Quelles sont les différences entre la Septante et le Texte Massorétique ?


L’une des premières différences est le nombre de livre dans chacun des textes. Le texte massorétique contient 39 livres alors que la Septante en contient 62. Les livres supplémentaires de la Septante ne sont toutefois pas tous inclus dans nos bibles modernes (comme la TOB).

Textes présents dans le MT et la LXXTextes supplémentaires dans la LXX
Le pentateuque1 Esdras
JosuéTobit
JugesJudith
Ruth1 Maccabées
1 et 2 Samuel2 Maccabées
1 et 2 Rois3 Maccabées
1 et 2 ChroniquesPsaumes 151
EsdrasPrière de Manassé
NéhémieSagesse
EstherSiracide
JobBaruch
PsaumesLettre de Jérémie
ProverbesPsaumes de Salomon
Ecclesiastes4 Maccabées
Cantique des cantiquesSuppléments à Daniel
Esaïe
Jérémie
Lamentations
Ezéchiel
Daniel
Osée
Joël
Amos
Abdias
Jonas
Michée
Nahoum
Habaquq
Sophonie
Aggée
Zacharie
Malachie

Il faut toutefois apporter une précision. Les 3 codexs de la Septante (Vaticanus, Sinaiticus, Alexandrinus) dont nous disposons ont été écrits au moins 500 après la Septante originale en 280 avant J-C et ces 3 codexs sont d’origines chrétiennes et non juives. Ils ne nous renseignent donc pas sur le canon juif en 280 av.J-C1.

1 Esdras

La première addition que nous trouvons dans la Septante (LXX) est 1 Esdras qui contient :

  • 2 Chroniques 35-36
  • Esdras 1-10
  • Néhémie 7:73-8:12
  • 1 Esdras 3 :1-5:6

La dernière référence comprend 2 chapitres additionnels sur Zorobabel. Ces chapitres expliquent comment ce dernier a été l’un des 3 gardes du corps du roi Darius et comment ces 3 gardes ont participé à une compétition entre eux. Le roi Darius déclara Zorobabel vainqueur et l’envoya en Judée pour devenir gouverneur.

Ces évènements se sont produit entre Mars et Avril de l’année 520 avant JC et seraient donc placés entre Esdras 1 et 2.

Le Livre de Tobit

Ensuite nous trouvons le livre de Tobit. L’histoire se déroule aux alentours de 680 avant JC, environ 70 ans après Jonas. Il s’agit d’une famille qui a été emmenée en exile par les assyriens et qui a vécu dans la capitale Ninive.

Les personnages principaux dans ce récit sont Tobit, son fils Tobias qui effectue un long voyage, un ange appelé Raphaël qui le guide, et Sarah la femme de Tobias. Il s’agit du seul travail juif provenant des 10 tribus nordistes d’Israël.

Le livre de Tobit était tenu en haute estime par les premiers chrétiens, ils s’y sont plusieurs fois réferrés. Le premier chrétien a l’avoir cité est Polycarpe, un étudiant de l’apôtre Jean qui a cité deux passages dans sa lettre aux philippiens.

Le Livre de Judith

Il y a ensuite le livre de Judith. Le livre raconte l’histoire de cette femme non mariée qui durant une époque de guerre entra dans le camp ennemi et coupa la tête d’un général de Nébuchadnezzar. Cet évènement s’est produit durant le règne assyrien, babylonien ou perse ce qui rend presque impossible la datation. Les personnes mentionnées dans ce livre sont de véritables personnes qui ont vécu quelque part dans une fenêtre de 150 ans.

En réalité les premiers mots du livre présentent un problème chronologique car il est question de Nébuchadnezzar, qui dans sa 12ème année de règne, régnait sur les assyriens dans la grande cité de Ninive alors que ce dernier qui avait pris la capitale des assyriens régnait en fait à Babylone.

Le début du livre pourrait donc suggérer qu’il s’agit d’un travail de fiction. 7 chrétiens primitifs ont au moins considéré Judith comme un bon exemple d’une femme pieuse mais le livre de Judith n’a jamais été cité par eux.

1 Maccabées

Il y a ensuite 1 Maccabées qui couvre la révolte juive contre les grecs entre les années 170 et 134 avant JC. Il raconte comment le roi grec séleucide, Antiochos IV est venu à Jérusalem et à profaner le temple.

Une famille lévite s’est ensuite soulevée et a mené le peuple à travers une révolte quasi-miraculeuse contre l’armée grecque supérieure.

Le livre est nommé en fonction du nom d’un des membres de la famille, Judas Maccabeus. Après que les juifs réussirent leur révolte, le temple fut à nouveau dédié. Cet évènement est familier puisque ce jour de fête est célébré chaque année et est appelé Hanoucca. Jésus célébrait cet évènement comme cela est consigné dans Jean 10 : 22.

Au moins 6 chrétiens se sont référrés à 1 Maccabées. Ils les ont souvent cités avec d’autres livres des écritures. Ils percevaient probablement ce livre comme un livre historique. Judas Maccabeus et sa famille, connus sous le nom de Dynastie Hasmonéenne ont régné jusqu’à qu’ils furent conquis par Hérode le Grand aux alentours de 35 avant JC.

Un passage dans Zacharie 13 : 2-6 indiquait qu’il n’y allait plus avoir de prophètes et que leur temps serait révolu. Nous trouvons également trois fois dans le livre des Maccabées que les juifs de cette époque ne savaient pas quoi faire parce qu’il n’y avait plus de prophètes en Israël.

Par exemple quand ils reconstruisaient l’autel les juifs de l’époque maccabéenne ne savaient pas quoi faire avec les pierres de l’ancien autel parce qu’il n’y avait pas de prophète pour le leur dire.

Cela est très intéressant à noter parce qu’en 1526, l’Église Catholique, au Concile de Trent, à déclarer les livres deutérocanoniques comme faisant partie du canon, alors mêmes que ces livres ne revendiquent pas être inspirés.

Philon d’Alexandrie (20 av.J-C à 45 ap.J-C) ne cite ni ne commente les apocryphes (livres deutérocanoniques). Le Nouveau Testament non plus ne les cite pas, même si quelques éléments peuvent faire l’objet de liens ou de comparaisons (voir plus bas).

2 Maccabées

2 Maccabées est similaire à 1 Maccabées. Il décrit également les évènements de Judas et des grecs et couvre la période 185-160 avant JC. Le livre commence avant 1 Maccabées et donne plus d’informations sur la persécution sous Antiochos IV. L’auteur indique que ce livre est un résumé des 5 volumes de Jason de Cyrène, lequel était peut être grec et un juif héllénistique. 4 auteurs chrétiens se réfèrent à 2 Maccabées et il est cité plus souvent que le 1er, particulièrement les chapitres 6 et 7.

Ces chapitres parlent de martyrs juifs qui sont volontairement morts de morts horribles durant le génocide de 167 avant JC. Éliézer était l’un d’entre eux et les autres étaient 7 frères et leur mère.

Les premiers chrétiens, à savoir Cyprien ont perçu leurs martyrs et leur engagement inébranlable envers Dieu comme de véritables exemples de foi car les chrétiens faisaient également face à de terribles persécutions de la part des romains.

3 Maccabées

Il y a aussi 3 Maccabées. Ce livre est une sorte de préquelle aux 2 autres livres. Il décrit les persécutions des juifs sous Ptolémée 4 Philopatôr, son génocide des juifs et comment Dieu a divinement déjoué son plan.

Contrairement à 1 et 2 Maccabées les premiers chrétiens ne se sont jamais référrés à ce livre. Mais dans la constitution apostolique, livre 8, qui est un ouvrage post-Nicène, il est dit que le canon biblique devrait contenir 3 livres des Maccabées.

Il est préférable de lire ces 3 livres en commençant par le 3ème, puisque celui-ci est le premier chronologiquement.

Le Psaume 151

Il y a encore le Psaume 151 long de 7 versets et qui a pour sujet le combat singulier de David contre Goliath.

La Prière de Manassé

Il y a aussi la Prière de Manassé. Ce livre d’un chapite est la prière de Manassé après qu’il s’est repenti de ses horribles péchés qui sont consignés dans 2 Chroniques 33 : 1-16. Cette prière est généralement placée après 2 Chroniques 36 en dernier chapitre.

La prière est citée dans la constitution apostolique, livre 2 qui date de 200 après JC.

Le Livre de la Sagesse

Il y a ensuite le livre de la sagesse, qui est généralement daté du 1er siècle avant JC, et dont le style est poétique et prophétique. Selon le Fragment de Muratori écrit en 170 après JC ce livre a été écrit par les amis de Salomon en son honneur. C’est pourquoi le livre est souvent appelé Sagesse de Salomon. Les premiers chrétiens ont tenu en haute estime ce livre.

Il est cité une fois par Clément de Rome qui a été un étudiant de Paul et de Pierre. Le livre a beaucoup de passages qui trouvent un écho dans le nouveau testament. Il y a par exemple l’imagerie utilisée par Paul quand il parle de l’armure de Dieu. Ce livre semble en plus contenir des prophéties messianiques qui sont accomplies dans le NT.

Sagesse 8 : 10-11

Grâce à elle (la sagesse), me disais-je, j’aurais de la gloire auprès des foules et, bien que jeune, je jouirai de la considération des vieillards. On me trouvera pénétrant dans l’exercice de la justice et les princes, devant moi, seront émerveillés.

Nous voyons le parallèle de cette prophétie dans Luc 2 : 41-52.

Le passage suivant est également éloquent :

Sagesse 2 : 17-20

Voyons si ces paroles sont vraies et vérifions comment il finira. Si le juste est Fils de Dieu, alors celui-ci viendra à son secours et l’arrachera aux mains de ses adversaires.

Mettons-le à l’épreuve par l’outrage et la torture pour juger de sa sérénité et apprécier son endurance. Condamnons le à une mort honteuse, puisque selon ses dires, une intervention divine aura lieu en sa faveur.

Le livre du Siracide

Il y a ensuite le livre du Siracide, il a été écrit par Jésus Ben Sira, un enseignant juif à Jérusalem aux alentours de 195 avant JC. En 132 avant JC, son petit-fils l’a traduit en grec et l’a ajouté à la Septante.

Le style du livre ressemble à celui du livres des Proverbes. De nombreux enseignements de ce livre se retrouvent dans le Nouveau Testament. Il semble même que le Sermon de Jésus sur la montagne comporte plusieurs des enseignements de ce livre.

Par exemple :

Siracide 7 : 6

Ne cherche pas à devenir Juge…..

Matthieu 7 : 1

Ne jugez point….

Siracide 7 : 14

Ne bavarde point dans l’assemblée des anciens, ne répète pas tes paroles dans ta prière.

Matthieu 6 : 7

En priant ne multipliez pas de vaines paroles…..

Siracide 27 : 6

Le fruit de l’arbre révèle comment on l’a cultivé….

Matthieu 7 : 18, 20

Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits.

C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez

Il y a plein de parallèle entre le Siracide et le NT. Je conseille personnellement de le lire. Il ne faut pas pour autant le considérer comme scriptural ou faisant partie du premier canon.

En effet quand on lit le préface écrit par le petit-fils, il mentionne 3 fois, la loi, les prophètes et les autres écritures. Il avait donc un corps défini d’Écritures inspirées dans son esprit, et le travail de son grand-père n’était pas inclus dans le canon.

Le Livre de Baruch

Il y a ensuite le Livre de Baruch, écrit par Baruch, le servant de Jérémie. Le livre place Baruch à Babylone environ 5 ans après la captivité en 582 avant JC. Cela signifierait que 5 ans après la destruction de Jérusalem, Jérémie et Baruch sont partis en Égypte mais Baruch est parti à Babylone peu de temps après.

La première partie du Livre de Baruch est à propos de la prière de Baruch pour les juifs de Jérusalem. Il y a des éléments qui posent question dans la première partie du livre. De manière intéressante, les premiers chrétiens n’ont pas cité la première partie du livre mais seulement la deuxième.

La deuxième partie se lit différemment, comme si l’auteur était un prophète écrivant dans le style des Proverbes ou de Job. Ceci explique pourquoi au moins 6 écrivains chrétiens primitifs ont cité la deuxième partie. Ils ont attribué cette 2ème partie à soit Jérémie, un prophète, la Parole de Dieu ou les Écritures. Il n’y a qu’une citation de la constitution apostolique, livre 5 qui attribue ce livre à Baruch lui même.

Enfin il y a au moins une connexion intéréssante entre le NT et Baruch.

Baruch 4 : 7

car vous avez exaspéré votre Créateur en sacrifiant à des démons et non à Dieu.

1 Corinthiens 10 : 20
Je dis que ce qu’on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et non à Dieu; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons.

La Lettre de Jérémie

Il y a aussi la lettre de Jérémie (590 avant JC). Le début se lit ainsi :

Copie de la lettre que Jérémie envoya à ceux qui allaient être emmenés prisonniers à Babylone par le roi des Babyloniens, pour leur annoncer ce que Dieu leur avait prescrit.

Origène indique que la lettre était le dernier chapitre de Lamentations et qu’il s’agit d’un livre canonique des hébreux. La lettre comporte un seul chapitre et représente une satire contre l’idolatrie.

Les Psaumes de Salomon

Il y a ensuite les Psaumes de Salomon. Ces 18 psaumes ne font partie d’aucun canon officiel aujourd’hui mais ils ont été trouvés dans la Septante et dans la Peshitta araméenne. L’auteur est inconnu. Ils sont appelés les Psaumes de Salomon parce que le psaume 17 de ce livre est très similaire au psaume 72 dans le Livres des Psaumes qui est attribué à Salomon.

4 Maccabées

Enfin il y a 4 Maccabées, lequel ne fait également partie d’aucun canon officiel. Il a été écrit entre 160 avant JC et 70 après JC. Ce livre philosophique est à propos de la grandeur de la raison sur l’émotion.

Les additions notables de livres bibliques dans la LXX

Maintenant regardons les livres bibliques qui ont des additions notables dans la Septante. Origène dit :

Dans la Genèse les mots “Dieu vit que c’était bonquand le firmament a été créé ne sont pas trouvés dans l’Hébreu. Et il y a un grand débat entre eux (les juifs) à propos de cela2”.

Quand on regarde effectivement dans nos bibles, le 2nd jour est effectivement le seul jour où on ne trouve pas cette mention particulière. C’est pourtant le cas dans la Septante grecque.

Addition dans le livre d’Esther

Il y a également le Livre d’Esther qui comporte nombre d’éléments supplémentaires. Il contient le décret complet d’Haman et de Mardochée dans lequel ils écrivent à l’Empire Perse concernant le meurtre licite et la légitime défense des juifs. De manière significative, au contraire du MT, qui ne mentionne pas Dieu une seule fois, la Septante le mentionne plusieurs fois.

Origène écrit :

Du livre d’Esther, ni la prière de Mardochée ni celle d’Esther, toutes deux propres à édifier le lecteur, ne se trouvent dans l’hébreu. Pas plus que ne le sont les lettres : Celle écrite à Aman sur l’enracinement de la nation juive, ni celle de Mardochée au nom d’Artaxerses délivrant la nation juive de la mort3.

Ces deux prières donnent un aperçu de leur saintes personnalités.

Des additions dans Job

Il y a également des additions dans Job. Origène écrit :

A travers le livre de Job, il y a plusieurs passages dans l’Hébreu qui sont manquantes dans nos copies, en général 4 ou 5 versets mais parfois jusqu’à 14, 19 ou 16.

A la fin du livre, le traducteur a ajouté beaucoup d’information à propos de Job et sa famille ce qui donne une plage de temps sur l’époque où Job a vécu. De part les noms donnés, Job serait la 5ème génération depuis Abraham et un descendant d’Esaü. Job serait la même personne que Yobab dans Genèse 36 : 33.

Additions dans le Livre de Daniel

Le Livre de Daniel comporte également du matériel supplémentaire. 3 ouvrages supplémentaires s’y trouvent : l’histoire de Susanne, la prière d’Azaryah et le cantique des trois jeunes gens et Bel et le Dragon.

  1. La première histoire est celle de Susanne qui subit un chantage de la part de deux anciens. Daniel vint à sa défense et les anciens sont éxécutés. Cela explique probablement pourquoi Daniel est devenu honoré des juifs et a été emmené à la cour des babyloniens.
  2. La deuxième histoire est la prière d’Azaryah, aussi appelé Abednego, réalisée lorsque les trois jeunes gens étaient dans la fournaise ardente.
  3. La troisième partie est une collection de trois histoires de Daniel quand il était ministre du roi perse Cyrus. La deuxième de ces 3 histoires raconte la lutte de Daniel contre l’idolatrie perse et ses prêtres. La troisième histoire est soit le récit de Daniel dans la fosse aux lions où il s’agit d’un évènement au cours duquel Cyrus a jeté Daniel dans une autre fosse aux lions dans laquelle Dieu a transporté Habaquq pour servir Daniel.

Julius Africanus a écrit une lettre à Origène indiquant qu’il pensait que l’histoire de Susanne était un faux. Origène lui a répondit ceci :

En réponse à cela, Je dois vous dire ce qu’est notre devoir, dans les cas non seulement de l’histoire de Susanne, qui est trouvée dans toutes les églises de Christ dans cette copie grecque que les grecs utilisent, mais qui n’est pas trouvée en hébreu, ou dans les deux autres passages que vous mentionnez à la fin du livre contenant l’histoire de Bel et du Dragon, qui également ne sont pas dans la copie hébreu de Daniel.

Mais il y a aussi des milliers d’autres passages que j’ai trouvé dans plusieurs endroits quand j’examinais les copies hébraïques avec les notres avec ma faible force….

Des exemplaires en ma possession dont j’ai donné les lectures, l’un suit les soixante-dix (Septante) et l’autre Théodotion *.

L’histoire de Susanna que vous appelez un faux se trouve dans les deux, ainsi que les passages à la fin de Daniel4.

*Theodotion a traduit les écritures hébraïques en grec en 150 après JC pour tenter de remplacer la Septante.

La numérotation des psaumes

Les psaumes ont également une numérotation différente dans le MT et la LXX.

Texte massorétique
Les psaumes (chapitre)
Texte de la Septante
Les psaumes (chapitre)
1 à 91 à 9
10 à 1110
12 à 14611 à 145
147146 à 147
148 – 150148 – 150
151

Différences dans le Livre de Jérémie

La version LXX de Jérémie est 1/10ème plus courte et l’ordre des évènements est très différent.

Le texte plus clair de Samuel dans la LXX

L’une des plus fascinantes différences se trouve juste après que David ait tué Goliath. Saul avait engagé David comme son porteur d’armes et joueur de harpe (1 Sam 16 :14-23). Ici Saul apprend que le père de David est Isaï.

Au camp où Goliath raillait les Israélites, David demanda à Saul s’il pouvait le combattre (1 Sam 17 : 31-37). Saul essaya ensuite de revêtir David de son armure mais celle-ci ne lui convenait pas (1 Sam 17 : 38-40).

Malgré tous ces informations claires, une quinzaine de verset plus tard, avant le combat, Saul demande étrangement à son général qui est David (1 Sam 17 : 55-56).

Après le combat, Saul demande encore plus étrangement à David qui est son père (1 Sam 17 : 57-58).

Le problème est le suivant :

Comment donc se fait-il que Saul ne reconnaisse pas qui est son porteur d’armes et joueur de harpes ?

Pourquoi Saul demanderait il à ses généraux qui est David alors qu’il venait d’avoir une conversation avec lui à propos du combat ?

Et pourquoi demanderait-il à David l’identité de son père alors qu’il le savait déjà dans le chapitre 16 ?

Le passage d’1 Samuel 17 : 55-58 est un passage très confus présent dans la version massorétique mais pas dans la version LXX, qui dès lors ne présente aucune confusion.

Confusion de chiffres pour Achazia

Il y a également une confusion de chiffre dans 2 Chroniques 22 : 2 à propos de l’âge d’Achazia au début de son règne. Alors que MT présente un âge de 42 ans, la LXX propose un âge de 20 ans.

Comme 2 Chroniques 21 : 20 indique que le père d’Achazia est mort à 40 ans, son fils ne pouvait pas avoir 42 ans au début de son règne.

La version LXX implique que le père d’Achazia avait 20 ans quand il a eu Achazia, 20 ans plus tard il mourut, et laisse la place à son fils de 20 ans. Mais pour être tout à fait honnête, il est possible que les deux textes soient imparfaits sur ce sujet précis car 2 Rois 8 : 26 indique qu’Achazia avait 22 ans lorsqu’il a commencé à régner, ce qui signifierait que le père d’Achazia avait 18 ans quand il a eu son fils.

Nous avons certainement à faire ici à une erreur de copie.

Les citations de l’ancien testament dans le nouveau testament

Il y a bien des citations dans le NT qui démontrent que le texte suivi était celui de la Septante ou au moins un texte hébreu identique à la Septante.

20% des citations du NT sont identiques aussi bien dans le MT que dans la LXX et parmi les 80% qui diffèrent, 90% suivent la LXX et 10% le MT. Les notes de bas page dans les bibles modernes indiquent ces variantes et utilisent parfois l’abréviation LXX.

Nous allons voir 7 exemples :

Luc 4 : 18.

L’Esprit du Seigneur est sur moi car il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres.

Il m’a envoyé pour annoncer aux captifs la délivrance,
aux aveugles le recouvrement de la vue, pour apporter la liberté aux opprimés et proclamer une année de faveur accordée par le Seigneur.

Jésus reprend le verset “aux aveugles le recouvrement de la vue” d’Esaïe 61 : 1-2. Hélas le MT ne dispose pas de ce verset dans le passage d’Esaïe, alors que la LXX le détient.

Esaïe 61 : 1 (Septante Pierre Giguet)

L’Esprit du Seigneur est sur moi ; c’est pourquoi il m’a consacré de son onction ; il m’a envoyé pour évangéliser les pauvres, guérir les coeurs contrits, annoncer aux captifs la délivrance, et aux aveugles la vue.

Hébreux 10 : 5

C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit: Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, Mais tu m’as formé un corps;

Ce passage se réfère au Psaumes 40 : 6. Le MT se lit comme suit :

Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, Tu m’as ouvert les oreilles

Ici également la prophétie complète est présente dans la LXX5. Dans le MT “mais tu m’as formé un corps” n’est pas présent.

Dans Galates 3 : 13, Paul cite ce passage du Deutéronome :

Galates 3 : 13

Maudit est quiconque est pendu au bois

Ce verset fait référence à Jésus au bois de la croix. Si vous retrouvez la citation complète de Paul dans votre Bible dans Deutéronome 21 : 23, cela signifie que les traducteurs ont favorisé la version LXX ou celle de Paul, car la version massorétique n’a pas les mots “au bois”. Ici également la version LXX dispose du verset complet. Voici en premier la version MT et en deuxième la version LXX :

Deutéronome 21 : 23

…..car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu (version MT Louis Segond)

Deutéronome 21 : 23

car tout homme pendu à une potence est maudit de Dieu (version LXX Pierre Giguet)

Bien que non citée dans NT, un passage populaire de l’AT qui prophétise la crucifixion de Jésus se trouve dans le Psaumes 22. Alors que le Psaume 22 comporte toujours de fortes prophéties dans la version MT, il y a un peu plus de contenu dans la version LXX. Psaumes 22 : 16 (LXX) se lit comme suit :

Psaumes 22 : 16

Une multitude de chiens m’ont entouré; la synagogue des pervers m’assiège, ils m’ont percé les mains et les pieds.

(Septante traduite par Pierre Giguet)

Cette prophétie sur la crucifixion est si forte qu’elle est citée de manière similaire dans la plupart des bibles basées sur le MT, les traducteurs utilisent la version LXX car le MT se lit différemment à la base, il n’y a pas le passage “ils m’ont percé….”.

Un autre passage est aussi à analyser – Psaumes 22 : 20 il se lit comme suit dans le MT :

Psaumes 22 : 20

Protège mon âme contre le glaive, Ma vie contre le pouvoir des chiens!

Dans la version LXX le verset est plus évocateur :

Psaumes 22 : 20 (LXX)

Délivrez mon âme du glaive; délivrez de la griffe des chiens mon unique.

Ceci nous renvoie au célèbre Jean 3 : 16.

Jean 3 : 16

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

La formule grecque employée par Jean est exactement la même que celle utilisée 300 ans auparavant par les juifs alexandrins pour traduire les psaumes.

Il y a une divergence encore plus significative dans Esaïe 7 : 14 qui se lit comme suit selon le MT.

Esaïe 7 : 14

C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d’Emmanuel.

Ce passage est puissamment repris dans Matthieu 1 : 23, mais visiblement ce qui était annoncé était plus précis :

Matthieu 1 : 23

Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète:

Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.

Comme on le voit la version MT manque de fidélité, elle n’est en mesure que d’indiquer “jeune fille” au lieu de “vierge”. La LXX, quant à elle, présente le verset ainsi :

Esaïe 7 : 14

C’est pourquoi le Seigneur lui même vous donnera un signe. Voilà que la Vierge concevra dans son sein, et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom d’Emmanuel.

Les chrétiens critiquent parfois la traduction présente dans nos bibles modernes, car les traducteurs ne rendent pas le sens “Vierge”. Cela est dû au mot hébreu massorétique “almah” qui signifie jeune femme dans son sens général. Ce mot peut inclure le sens “vierge” mais il n’est pas spécifique. Le mot hébreu pour “Vierge” est “Bethulah” mais ce mot n’est pas trouvé dans la version MT.

Le mot grec dans la LXX est quant à lui très clair, il s’agit du mot “Parthenos” qui signifie “Vierge”, le mot exact utilisé par Matthieu.

La question est donc quel était le mot que les traducteurs juifs ont trouvé quand ils ont traduit la Bible de l’hébreu au grec en 280 BC. Hélas, nous ne le savons pas, mais si ces traducteurs étaient tombés sur le mot “almah” ils auraient procédé à une simple traduction “jeune femme”.

Le fait qu’il l’ait traduit par “vierge” indique qu’ils sont allés dans le sens incroyable d’une vierge qui conçoit et pour cela ils ont dû tomber sur le mot adéquat “Bethulah”. Il y a aussi la possibilité qu’ils aient considéré que le mot “almah” devait être rendu par “vierge” dans ce contexte.

Un autre exemple frappant se produit dans Hébreux 1: 6.

Hébreux 1 : 6

Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit: Que tous les anges de Dieu l’adorent!

Ce passage fait référence à Deutéronome 32 : 43, mais on y trouve pas la citation dans la version MT que voici :

Deutéronome 32 : 43

Nations, chantez les louanges de son peuple! Car l’Éternel venge le sang de ses serviteurs, Il se venge de ses adversaires, Et il fait l’expiation pour son pays, pour son peuple.

La version LXX est encore fidèle sur ce verset :

Deutéronome 32 : 43

Réjouissez-vous, cieux, avec son peuple ; que tous les anges de Dieu se prosternent devant lui. Réjouissez vous, nations, avec son peuple, et que tous les fils de Dieu se fortifient en lui, parce que le sans de ses fils a été vengé……

Ces variations du MT sont-ils des coïncidences ?

Ces changements dans le MT ne sont probablement pas que des coïncidences ou des erreurs de copie accidentelles.

On raconte que les juifs ont eu une réunion (le concil de jamnia) en 90 après JC pour répondre à la diffusion puissante du christianisme. Ces derniers voyaient comment les chrétiens prouvaient à partir des Écritures la divinité et la messianité de Jésus. Les juifs ont alors commencé à critiqué la LXX alors même qu’elle était acceptée depuis 300 ans.

Les manuscrits hébreux à l’époque comportait plusieurs différences entre eux et ils ont laissé les bons manuscrits mourir tandis qu’ils conservaient les manuscrits qui minimisaient les prophéties sur Jésus. Les juifs ont très bien pu altérer certains manuscrits et il est vrai qu’ils ont abandonné la LXX à cause du christianisme.

Il n’y a pas de preuves que le Concile de Jamnia ait été un vrai Concile mais le rejet soudain des juifs de la Septante est si révélateur qu’au 2ème siècle les juifs ont présenté 3 nouvelles traductions de l’AT. Ils ont été traduits par Theodotion, Aquila de Sinope et Symmanchus.

Alors que le temps passait, la tradition juive de copier la LXX grecque fut perdue en faveur de ces autres traductions qui étaient différentes.

Irénée de Lyon (130-202) dit ceci :

Parmi ceux qui prétendent maintenant exposer les Écritures, «Voici, une jeune femme concevra et enfantera un fils», comme interprété par Théodotion l’Éphésien et Aquilas de Pont, tous deux prosélytes juifs …

Mais (la Septante) fut interprétée en grec par les juifs eux-mêmes, bien avant la période de la venue de notre Seigneur.

(Les Juifs) ont indiqué cette interprétation de ces mots (c’est-à-dire en traduisant par «vierge»). En effet, s’ils avaient eu connaissance de notre existence future …, ils n’auraient eux-mêmes jamais hésité à brûler leurs propres Écritures (c’est-à-dire des copies de la Septante)6.

Il ne faut pas conclure que la LXX est toujours supérieure au MT. Il y a des cas où le MT est supérieur. Les deux textes s’entraident et sont nécessaires.

Les réformateurs et la LXX

Lors de la réforme au 16ème siècle, les réformateurs se sont épris du texte massorétique puisque celui-ci était en possession des juifs et qu’il était en hébreu.

En effet il apparaissait sage d’en revenir à l’hébreu. Les réformateurs n’ont hélas pas reconnu la valeur de la Septante alors même que les premiers chrétiens l’utilisaient massivement et que le NT s’accordait davantage avec la LXX qu’avec le MT. Ils n’ont pas pris en compte la plus grande ancienneté de la LXX et le fait notable qu’elle était acceptée par les juifs avant Jésus.

Ce sont donc les réformateurs qui ont entraîné la situation d’aujourd’hui avec le texte massorétique qui supplante la LXX. Il ne s’agit pas de dire que la LXX ne comporte aucune erreur, mais elle se révèle plus performante que le MT dans bien des cas et il faut le prendre en compte.

L’utilité de la Septante

Abegg et coll. résume la situation en disant :

“La Septante est importante pour plusieurs raisons.

Premièrement, presque tous les livres qu’elle contient ont été traduits d’une forme hébraïque ou araméenne antérieure. … Cela signifie que la Septante donne aux lecteurs une fenêtre sur une ancienne forme hébraïque de l’Ancien Testament qui est plus ancienne que l’époque de Jésus.

Deuxièmement, la Septante offre parfois des preuves frappantes de différentes formes anciennes de livres bibliques (par exemple, Jérémie est environ 13% plus court en grec que dans le texte massorétique) ainsi que différentes lectures anciennes dans des passages spécifiques

Troisièmement, parce que la Septante était la Bible du judaïsme hellénistique, elle offre des informations importantes sur la façon dont les Juifs de langue grecque utilisaient et comprenaient les Écritures.

Quatrièmement, puisque la Septante est citée dans le Nouveau Testament et était utilisée par les premiers auteurs chrétiens, elle constitue la Bible de l’Église primitive et aide à expliquer l’exégèse paléochrétienne des Écritures. … 7

Des témoignages historiques favorables à la Septante

De plus, au Ier siècle après JC, Josèphe et Philon ont également largement cité le texte ancien de la LXX. Cela indique que ce texte était d’usage courant dans l’ensemble de la communauté juive du Moyen-Orient au 1er siècle après JC.

Il est donc incontestable que l’ancienne LXX alexandrine existait et a été citée au 1er siècle avant JC et était d’usage courant au 1er siècle après JC, tout à fait indépendamment des preuves que nous avons dans le Nouveau Testament.

L’utilisation de l’ancienne Septante dans les discours savants ainsi que l’utilisation des anciennes chrono-généalogies jusqu’à l’époque du concile de Nicée en 325 après J.-C. offrent une preuve solide que c’était le texte utilisé par les premiers pères de l’Église. Ceci est encore corroboré par le fait qu’ils ont rejeté les généalogies plus récentes et plus courtes de Genèse 5 et 11 créées par les massorètes.

Alors que la chrono-généalogie massorétique date la création vers 4000 avant JC, l’ancienne LXX donne une date significativement plus ancienne de près de 5500 avant JC. Josèphe n’a pas seulement cité la LXX, comme Philon l’a également fait; il a également suivi spécifiquement les chrono-généalogies LXX.

D’autres pertes du MT notables

Il y a également des pertes, pas nécessairement liées au ministère du Messie, mais notables :

Le MT de 1 Samuel a sans aucun doute subi une corruption textuelle assez sévère, un fait universellement reconnu par les savants de diverses convictions.

Dans le MT, Saul monte sur le trône à l’âge de deux ans. (Josèphe conserve la bonne figure). La LXX a conservé une grande partie du texte qui avait été perdu dans le MT, et cela a été confirmé par des rouleaux de 1 Samuel trouvés parmi les manuscrits de la mer Morte.

Mais même avant la découverte des manuscrits de la Mer Morte, il était clair que le MT avait tort et que le LXX était correct dans ce cas.

Genèse 4: 8 dans la MT est un autre exemple, où la déclaration de Caïn, «Allons aux champs», a complètement été perdue dans le MT, mais est conservée dans la LXX, SP et d’autres témoins.

Ces exemples sont mentionnés pour illustrer que chaque situation textuelle doit être évaluée selon ses propres mérites et que le MT est parfois erroné.

Une grande majorité du texte original et inspiré a été préservée dans la tradition textuelle MT, mais dans des cas individuels, le texte original a été conservé ailleurs.

Genèse 4 : 8 (Louis Segond MT)

Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua.

Genèse 4 : 8 (Pierre Giguet LXX)

Et Caïn dit à Abel son frère : Allons aux champs. Et voilà que comme ils étaient aux champs, Caïn se leva contre son frère Abel et le tua.

Ce présent article a proposé plusieurs cas où la LXX est supérieure au MT, parce que cette version est souvent mise de côté, mais la LXX n’est pas toujours supérieure. Le Professeur Peter Gentry indique :

Les différences entre la LXX et les autres témoins du texte qui sont de véritables variantes textuelles doivent donc être évaluées au cas par cas, et il ne faut préférer ni la LXX ni le MT8.

À première vue, de nombreuses différences existent entre la Septante et le MT. La plupart d’entre- elles résultent de différences entre les langues source et cible en tant que codes de communication, de corruption dans la transmission textuelle de la version grecque et de variantes qui sont dues au traducteur et non véritablement textuelles9.

Lorsque ces différences sont éliminées, la première donnée de l’étude comparative est le haut niveau d’accord entre le MT et le texte parent présumé de la LXX.

Dans une recherche sur le texte du psautier grec, Gilles Dorival a conclu que la majorité des différences entre elle et le MT sont traductionnelles et non textuelles10.

Les citations des pères apostoliques

Voici quelques citations avant le concile de Nicée (325 après JC).

Car les apôtres, comme ils sont de date plus ancienne que tous ces «hérétiques» sont d’accord avec cette traduction. Et la traduction s’harmonise avec la tradition des apôtres.

Car Pierre, Jean, Matthieu, Paul et les autres, successivement, ainsi que leurs disciples, expliquèrent toutes les prophéties de la même manière que l’interprétation contenu dans les «soixante-dix11».

En ce qui concerne le pourquoi du comment il y a moins de contenu dans le texte hébreu, Origène dit que les juifs ont supprimé ces passages additionnels car ils en disaient long sur eux12. Il pensait que c’était folie de la part des chrétiens d’aller demander des copies de l’AT aux juifs alors même que les apôtres utilisaient la LXX. Origène écrivit ce qui suit sarcastiquement.

En effet ! Lorsque nous remarquons de telles choses (différences), nous rejetons immédiatement comme fausses les copies en usage dans nos Églises, nous ordonnons à la confrérie de ranger les livres sacrés actuellement utilisés parmi eux, et nous amadouons et persuadons les Juifs de nous donner des copies qui seront (certainement) inaltéré et exempt de contrefaçon!

La LXX apparaît être un texte plus fiable que le MT, ce n’est pas nécessairement le cas pour toutes les différences mais cela démontre qu’il faut prendre en considération les deux textes.

Voici ce que déclare le professeur Peter Gentry13 :

La plupart des académiciens conviennent que le Pentateuque a été traduit en Égypte au troisième siècle avant JC, peut-être vers 280, selon le témoignage des premiers pères de l’Église.

Les livres des sections Prophètes et Écritures du Canon hébreu ont été traduits plus tard, la plupart d’entre eux en 130 av.J-C. Des révisions systématiques et approfondies ont été apportées à partir de 200 av.J-C.–200 ap.J-C.

Plusieurs raisons rendent l’étude de la Septante importante :

(1) Elle fournit un témoignage textuel extrêmement ancien des Écritures hébraïques;

(2) elle nous fournit une compréhension extrêmement ancienne de la grammaire hébraïque et des significations des mots qui nous sont autrement inconnues;

(3) elle nous fournit essentiellement le premier commentaire sur le texte hébreu (puisque toute traduction implique une interprétation);

(4) elle sert de témoin clé à la pensée et à la vision du monde du judaïsme du Second Temple (c. 450 avant J.-C. à 70 après J.-C.), car elle a été produite pendant la période intertestamentaire;

(5) c’est la clé pour comprendre le grec du NT, car elle était très souvent utilisée par les apôtres et par l’église primitive;

(6) elle peut éclairer les débats sur la traduction actuelle.

Voici ci-dessous un autre article sur la chronologie biblique qui montre que la LXX est plus fiable dans les généalogies de Genèse 5 et 11. Ceci a son pesant d’or pour ensuite identifier les évènements bibliques en fonction du registre archéologique et notamment de la chronologie égyptienne qui précède la date biblique du déluge dans le texte massorétique alors qu’elle est cohérente avec la chronologie de la LXX.

Même le cas de Mathusalem qui dans la LXX meurt 14 ans après le déluge (ce qui est impossible) trouve une réponse satisfaisante, puisque certaines copies de la LXX indiquent qu’il est mort 6 ans avant le déluge (il avait 187 ans quand il a engendré Lémec plutôt que 167 ans) . Il y a juste eu une erreur de copie à ce sujet.

Titus Kennedy, auteur de “Unearthing the Bible” rapporte ceci dans son chapitre dédié au rouleau d’Esaïe (Manuscrits de la Mer Morte).

Ces rouleaux hébreux, dont certains datent d’environ 300 avant JC, sont extrêmement importants car ils contiennent des copies de la Bible hébraïque de 1100 ans (ou plus) plus vieux que le texte massorétique, et pourtant démontrent la tradition de copie précise et fiable de la Bible et la préservation des Écritures, car ces rouleaux sont identiques à environ 95% dans la plupart des livres avec les copies de texte massorétique hébreu beaucoup plus tardives.

Dans les quelques variations textuelles significatives, les manuscrits de la mer Morte correspondent souvent à la Septante plus qu’au texte massorétique, et certains passages du texte massorétique semblent avoir été intentionnellement modifiés pour correspondre aux idées et à la théologie du judaïsme médiéval14.

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Voici un site où vous pouvez acquérir en PDF les différents livres bibliques de la LXX et les livres des pères anté-nicéens (premiers chrétiens des premiers siècles après JC).

http://cigales-eloquentes.over-blog.com/article-la-bible-des-septante-en-traduction-fran-aise-73214976.html

https://www.biblestudytools.com/history/early-church-fathers/ante-nicene/

Références :

  1. Conférence du Dr.Peter GentryOpens in a new tab..
  2. Origen. AD 235. ANF, vol 4, page 387.
  3. Origen. AD 235. ANF, vol 4, page 387..
  4. Origen. AD 235. ANF, vol 4, page 386..
  5. https://biblehub.com/interlinear/apostolic/psalms/40.htm.
  6. Irénée de Lyon. 180 ap.JC. ANF, vol 1, page 451..
  7. M. Abegg, P. Flint, and E. Ulrich, The Dead Sea Scrolls Bible, T & T Clark Ltd., Scotland, 1999, p. xiii.
  8. JETS 52/1 (March 2009) 19–45 page 33.
  9. Tov reconnaît volontiers les deux points, voir E. Tov, «The Contribution of the Qumran Scrolls to the Understanding of the Septuagint», dans The Greek and Hebrew Bible: Collected Essays on the Septuagint (éd. E. Tov; Leiden: Brill, 1999 ) 285–300..
  10. 00-Text_JETS52-1
    Gilles Dorival, “Septante et Texte Massorétique: Le Cas des Psaumes,” in Congress Volume: Basel 2001 (VTSup 92; ed. A. Lemaire; Leiden: Brill, 2002) 139–61..
  11. Irénée de Lyon. 180 ap.JC. ANF, vol 1, page 452.
  12. Origène. 235 ap.JC. ANF, vol 4, pg 388-389..
  13. https://www.thegospelcoalition.org/blogs/justin-taylor/interview-with-peter-gentry-on/.
  14. Unearthing the Bible – Titus Kennedy – 74ème artefact.

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces centaines d'heures de recherche afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques et le débat création/évolution.

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