La Terre est elle Ronde ou Plate selon la Bible ? Et le Firmament est il un dôme solide ?


La première ligne d’Ésaïe 40 : 22 se lit comme suit :

C’est lui qui est assis au-dessus du cercle de la terre, Et ceux qui l’habitent sont comme des sauterelles; Il étend les cieux comme une étoffe légère, Il les déploie comme une tente, pour en faire sa demeure.

Il faut saisir que la Bible, quand elle parle de phénomène scientifique, le fait souvent en terme poétique. Les versets qui ont trait à la science ne raisonnent pas en termes scientifiques comme on les connaît aujourd’hui.

Il est important de noter cela avant d’étudier la sphéricité de la terre dans la Bible, car plusieurs chrétiens en sont venus à affirmer haut et fort que la Bible enseigne une terre plate, reposant sur des fondations et avec une voûte céleste fermée dans le ciel.

A noter cependant que le mouvement de la terre plate est dirigé par un évolutionniste qui croit que la terre est vieille de milliards d’années (flat earth society). Il ne s’agit donc pas d’un sujet spécifiquement religieux mais plutôt d’origine complotiste.

Les créationnistes remettent en question l’histoire évolutive et uniformitariste de la terre, parce qu’il s’agit de science historique. Dans le cas de la sphéricité de la terre, il s’agit de science d’observation, opérationnelle, expérimentale.

Bien évidemment les complotistes ont tendance à voir des mensonges partout, au point où ils considèrent par exemple que toutes les photos de la terre dans l’espace sont des reconstructions frauduleuses, alors même qu’il y a de vrais photos satellites et des témoignages d’astronautes (et bien évidemment d’autres preuves plus techniques).

Un langage symbolique à ne pas prendre au premier degré

Voici un exemple :

Job 26 : 11

Les colonnes du ciel s’ébranlent, Et s’étonnent à sa menace.

Il ne s’agit pas de considérer de vrais « colonnes » ou que le ciel, comme une personne, soit véritablement « étonnée ». Nous avons ici un langage symbolique.

Il y a plein de verset comme celui-ci :

Job 37 : 18

Peux-tu comme lui étendre les cieux, Aussi solides qu’un miroir de fonte?

Job 38 : 32

Fais-tu paraître en leur temps les signes du zodiaque, Et conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits?

Nous voyons bien ici qu’il s’agit d’un langage symbolique. Dieu ne conduit pas la Grande Ourse comme on imaginerait un pilote conduire un bolide. C’est une image qui montre que Dieu a établi toute chose. Le langage utilisé est un langage poétique et non technique.

Aussi les cieux qui apparaissent solides comme un miroir de fonte ne signifie pas que le ciel est littéralement solide. Il s’agit plutôt de témoigner de la robustesse, de la stabilité de la conception du seigneur. Nous en reparlerons plus bas.

Job 4 : 8

Où étais-tu quand je fondais la terre? Dis-le, si tu as de l’intelligence. Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu? Ou qui a étendu sur elle le cordeau? Sur quoi ses bases sont-elles appuyées? Ou qui en a posé la pierre angulaire,

Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d’allégresse, Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie? Qui a fermé la mer avec des portes, Quand elle s’élança du sein maternel;

Idem ici, quand Dieu parle du cordeau, des bases, de la pierre angulaire etc… il s’agit d’explications imagées.

Dieu n’a pas « littéralement » fermé la mer avec des portes, bien que le territoire de celle-ci fut calculée par Dieu pour qu’il y ait la terre émergée.

Ces explications enseignent que Dieu a établi toute chose de manière robuste et fonctionnel, toutefois les mots utilisés ne traduisent pas le véritable processus de création, ils traduisent un sens : Dieu a tout conçu.

Les détails imagés ne doivent pas être appréciés littéralement.

Les étoiles du matin n’ont pas « littéralement » éclaté en chants d’allégresse. Tout ceci signifie juste que les étoiles étaient belles et établies majestueusement dans le ciel.

Quand le verset dit : Sur quoi ses bases sont-elles appuyées? la question est rhétorique, cela ne veut pas dire que l’auteur pensait que la terre reposait littéralement sur des bases qui elles mêmes s’appuiyaient sur quelque chose, on s’attend justement, avec le principe rhétorique, que la terre ne soit appuyé sur rien, d’où la difficulté pour Job de répondre.

Effectivement c’est dans Job 26 : 7 que nous comprenons pourquoi Job se trouvait bien dans la panade pour expliquer sur quelles bases la terre repose :

Il étend le septentrion sur le vide, Il suspend la terre sur le néant.

Le texte biblique ne peut pas parler successivement de bases “littérales” et d’une suspension sur le néant en même temps.

Tous ces versets poétiques (qui renferment certes des éléments scientifiques) sont utilisés par certains chrétiens, hélas, pour indiquer que dans l’esprit des auteurs bibliques, la terre était plate, reposait sur des fondations physiques et qu’une voûte céleste fermée était dans le ciel.

Voyons le cas des « quatres coins de la terre ».

Esaïe 11:12

Il élèvera une bannière pour les nations, Il rassemblera les exilés d’Israël, Et il recueillera les dispersés de Juda, Des quatre extrémités de la terre.

Ici aussi il ne peut s’agir que d’une expression, encore utilisée aujourd’hui d’ailleurs. Le texte biblique ne peut pas tantôt parler du « cercle de la terre » (Esaïe 40 : 22) et tantôt de « 4 extrémités ». C’est incompatible. Même chose pour le verset ci-dessous :

Esaïe 41 : 8-9

Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, Race d’Abraham que j’ai aimé! Toi, que j’ai pris aux extrémités de la terre, Et que j’ai appelé d’une contrée lointaine, A qui j’ai dit: Tu es mon serviteur, Je te choisis, et ne te rejette point!

Dieu n’a pas littéralement pris Abraham des extrémités de la terre, puisque ce dernier était en mésopotamie, au centre du monde antique.

Les « extrémités » en question ne signifie pas une terre plate, il ne s’agit que d’une expression que nous connaissons d’ailleurs bien aujourd’hui.

Les chrétiens partisans de l’évolution théiste ont tendance à interpréter les passages littéraux comme les premiers chapitres de la genèse « symboliquement » et ensuite à interpréter les passages symboliques « littéralement ».

Le livre de Job est à certains endroits très poétique, certes des vérités profondes sont transmises, mais non par des explications littérales mais figurées.

La Terre est elle ronde ou plate selon la Bible?

Maintenant reprenons le verset d’Esaïe 40 : 22

C’est lui qui est assis au-dessus du cercle de la terre, Et ceux qui l’habitent sont comme des sauterelles; Il étend les cieux comme une étoffe légère, Il les déploie comme une tente, pour en faire sa demeure.

Ce verset comporte aussi des éléments imagés. Dieu n’est pas littéralement assis au dessus de la terre. Les sauterelles, l’étoffe légère, la tente, ne représentent que des images.

Ce qui importe véritablement pour notre étude c’est la partie « le cercle de la terre ».

Certains soutiennent que l’Écriture enseigne que la terre est un disque plat, plutôt qu’un globe.

Cependant, même si l’hébreu original est correctement compris comme faisant référence à un cercle, cela n’indique pas nécessairement quelque chose de plat; une sphère apparaît comme un cercle lorsqu’elle est vue de dessus et en fait de n’importe quelle direction.

La lune apparaît comme un cercle quand elle est pleine. On ne distingue pas la 3ème dimension à l’oeil nu. Cette simple observation a pu permettre à l’auteur du livre d’Esaïe ou de Job de concevoir la terre de la même manière, comme un cercle.

De plus, il y a de bonnes raisons de croire que le mot traduit par «cercle» pourrait être mieux traduit par le mot d’origine grec : «sphère».

Il faut aussi comprendre que la gamme de mot disponible était mince à l’époque de l’Ancien Testament.

Le mot khûg – cercle

Le mot hébreu en question est khûg (חוּג) qui se trouve également dans Job 22 :14 où, dans de nombreuses versions de la Bible, il est rendu par le mot «voûte», qui traduit un objet tridimensionnel.

Job 22 : 14

Les nuées l’enveloppent, et il ne voit rien; Il ne parcourt que la voûte des cieux.

La signification principale de khûg dans le célèbre léxique hébreu Brown-Driver-Briggs est bel et bien « voûte »1.

La voûte traduit une structure en forme d’arche (ou courbée). Ainsi quand il est question du cercle de la terre, il se pourrait que c’eut été la manière à l’époque de parler de la sphéricité de la terre.

La notion de cercle ou de voûte permet d’autoriser une perception “ronde” de la terre.

La traduction de Khûg par sphère dans l’histoire

En hébreu moderne, une sphère est désignée par les mots khûg, kaddur, galgal et mazzal2.

En arabe (une autre langue sémitique), kura signifie balle et est le mot utilisé dans la Bible arabe Van Dyck-Boustani (1865) pour traduire khûg dans Ésaïe 40:22.

Diverses bibles latines du XVIe siècle indiquent que les érudits médiévaux comprenaient que le mot khûg dans Ésaïe 40:22 faisait référence à la sphéricité de la terre.

Par exemple, Santes Pagnino a traduit ce mot par « sphaera », et Benedictus Arias Montanus et François Vatable par « globus ».

La Bible Giovanni Diodati du XVIIe siècle utilisait également le mot « globus » et l’hébreu néerlandais Campeius Vitringa du XVIIIe siècle utilisait « orbis »3.

Plus récemment, la Bible espagnole de Jérusalem utilise «orb» et la Bible italienne Riveduta «globo».

Alors que la plupart des versions bibliques modernes traduisent khûg par «cercle», on peut affirmer que «sphère» était probablement le sens voulu par l’hébreu original.

Historiquement, les chercheurs ont souvent adopté ce point de vue, préférant les mots latins sphaera, globus et orbis.

La terre suspendue dans le néant

La préférence récente pour le «cercle» peut provenir de la croyance que les gens vivant à l’époque d’Isaïe étaient trop primitifs pour réaliser la vraie nature de la terre.

Cela semble peu probable toutefois. Le livre de Job probablement écrit plusieurs siècles auparavant, déclarait que Dieu “suspend la terre sur le néant”, indiquant que les anciens Hébreux avaient une compréhension assez poussée en cosmologie.

Job 26 : 7

Il étend le septentrion sur le vide, Il suspend la terre sur le néant.

Sur ce passage, certains argumenteront que le verbe « תֹּ֥לֶה – toleh – accrocher, suspendre » fait référence à l’accrochage d’un objet à un mur, un arbre ou autre, indiquant par là que l’auteur du livre de Job, indiquait que la terre soit suspendue par ou sur quelque chose, un peu comme dans l’exemple suivant :

Ezechiel 27 : 10

Ceux de Perse, de Lud et de Puth, servaient dans ton armée, C’étaient des hommes de guerre; Ils suspendaient chez toi le bouclier et le casque, Ils te donnaient de la splendeur.

Pourtant le verset de Job 26 : 7 comprend aussi le mot בְּלִי־ (be·li-) qui signifie “vide”.

Le verset produit successivement les trois mots suivants :

תֹּ֥לֶה – toleh (suspendre) – אֶ֝֗רֶץ eretz (terre) – בְּלִי־ ) beli (vide).

Le mot suspendre ne produit pas le sens du verset tout seul, il y a le mot vide qui indique la terre est (suspendue) dans le vide et non sur une quelconque fondation physique.

Il est donc irrecevable de présenter Job 26 : 7 comme présentant une terre accrochée à quelque chose dans l’esprit de l’auteur, et cela même si le mot “suspendre” est utilisé par ailleurs pour indiquer un accrochage sur quelque chose.

La voûte céleste (firmament) biblique est elle un dôme solide ?

Si nous comprenons que les auteurs de l’Ancien Testament savait que la terre était suspendue dans le néant, alors il est fort probable qu’ils savaient aussi que les étoiles, la lune, le soleil étaient également suspendus dans le néant et non “scellés” sur la voûte ou le firmament. Nous allons voir pourquoi cela est important.

Le mot rāqîa dans la Bible, rendu par firmament en français est souvent perçu par les critiques de la Bible (y comprit par des chrétiens partisans de l’évolution) comme une sorte de toit solide dans le ciel, ce qui éventuellement traduirait une compréhension menue de la part des auteurs, et pour ma part si c’était le cas, à une contradiction avec le concept de l’inspiration divine.

La tentative de “démontrer” que les auteurs de l’ancien testament étaient “limités” contient un objectif sous-jacent : pouvoir réinterpréter librement le récit de la création dans la genèse afin d’y incorporer les millions d’années nécessaires à l’évolution, et aussi “localiser” ou “mythologiser” ou “paraboliser” le déluge de Noé (qui est traité en long et en large dans l’article : le déluge biblique de Noé a t’il eu lieu ?).

La Bible est cohérente envers elle même, elle ne l’est plus quand on lui intègre des éléments étrangers. Voyons le verset ci-dessous :

Genèse 1 : 17

Dieu les plaça (soleil et lune) dans l’étendue (rāqîa) du ciel, pour éclairer la terre

Le mot rāqîa ne peut pas désigner une voûte céleste solide sur laquelle Soleil et Lune seraient “scellés”, puisque nous avions vu que les auteurs bibliques savaient que la terre reposait dans le néant. Par extension, la même réalité s’applique au Soleil et à la Lune.

Le mot rāqîa fait soit référence au système solaire, soit indique seulement ce qui sépare la terre de ce qui est au-dessus, l’atmosphère et l’espace interstellaire.

Ceci paraît d’ailleurs renforcé par le verset ci-dessous :

Job 38 : 31-32

Noues-tu les liens des Pléiades, Ou détaches-tu les cordages de l’Orion? Fais-tu paraître en leur temps les signes du zodiaque, Et conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits?

La question est rhétorique, on s’attend donc par exemple, à ce qu’il soit très difficile de “conduire” la Grande Ourse.

En effet, la Grande Ourse est un soleil géant qui fonce à travers la voie lactée à une vitesse de 457 km/s, soit 1.6 millions de km/h. La Grande Ourse fait plusieurs milliers de fois la masse de notre soleil.

L’auteur de ce passage visiblement comprenait que les astres étaient en mouvement.

Des photographies de la pléiade révèlent que 250 soleils de ce groupe voyagent de concert à travers l’immensité de l’espace. Plus de 25 000 études ont été faites au sujet des pléiades et toutes ces études ont conduit à la conclusion que ces étoiles se dirigent vers le sud-est, liées ensemble, d’où le verset “noues tu les liens des pléiades?”4.

Aussi les étoiles qui composent la constellation d’Orion apparaissent comme 3 grosses lumières bleues alignées à nos yeux alors que dans quelques temps ces étoiles seront séparées par des kilomètres. Toutes les étoiles de cette constellation se dirigent vers des destinations différentes. C’est pourquoi le verset dit “détaches tu les cordages de l’Orion ?5

Si donc la Bible dit que le soleil et la lune sont dans le firmament (rāqîa) et que les planètes et étoiles étaient non seulement connus pour être dans le “vide” mais aussi pour être en mouvement (orion, pléiades, grande ourse, soleil), le firmament ne peut pas représenter une construction solide sur laquelle les astres seraient fixés.

La langue hébraïque n’avait à cette époque pas de mot pour le concept de gaz terrestres ou de particules spatiales, ni pour le concept d’un espace infini ou incommensurable, et la combinaison de mots utilisée dans la Genèse offrait le seul choix.

Nous le constatons avec la notion de “suspension dans le néant”. La terre ne tombe pas parce qu’elle est attirée vers le soleil qui la retient par la gravitation, autrement elle quitterait son orbite et irait tout droit.

Les auteurs antiques n’avaient pas encore ces connaissances. Dieu les a inspiré pour qu’ils décrivent “simplement” les phénomènes avec les mots et savoirs disponibles.

Un exemple également avec le mouvement du soleil qui est décrit de manière poétique :

Psaumes 19 : 5

Et le soleil, semblable à un époux qui sort de sa chambre, S’élance dans la carrière avec la joie d’un héros

Ce verset peut aussi bien s’apparenter au mouvement apparent du soleil (lever et coucher de soleil) qu’au véritable mouvement du soleil qui se déplace à 19,4 km/s.

Le Soleil et tout le système solaire orbitent autour du centre de la galaxie de la Voie lactée6.

La cohérence de la Bible avec la rotondité et la rotation de la terre

La sphéricité et la rotation de la terre sont des concepts qui peuvent être déduit dans la Bible.

La Bible déclare que le quatrième jour de la création, Dieu créa le soleil, la lune et les étoiles. Ces différents éléments sont placés dans le ciel comme signe des saisons, des jours et des années.

Genèse 1 : 14

Dieu dit: Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années;

Les notions de jour et nuit et des saisons sont directement liées à la rotation de la terre sur elle même, sa révolution autour du soleil et son inclinaison de 23 degrés.

Dans l’optique d’une terre plate plus rien ne fait sens. De la même manière, interpréter le texte comme indiquant le Soleil et la Lune “scellés” sur une voûte solide ne rendent pas justice à l’explication correcte du verset 14 (les luminaires ont pour but d’être des signes pour les époques, jours, années).

Dans le passage suivant de Luc, le retour de Jésus est annoncée dans la juste perspective d’une terre sphérique qui tournoie sur elle même. Ainsi à son retour, il est déclaré qu’il fera nuit pour certains et jour pour d’autres, ce qui ne correspond pas au modèle d’un monde plat et de “luminaires scellés”.

Luc 17 : 31-36

Il en sera de même le jour où le Fils de l’homme paraîtra.
En ce jour-là, que celui qui sera sur le toit, et qui aura ses effets dans la maison, ne descende pas pour les prendre; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas non plus en arrière.

Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit, l’une sera prise et l’autre laissée; de deux femmes qui moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée. De deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé.

Le monde était il considéré comme plat pendant le moyen-âge ?

L’historien Jeffrey Burton Russell (1934–) a complètement réfuté le mythe de la terre plate il y a presque 30 ans dans son étude “Inventing the Flat Earth”7.

Le célèbre évolutionniste Stephen Jay Gould (1941-2002) a favorablement évalué ce chef-d’œuvre:

“Il n’y a jamais eu de période de” terre plate des ténèbres “parmi les érudits (quelle que soit la façon dont le grand public a pu conceptualiser notre planète à l’époque et maintenant).

La connaissance grecque de la sphéricité ne s’est jamais estompée, et tous les grands spécialistes médiévaux ont accepté la rondeur de la terre comme un fait établi de la cosmologie. “

Russell a démontré que la croyance en une terre plate était extrêmement rare dans l’Église.

Les deux principaux partisans de la terre plate étaient d’obscurs personnages nommés Lactantius (c. 240 – c. 320) et Cosmas Indicopleustes (6ème siècle).

Cependant, ils ont été largement contrebalancés par des dizaines de milliers de théologiens, poètes, artistes, scientifiques et dirigeants chrétiens qui ont affirmé sans ambiguïté que la terre était ronde.

Russell documente des récits soutenant la sphéricité de la terre de nombreux érudits médiévaux tels que le frère Roger Bacon (1220-1292), inventeur des lunettes; d’éminents scientifiques médiévaux tels que John Buridan (1301–1358) et Nicholas Oresme (1320–1382); le moine Jean de Sacrobosco (c. 1195 – c. 1256) qui a écrit Traité sur la sphère, et bien d’autres.

L’un des partisans les plus connus d’une terre en forme de globe était le premier moine, théologien et historien anglais, le Vénérable Bede (673–735), qui a popularisé le système commun de datation BC / AD. Moins connu en tant qu’astronome, il était pourtant l’un des principaux de son temps.

Dans son livre Sur le calcul du temps (De temporum ratione), il a entre autres calculé la création du monde en 3952 avant JC, a montré comment calculer la date de Pâques et a explicitement enseigné que la terre était ronde. À partir de cela, il expliqua pourquoi la longueur des jours et des nuits changeait avec les saisons et comment les marées étaient entraînées par la lune.

Voici une citation de sa part, prenant en compte que l’homme a vécu entre le 7ème et 8ème siècle de notre ère :

«Nous appelons la terre « globe », non pas tant que la forme d’une sphère s’exprime dans la diversité des plaines et des montagnes, mais parce que, si toutes les choses sont incluses dans le contour, la circonférence de la terre représente la figure d’un globe parfait. …

En effet elle est un orbe placé au centre de l’univers; dans sa largeur elle est comme un cercle, non pas circulaire comme un bouclier mais plutôt comme une balle, et elle s’étend de son centre avec une parfaite rondeur de tous les côtés. “

Conclusion

Tout le monde est d’accord pour dire que khûg traduit le sens de la rondeur, et l’usage commun indique clairement que cela peut se référer à une géométrie à deux ou trois dimensions.

Aujourd’hui encore nous disons que la terre est ronde, alors qu’il serait peut être plus approprié de dire qu’elle est sphérique ou qu’elle est un globe.

La définition du mot “rond” est la suivanteOpens in a new tab. :

Dont la forme extérieure constitue (approximativement) un cercle. La Terre est ronde ; Figure circulaire : tracer un rond.

Le mot “cercle” à l’époque était tout à fait acceptable pour parler de la rondeur de la terre. Aujourd’hui certes nous pouvons mieux exprimer ce concept.

Par conséquent, on ne peut pas affirmer qu’Ésaïe 40 : 22 enseigne que la terre est un disque. La caractéristique “voûte” étant inhérente au mot khûg permette l’interprétation d’une terre sphérique.

Les traductions au cours de l’histoire semblent avoir tranché dans ce sens là.

De plus, même si khûg faisait référence à un cercle, cela n’indiquerait pas nécessairement la planéité, car un globe apparaît comme un cercle (cela ressort d’ailleurs de la description de Bede plus haut), quelque soit la direction dans laquelle il est vu.

Il y a du poétisme dans les déclarations « scientifiques » de la Bible, il faut faire attention à ne pas s’attacher plus au mot qu’à l’esprit du texte. Aussi il n’y avait pas une palette de mots aussi variés qu’aujourd’hui pour décrire les phénomènes astronomiques.

En tout cas, les auteurs bibliques savaient que les objets célestes reposaient dans le vide et se déplaçaient. Le “cercle” de la terre permet en plus de favoriser une perception “ronde” et “sphérique”.


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Références :

  1. Brown, F. et al., Brown-Driver-Briggs Hebrew and English Lexicon: With an Appendix Containing the Biblical Aramaic, Hendrikson Publishers, USA, p. 295, reprinted January 1999 from the 1906 edition; biblehub.com/hebrew/2329.htm.
  2. Ben-Yehuda, E. and Ben-Yehuda, D, Hebrew Dictionary, Pocket Books (Simon & Schuster), USA, p. 252, 1961.
  3. John Gill’s Exposition of the Bible, footnote to Isaiah 40:22Opens in a new tab.; biblestudytools.com.
  4. https://fr.qwe.wiki/wiki/Pleiades#Observational_history
  5. Interesting Facts About Orion
  6. https://starchild.gsfc.nasa.gov/docs/StarChild/questions/question18.html)
  7. Russell, J.B., Inventing the Flat Earth: Columbus & Modern Historians, Praeger, 1991

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces centaines d'heures de recherche afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques et le débat création/évolution.

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