres de roches déjà consolidées. Ils envisagent plutôt une situation dans laquelle le sel était encore liquide et les sédiments environnants étaient encore meubles, saturés d’eau et fluidisés.

Les deux matériaux auraient alors pu se déplacer simultanément.

Le mécanisme peut être visualisé comme une sorte de lampe à lave, un liquide moins dense situé sous un matériau plus dense peut devenir instable et remonter sous forme de colonnes ou de dômes. En physique, ce phénomène est appelé une instabilité de Rayleigh-Taylor.

Dans cette hypothèse, les diapirs pourraient donc se développer très rapidement, non pas parce que du sel solide se déplacerait plus vite mais parce que le déplacement aurait commencé lorsque le sel était encore liquide.

Les auteurs appliquent également cette idée aux mouvements horizontaux considérables de certaines nappes salifères.

Les auteurs créationnistes ne retiennent pas un modèle simple avec les saumures hydrothermales

Premièrement, une saumure chaude peut effectivement précipiter rapidement du sel mais une fois ce sel solidifié, il reste encore à expliquer comment il aurait pu se déplacer sur plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres.

Deuxièmement, une eau hydrothermale traversant plusieurs kilomètres de boues saturées d’eau devrait normalement se mélanger à ces sédiments et incorporer beaucoup de matériaux étrangers au dépôt.

Heerema et van Heugten pensent qu’un magma salin pourrait mieux conserver son identité.

Lorsqu’un liquide salin très chaud entrerait en contact avec une boue beaucoup plus froide et gorgée d’eau, sa périphérie pourrait se solidifier rapidement et former une croûte isolante, tandis que son cœur resterait liquide suffisamment longtemps pour poursuivre son déplacement.

Le modèle cherche ainsi à expliquer simultanément :

  • la mise en place rapide de grandes quantités de sel ;
  • les migrations horizontales considérables ;
  • la formation rapide de diapirs ;
  • et la déformation simultanée du sel et des sédiments environnants.

Une hypothèse spectaculaire, mais encore à démontrer

Le modèle du magma salin possède donc un avantage évident dans un cadre catastrophique car il transforme un matériau extrêmement lent lorsqu’il est solide en un liquide potentiellement très mobile.

Cette hypothèse soulève elle-même des questions importantes. Il faut notamment expliquer :

  • l’origine de ces gigantesques volumes de sels fondus ;
  • les températures nécessaires à leur formation ;
  • les traces thermiques qu’ils devraient laisser dans les sédiments environnants ;
  • la présence de certains minéraux et structures évoquant une précipitation dans l’eau ;
  • la conservation de matière organique dans certaines formations salines ;
  • et la transition entre le sel liquide et les formations aujourd’hui observées.

Blom insiste précisément sur plusieurs de ces difficultés et continue à privilégier une origine sédimentaire à basse température. Nous avons donc ici un véritable débat au sein de la littérature créationniste.

D’un côté :

Blom : saumures concentrées + précipitation rapide + déformation ultérieure du sel solide.

De l’autre :

Heerema, van Heugten et, dans certains travaux, Clarey : une partie des grandes structures pourrait nécessiter un sel initialement liquide et une mise en place catastrophique parmi des sédiments encore meubles.

Ces deux propositions ne résolvent pas encore toutes les difficultés mais leur confrontation est justement intéressante, elle oblige à rechercher les mécanismes capables d’expliquer simultanément la chimie du sel, les volumes observés, les textures microscopiques et les gigantesques déplacements des structures salifères.

Les grands dépôts salins constituent donc encore un véritable défi de modélisation pour la géologie créationniste.

Reconnaître ces questions ne revient cependant pas à admettre que la seule solution possible nécessite automatiquement des centaines de milliers ou des millions d’années.

  • Une saumure déjà fortement concentrée ne se comporte pas comme une eau de mer ordinaire.
  • Un sel chaud, humide et soumis à de fortes contraintes ne se comporte pas comme un sel froid et sec.
  • Un sel fondu ne possède pas la viscosité d’une masse de halite solide.
  • Et une lithosphère entrant rapidement en subduction ne produirait pas nécessairement les mêmes flux de fluides qu’une lithosphère descendant de quelques centimètres par an.

Les kilomètres de sel restent donc une question sérieuse pour le modèle créationniste, ils constituent surtout une invitation à approfondir et tester les mécanismes proposés plutôt qu’une démonstration automatique de millions d’années.

Conclusion

Pour beaucoup le modèle d’évaporation standard est la réponse toute faite et il n’y aurait aucun modèle créationniste du sel qui puisse expliquer les épaisseurs de sel. Un nombre croissant de géologues conventionnels s’opposent à ce scénario d’une dessiccation lente alimentée par l’énergie solaire. Et ce, pour de bonnes raisons. Scribano et al. concluent que « le modèle des évaporites explique difficilement les dépôts de sel des grands fonds marins. » Ils énumèrent par exemple les difficultés liées au dépôt séquentiel et aux proportions relatives des différents types de sel.

Les chercheurs créationnistes cités dans cet article pensent qu’une origine ignée primaire est probablement responsable de la majorité des couches salifères, tout en reconnaissant que ce magma salin pourrait lui-même avoir provoqué secondairement des dépôts hydrothermaux.

Les formations salifères du monde entier sont généralement recouvertes de sédiments que ces auteurs interprètent comme ayant une origine catastrophique et aquatique.

Si le magma salin et la boue se sont réellement entremêlés simultanément, alors l’éruption du sel et la catastrophe aqueuse mondiale doivent avoir eu lieu au même moment. Ce processus aurait nécessairement été rapide, car il semble peu probable qu’un magma ait pu rester suffisamment isolé thermiquement pour demeurer liquide pendant des années.

Dans le cadre biblique adopté par les auteurs, l’alliance de Genèse 9 exclut l’existence de plusieurs catastrophes aquatiques mondiales. Ils en concluent donc que le Déluge de Noé correspondrait à l’événement capable d’expliquer ces observations, plus particulièrement pendant la phase de montée des eaux.

D’autres observations soutiennent cette conclusion. Des combustibles fossiles sont fréquemment trouvés au-dessous et au-dessus des structures salifères et le Déluge pourrait expliquer l’enfouissement rapide de matière organique, tandis que la chaleur du magma salin pourrait expliquer sa transformation rapide en pétrole et en gaz.

Tous les éléments chimiques nécessaires à la formation des sels courants sont disponibles dans le magma du volcan Ol Doinyo Lengai en Tanzanie:

  • NaCl ;
  • CaSO₄ ;
  • CaCO₃ ;
  • KCl ;
  • MgCl₂ ;

Par exemple, la sodalite, Na₈Al₆Si₆O₂₄Cl₂, qui contient du sodium et du chlore, peut précipiter à partir de son magma.

Ce volcan est situé le long du système du Grand Rift, qui s’étend de la Syrie jusqu’à la vallée du Jourdain, la mer Rouge et la Corne de l’Afrique.

Plusieurs importantes formations salifères sont également situées le long de ce système de rift, notamment la formation de la mer Morte, qui atteint environ 10 km d’épaisseur.

Les observations suggèrent que la couverture sédimentaire et le sel ont tous deux bougé simultanément avec un comportement de type fluide. Heerema, van Heugten concluent que le sel devait être liquide lorsqu’il est remonté à travers une couverture elle-même fluidisée. Le volume, l’étendue et la faible teneur en eau des grandes couches de sel constituent des arguments en faveur d’une origine ignée primaire.

L’idée d’un énorme volume de magma salin s’entremêlant avec des sédiments saturés d’eau entre directement en conflit avec les principes uniformitaristes. Les auteurs concluent qu’un événement de haute énergie et de courte durée, tel que le Déluge de Noé, serait responsable du dépôt de magmas salins entremêlés avec plusieurs kilomètres de boues aqueuses.

Tim Clarey déclare de son côté:

Ces dépôts de sel sont liés au Déluge. Toutefois, personne ne dispose d’un modèle avéré expliquant leur formation, car un tel phénomène ne se produit pas de nos jours. Les évolutionnistes qui soutiennent qu’ils résultent de l’évaporation de multiples océans sur une période d’un million d’années se heurtent cependant à un problème majeur : ces sels sont généralement très purs. Or, l’évaporation de l’eau de mer ne produirait pas un sel d’une telle pureté ; elle laisserait également derrière elle de nombreux autres minéraux. De plus, certaines de ces couches de sel atteignent 1 500 mètres d’épaisseur et s’étendent sur la moitié du golfe du Mexique.

Aucun des deux camps ne possède de modèle satisfaisant pour expliquer ces formations, puisqu’aucun phénomène comparable ne s’observe aujourd’hui ; pourtant, ces épaisses couches de sel sont fréquentes dans les archives géologiques. À mon avis, elles ont jailli des profondeurs de la Terre lorsque les « sources » ont fait irruption, essentiellement aux endroits où se formait une nouvelle croûte océanique.

Les fontaines du grand abîme de Genèse 7:11 sont le lien entre Baumgardner, Morris, Clarey et les modèles salifères. Baumgardner fournit le mécanisme tectonique global ; lui, Clarey et d’autres associent le début de ce rifting et l’origine des dorsales océaniques aux fontaines ; Morris propose des saumures hydrothermales ; Heerema et van Heugten poussent l’hypothèse jusqu’au magma salin. Ce sont des mécanismes différents, mais ils s’inscrivent tous dans le même événement catastrophique proposé pour Genèse 7:11.

L’an six cent de la vie de Noé, le second mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là toutes les sources du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s’ouvrirent.


Sources et références

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