Quelle est la chronologie biblique la plus juste ? Celle du Texte Massorétique ou de la Septante ?


Jusqu’à la dernière moitié du 19ème siècle, les théologiens juifs et chrétiens interprétaient les généalogies de Genèse 5 et 11 comme une chronologie continue d’Adam à Abraham, permettant de déterminer les dates de certains évènements bibliques et de calculer l’âge de la terre.

Les chronologistes bibliques ont pris en considération ces généalogies depuis avant l’ère du christ (voir histoires d’Eupolème et de Démétrios).

Cette compréhension “chronologique” des textes bibliques a duré durant des millénaires.

Le tournant majeur de l’interprétation de la chronologie biblique

En 1890, William Henry Green du Séminaire de Princeton publia son essai influent dans lequel il fit la conclusion que les Écritures ne fournissaient aucune donnée chronologique avant Abraham.

Avec le soutien de B.B Warfield, la théorie de Green supplanta l’historique vue chronologique des écritures.

Aujourd’hui, l’article de Green est encore utilisé par bien des évangéliques et représente la réponse définitive pour Genèse 5 et 11. Ces derniers ne peuvent être utilisés pour établir une chronologie entre Adam et Abraham.

L’hypothèse est attractive car elle résout le problème de l’âge de l’humanité selon la Bible avec son âge revendiqué par le consensus scientifique sur l’évolution (- de 10 000 ans VS 4.5 milliards d’années).

Plusieurs articles du site proposent déjà des éléments qui démontrent que l’évolution, aussi bien cosmologique, géologique et biologique, ne fonctionne pas, et que le timing biblique de moins de 10 000 ans est pertinent.


Chronologie biblique et Archéologi
e

Le fait que la Science soutienne l’idée d’une terre jeune ne résout pas tous les débats sur la fiabilité de la Bible. En effet si scientifiquement il n’y a pas de différences entre une terre de 8000 ans ou de 6000 ans, ces 2 possibilités doivent être résolues, autrement d’autres problèmes apparaissent en archéologie.

Selon le texte massorétique Adam a été créé aux environs de 4000 avant JC et selon la septante, Adam aurait été créé aux alentours de 5500 avant JC.

L’hypothèse de Green résout également le problème de la date du déluge. En effet, selon le texte massorétique présent dans nos bibles modernes, le déluge se serait produit en 2400 avant JC. Mais la plupart des historiens croient que la civilisation égyptienne remonte jusqu’à 3000 avant JC.

Certains proposent des “trous” dans les généalogies de la Genèse afin de résoudre le problème, mais le texte ne permet pas de réviser la chronologie car par exemple même si Kénan était l’arrière arrière petit fils d’Énosh, le texte dit quand même que Kénan est né lorsqu’Enosh avait 90 ans.

Les textes de Genèse 5 et 11 ne se contentent pas de nous donner les âges des patriarches mais les âges auxquels ils ont engendré leurs fils. Il n’y a pas d’autres généalogies dans les écritures ou dans d’autres textes anciens qui fassent cela. L’objectif était clairement d’établir une chrono-généalogie.

Les étudiants de la Bible ont historiquement discerné deux objectifs principaux à ces chrono-généalogies.

  • La première est de fournir une chronologie de l’humanité et du monde
  • La deuxième est de montrer les effets destructeurs du péché sur l’humanité, car en effet, l’espérance de vie a grandement diminué par la suite.

La chronologie MT vs la chronologie LXX

Les biblistes qui interprètent les généalogies de Genèse 5 et 11 comme indiquant une chronologie continue d’Adam à Abraham affirment que le texte massorétique hébreu (MT) préserve les âges de procréation des patriarches.

Le total du MT pour cette période est de 2008 ans. Le Pentateuque samaritain (SP) présente des données chronologiques nettement différentes pour chaque époque, pour un total général de 2249 ans. Les calculs dérivés des manuscrits primaires (MSS) de la Septante grecque (LXX) donnent une chronologie de 3394 ans pour cette période, 1386 ans de plus que le MT.

MTSPLXX
D’Adam à Abraham2008 années2249 années3394 années

Le MT est classiquement représenté par la chronologie Ussher, qui place la création à 4004 avant JC et le déluge à 2348 avant JC. Les figures de la LXX placent la création à ca. 5554 avant JC et le déluge à ca. 3298 av.J.-C.

MTLXX
Création4004 av.J-C5554 av.J-C
Déluge2348 av.J-C3298 av.J-C

Bien que les réformateurs aient largement accepté la chronologie MT de Genèse 5 et 11 comme représentant l’originale, un certain nombre de chronologues chrétiens ultérieurs ont soutenu que la LXX préservait fondamentalement les chiffres originaux. A travers l’histoire nous trouvons des défenseurs des deux textes.

Des preuves ont été présentées que l’interprétation chronologique de Genèse 5 et 11 est justifiée et correcte1. Ce point de vue a été soutenu presque universellement par les interprètes juifs et chrétiens pendant des millénaires avant l’ascension du darwinisme dans les années 1860.

Comparaison chronologique du MT, de la LXX et du SP

L’hypothèse de Green a limité le débat entre les trois textes de sorte que la chronologie du MT a été acceptée. Toutefois la chronologie du MT n’est pas attestée avant le 2ème siècle de notre ère.

La chronologie de la LXX a été largement supportée avant la réforme protestante. La position pro-MT est un phénomène post-réforme.

Alors que le MT est généralement fiable, cela n’indique pas que la préservation s’est effectuée uniquement à travers ce texte.

Le tableau suivant montre comment les âges de procréation des patriarches varient en fonction des trois textes et de l’historien juif Josèphe. Alors que certaines différences mineures peuvent être attribuées à des erreurs accidentelles les biblistes reconnaissent que les différences de 100 ans et 50 ans sont des changements délibérés du texte.

Les âges ci-dessus sont les âges où chaque patriarche a engendré son fils. Dans le cas d’Adam, nous savons que Seth n’était pas son premier fils. Mais il avait bel et bien 230 ans quand il a engendré Seth.

Les Patriarches de la Genèse ont-ils réellement vécu jusqu’à 900 ans et plus ?

C’est à partir de ces âges de procréation ou d’engendrement que nous pouvons calculer l’âge de la terre et la date du déluge. Par exemple Adam avait 230 ans quand il a engendré Seth, Seth est donc né en l’an 230 année du monde. Comme il a vécu 912 ans, il est mort en l’an 1142 AM. Son fils, Énosh, est né en 435 (parce que Seth avait 205 ans quand son fils Énosh est né). Énosh, ayant vécu 905 ans, il est mort en 1340 AM.

La LXX date respectivement le déluge et la création 780 ans et 1386 ans plus tôt que le MT. Ces différences sont conséquentes et affectent notre évaluation des données archéologiques entre le Déluge et Abraham.

La chronologie de la LXX est-elle authentique ?

Les âges plus élevés de procréation de la LXX remontent au temps où les scribes juifs à Alexandrie en Égypte, ont traduit le pentateuque en grec (280 BC). Cela signifie deux choses :

  1. Soit les traducteurs ont travaillé depuis un texte comprenant ces âges plus élevés.
  2. Soit les traducteurs ont délibérément créer ces âges de procréation élevés.

Si la première possibilité était vraie, cela indiquerait qu’un texte hébreu ancien contenait la longue chronologie.

Les partisans du MT préfèrent la deuxième solution. Les traducteurs alexandrins auraient délibérément gonflé les âges pour les adapter à la chronologie égyptienne.

Alors qu’il n’y a aucune preuve pour soutenir cette position, elle est généralement acceptée.

Ce désir avancé de concilier la chronologie biblique à la chronologie égyptienne ne peut expliquer une violation du texte à si grande échelle (voir Deutéronome 4 : 2).

Il n’y a aucune raison de penser que les juifs auraient voulu se corréler à la vision égyptienne uniquement au sujet de la chronologie.

Il est également difficile d’envisager que les scribes d’Alexandrie aient pu imaginer s’en sortir avec l’introduction de tels fraudes dans le texte biblique. Les anciens juifs tenaient en haute estime leur chronologie et généalogie. Ils n’auraient jamais toléré et pardonné une telle modification.

Ce texte corrompu aurait alors perduré durant 400 ans et aurait été non seulement ignoré mais aussi adopté par les historiens juifs de l’époque. Un tel scénario n’est pas plausible.

Jusqu’au 2ème siècle après JC, les juifs considéraient universellement la traduction grecque de l’AT comme étant une représentation fidèle du texte hébreu. Philon et Josèphe ont loué cette version grecque. Le sanhedrin a autorisé qu’elle soit lue dans les synagogues où le grec était répandu. Les apôtres eux-mêmes ont cité des versets à partir de cette version.

Il n’y a aucune trace avant le 2ème siècle d’une controverse concernant des différences supposées entre les deux textes grecs et hébreux.

L’acceptation unanime des juifs durant les 400 premières années du texte grec peut seulement s’expliquer si le texte était une traduction précise et de qualité en comparaison des textes hébreux qui circulaient à l’époque.

Que s’est-il passé au 2ème siècle après J-C ? Les juifs palestiniens ont soudainement rejeté la traduction grecque et l’ont remplacé par d’autres traductions (Aquila, Symmachus, Theodotion). Nous devons en explorer les raisons.

Un autre problème majeur avec l’hypothèse des âges gonflés de la LXX, en plus du manque complet de preuves historiques, tient au fait qu’elle n’explique pas pourquoi ces âges supposément gonflés se retrouvent dans le pentateuque samaritain dans Genèse 11. En effet Genèse 11 du SP correspond à Genèse 11 de la LXX en ce qui concerne les âges de procréation (voit tableau ci-dessus).

Les scribes du pentateuque samaritain, connu pour leurs tendances sectaires, n’étaient clairement pas enclins à concourir contre la chronologie égyptienne. Ils ne la connaissaient d’ailleurs probablement pas.

Quant à la source du pentateuque samaritain, elle n’est certainement pas la LXX. Il n’y a pas de preuves que le SP ait pu d’aucune façon être lié à la LXX. Ces deux témoins sont indépendants l’un de l’autre, en particulier concernant les chronologies, car Genèse 5 du SP diffère grandement de Genèse 5 de la LXX. Ces deux témoins ne s’entendent que sur Genèse 11.

Certains pourraient proposer un lien entre l’âge de 67 ans pour Mathusalem dans le SP et de 167 dans la LXX. Toutefois ce lien pourrait indiquer que le SP avait précedemment 167 et qu’il a ensuite été réduit à 67. Aussi Jérome semble indiquer qu’à son époque (4ème siècle de notre ère) le SP avait 187 pour Mathusalem, le 67 que nous avons donc actuellement pourrait être une preuve d’une réduction tardive.

Dans Genèse 11, la LXX, contrairement au SP, inclut la génération de Caïnan et ne mentionnent pas les âges totaux des patriarches. Quelles sont alors les chances que les deux textes indépendants aient gonflé les âges de la même manière ?

Il apparait donc que les âges de procréation de Genèse 11 dans la LXX et dans le SP proviennent d’un texte hébreu antérieure.

Tov, Hendel, Klostermann et bien d’autres ont démontré que les nombres de Genèse 5 et 11 de la LXX doivent être imputés au texte hébreu original (vorlage) et non aux traducteurs alexandrins.

Les témoignages précieux des historiens sur la chronologie biblique

Les preuves abondent en faveur de l’existence de la chronologie longue de la Septante dans les textes hébreux circulant durant les siècles d’avant et d’après JC.

Les historiens juifs, Eupolème (160 av.J-C) et Démétrios (200 av.J-C) témoignent des âges de procréation de la Septante. Eupolème avait accès aussi bien au texte hébreu qu’au texte grec et apparemment les deux textes avaient les mêmes nombres. Eupolème était un juif palestinien qui n’aurait pas utilisé les nombres de la LXX s’ils étaient plus élevés que ceux dans le texte hébreu.

L’historien Démétrios a écrit à Alexandrie sous le règne de Ptolémée IV (221–205 avant JC). Les œuvres de Démétrios sont conservées dans Eusèbe et Clément. Il a écrit en grec2 et est le premier témoin externe connu de la chronologie primitive. Il date la création à 5307 avant JC et le déluge à 3043 avant JC3.

Le fragment 2:18 dit: «D’Adam jusqu’à ce que les frères de Joseph arrivent en Égypte, il y a eu 3624 ans; et du déluge jusqu’à la venue de Jacob en Égypte, 1360 ans4». Ces chiffres indiquent une période de 2264 ans entre Adam et le déluge (3624–1360), chiffre qui ne correspond qu’à la chronologie plus longue5.

En tant que premier auteur alexandrin-juif datable que nous connaissons6, son témoignage de la chronologie primitive plus longue est antérieur au premier témoin fiable de la chronologie de MT de plusieurs siècles.

Eupolème était un historien juif du IIe siècle avant JC7. Son ouvrage grec s’intitule «Sur les rois de Judée». Le fragment 5 apparaît dans les Stromates de Clément8.

Dans celui-ci, Eupolème calcule 5149 années d’Adam à la 5e année du règne de Démétrius Ier (vers 158 avant JC9, donnant la même date de création que Démétrios le chronographe (5307 avant JC10.

Eupolème a utilisé la LXX, et comme il était un haut fonctionnaire de Jérusalem, cela indique que la LXX et la chronologie plus longue étaient adoptées en Israël. En raison de son statut, il avait également accès aux textes hébreux et les utilisait, écrivant dans un «koinè-judéo-grec» à «forte saveur hébraïque11».

Fallon ajoute: “… Eupolème a également utilisé le texte hébreu, comme son interprétation du nom Hiram l’indique … l’utilisation du texte hébreu est en outre indiquée par sa traduction de termes que la Septante a simplement translittérés12“. L’éloge de Josèphe pour l’œuvre d’Eupolème (Contre Apion 1:23) confirme également l’exactitude de sa chronologie.

L’écriture et les déclarations chronologiques d’Eupolème auraient fait l’objet d’un examen minutieux à Jérusalem. Il était un délégué officiel envoyé à Rome par Judas Maccabée en 161 avant JC13. Puisqu’il appartenait à l’une des principales familles sacerdotales de Jérusalem14, il aurait eu accès à des rouleaux hébreux dans la bibliothèque du Temple. Eupolème n’aurait jamais utilisé la chronologie primitive de la LXX à moins qu’elle ne correspondait étroitement aux textes hébreux de la Genèse dont il disposait.

Son choix d’une chronologie LXX gonflée à tort aurait embarrassé la prêtrise, sa famille et la nation. Son écriture, sa chronologie, son lieu de résidence et son statut indiquent fortement qu’il y avait des textes hébreux à Jérusalem avec une chronologie longue au IIe siècle avant JC.

Ces âges de procréation de la LXX apparaissent aussi dans les écrits de l’historien juif Flavius Josèphe15. C’est une preuve très importante puisque Josèphe explique qu’il a travaillé à partir du texte hébreu16. Les seuls nombres qui correspondent au MT sont les sommes des nombres. Ces totaux réduits sont des tentatives d’altérer Josèphe vers le MT.

En accordance avec la longue chronologie, Josèphe indique qu’il y a 5000 ans d’histoire entre la création et 400 avant JC (fin de l’époque de l’ancien testament). Josèphe dit ceci :

“Ces antiquités contiennent l’histoire de 5000 ans; et elles sont tirées de nos livres sacrés, mais traduit par moi en langue grecque17.

La chronologie du MT, qui n’est attestée par aucun témoin avant le 2ème siècle après JC, semble être une réduction calculée de la chronologie originale, qui existait dans les textes hébreux jusqu’au 2ème siècle après JC.

Ainsi la LXX a pour support Flavius Josephe, Démétrios et Eupolème et le SP pour Genèse 11 (mais pas Genèse 5).

La source de la chronologie courte de Genèse 5

Un dernier élément de preuve confirme que la chronologie plus longue se trouvait dans les textes grecs et hébreux de Josèphe de Genèse 5 et 11. Alors que la chronologie plus courte du MT n’existait pas dans les manuscrits bibliques de la Genèse avant 70 après JC, certains des âges d’engendrement des MT / SP dans Genèse 5 apparaissent dans la chronologie primitive artificielle des jubilés.

Ces âges d’engendrement trouvés dans les Jubilés ne sont pas dérivés du texte de la Genèse, mais ont été inventés par l’auteur pour créer une chronologie basée sur les jubilés. Le livre des Jubilés est la source originale de la chronologie pré-Déluge plus courte, et non le texte de la Genèse18.

Halpern-Amaru a montré que Josèphe connaissait et utilisait le Livre des Jubilés (2001). Si tel était le cas, il aurait été familier avec la chronologie antédiluvienne plus courte (1307 ans) qui s’y trouve.

Cependant, il n’a utilisé aucun des âges d’engendrement des Jubilés qui correspondent au MT / SP, il a au contraire utilisé la chronologie plus longue trouvée dans son texte hébreu de la Genèse.

Une analyse critique du texte des manuscrits existants des Antiquités réfute l’affirmation selon laquelle Josèphe était confus, ou qu’il avait simultanément les chronologies plus longues et plus courtes en sa possession, ou que sa chronologie originale correspondait au MT.

Bien que Josèphe ait également utilisé parfois la LXX, son approbation de la chronologie primitive plus longue montre qu’il n’y avait aucun conflit entre ses textes hébreux et grecs de Genèse 5 et 11.

L’hellénisation des noms de Josèphe dans Genèse 5 et 11 directement à partir de l’hébreu, les preuves manuscrites des antiquités, les études détaillées des érudits de Josèphe, les 182 et 707/777 de Lamech, l’absence de Caïnan et les déclarations de 5000 ans convergent tous pour démontrer que Josèphe possédait un texte hébreu de la Genèse avec la plus longue chronologie.

Les autres témoins externes de Genèse 5 et 11 – Eupolème et Démétrios – affirment l’existence d’une chronologie plus longue dans les textes hébreux et grecs des siècles avant et après JC.

Avant la destruction du Temple, un seul témoin contient des âges d’engendrement uniques à la courte chronologie du MT (et Gen 5 SP): le Livre des Jubilés chronologiquement fabriqué.

Le témoin peu fiable de la chronologie du MT

Étant donné que le MT correspond aux âges de naissance du livre des Jubilés et du SP pour les six patriarches antédiluviens, ces lectures doivent également être considérées comme incorrectes. La plupart des nombres conservés dans la LXX sont les chiffres corrects et la chronologie la plus longue est originale.

Le MT a subi une réduction chronologique délibérée de 1250 ans par les chefs rabbiniques au deuxième siècle après JC19.

Si cette réduction du MT a vraiment eu lieu à ce moment-là, alors il est naturel de se demander pourquoi les nombres du MT dans Genèse 5 correspondent au SP pour les six patriarches d’Adam à Mahalalel, puis Enosh.

En raison de son statut quasi-canonique et de sa popularité répandue, les Jubilés auraient été connus des dirigeants rabbiniques au deuxième siècle de notre ère. Il est possible qu’ils aient partiellement adopté le schéma de réduction chronologique trouvé dans Genèse 5 des Jubilés, mais à des fins qui étaient nettement différent de l’auteur des Jubilés.

Le modèle de réduction limité du MT

Cependant, contrairement aux Jubilés (et au SP), les rabbins n’ont pas modifié les âges d’engendrement de Yéred, Mathusalem et Lémek, sachant que les années et les durées de vie restantes devaient également être radicalement modifiées à cause du début du déluge. Au lieu de cela, ils ont réduit en douceur la période antédiluvienne d’exactement 600 ans (2256 à 1656). Ce faisant, on peut suggérer que leur objectif était de modifier le nombre minimum de textes possible.

Concernant Genèse 11, les Jubilés présentent des âges d’engendrement très différents par rapport à la LXX, au SP et à Josèphe.

La durée du déluge à Abraham dans les jubilés est de 567 ans, ce qui est plus élevé que dans le MT. Si les rabbins avaient adopter les nombres trouvés dans Genèse 11 des Jubilés, la réduction aurait été insuffisante pour qu’ils atteignent leur objectif20.

Les rabbins n’auraient pas été disposés à adopter l’âge de procréation de 12 ans de Peleg dans les Jubilés. Ainsi les rabbins ont créé leurs propres réductions chronologiques «lisses» de 100 ans pour chaque âge de naissance d’Arpakshad à Seroug (imitant des réductions similaires de 100 ans dans Genèse 5), et une réduction de 50 ans pour Nahor.

Ce faisant, ils ont réduit la période du déluge à Abraham à 292 ans. Ces âges de procréation individuels dans Genèse 11 du MT sont uniques et ne se retrouvent pas dans les autres textes.

PatriarcheJubilés
Age de procréation
SP
Age de procréation
MT
Age de procréation
LXX
Age de procréation
Adam130130130230
Seth105105105205
Énosh909090190
Kénan707070170
Mahalaleel666565165
Jéred6162162162
Hénoc656565165
Mathusalem6767187187
Lémec5353182188
Noé500, 502, 505500, 502500, 502500, 502
Années d’Adam au Déluge1309130716562256
Sem104100100100
Arpakshad6413535135
Caïnan57130
Shelah7113030130
Héber6413434134
Péleg1213030130
Réou10813232132
Seroug5713030130
Nahor62792979
Térach707070/13070/130
Années d’Adam à Abraham187622491948/20083388
Année du déluge à Abraham567942/1002292/3521132

Les velléités réductionnistes en résumé

Il n’y a aucun témoin des nombres du MT en dehors de l’influence rabbinique jusqu’à Eusèbe (vers 310 après JC), près de 600 ans après la traduction de la LXX contenant les âges d’engendrement supérieurs (281 avant JC).

Étant donné que les spécialistes de la critique de textes conviennent que le SP a subi des changements à grande échelle au deuxième siècle avant JC et que les Jubilés sont nés au cours de ce même siècle, on peut émettre la possibilité que la chronologie de la Genèse 5 du SP a été modifiée au cours de cette même époque.

Les nombres de Genèse 5 et 11 auraient subi trois révisions majeures :

  1. La déflation de la chronologie antédiluvienne dans le SP à 1307 ans pour la conformer aux Jubilés au deuxième siècle avant JC, qui comprenait les modifications uniques des neuf chiffres d’Adam à Lémec.
  2. Les déflations respectives du MT de la chronologie primitive de 600 ans dans Genèse 5 et de 650 ans dans Genèse 11 par les rabbins, où ils ont partiellement adopté certaines des figures trouvées dans Genèse 5 des SP / Jubilés, et ont créé leurs propres réductions uniques dans Genèse 11.
  3. La déflation des années restantes et l’ajout de durées de vie (et d’épitaphes) dans Genèse 11 du SP pour conformer les durées de vie aux durées de vie (calculées) du MT, quelque part entre 100 et 310 après JC.

Lorsque toutes les preuves sont prises en compte, il semble clair que seuls les âges d’engendrement d’origine ont été préservés dans Genèse 11 SP. Compte tenu de la propension du SP à harmoniser et réviser les textes chronologiques, il est étonnant qu’ils aient survécu dans ce témoignage. Il est également assez surprenant que les scribes du SP n’aient pas adopté la chronologie post-déluge des Jubilés.

Les tendances juives à baisser les âges sont démontrés en plusieurs endroits :

  • Les réductions des scribes dans le travail de Josèphe pour l’adapter à la chronologie du MT.
  • La chronologie antédiluvienne du pentateuque samaritain, qui est de 349 ans plus courte que le MT.
  • La chronologie antédiluvienne des Jubilés, ressemble fortement à celle “réduite” du SP.
  • Un texte hébreu perdu suivi par les juifs orientaux qui a eu une chronologie de 100 plus courte que le MT.
  • Le Seder Olam Rabbah qui réduit l’histoire post-exilique de 185 années.

Le Seder Olam Rabbah, connu pour sa réduction sévère de la chronologie entre l’exile et le Christ, est le premier témoin de la chronologie du MT. Cela étant, le premier témoin de la chronologie des âges de procréation du MT est un historique juif corrompu du 2ème siècle après JC qui a réduit la chronologie post-exilique pour éviter l’interprétation messianique de Daniel 9 : 26 qui renvoie à Jésus-Christ.

En dehors des considérations du Seder Olam, le témoin le plus ancien de la chronologie longue LXX est 4 siècles avant le premier témoin de la chronologie courte du MT.

Le motif de la réduction juive

Si le MT avait la chronologie originale pourquoi aurait-t-elle disparu jusqu’au 2ème siècle ? Et pourquoi la chronologie longue prévaudrait dans les sources grecques et hébreux jusqu’à ce moment précis ?

Qu’est ce qui aurait pu motiver les juifs du 2ème siècle après JC à dégonfler leur chronologie ?

Les juifs de l’époque croyaient que le Messie devait arriver au cours du 6ème millénaire. La LXX place Jésus en 5500 année du monde (AM), le qualifiant clairement de Messie.

Cette réduction est probablement reflétée dans le Seder Olam qui place la création en 3761 avant JC afin de disqualifier Jésus.

Il y a donc un puissant motif (disqualifier Jésus) pour justifier de cette réduction des âges de procréation, alors que le motif du gonflement (compétition avec la chronologie égyptienne) en 280 avant JC est peu convaincant.

Le judaïsme subissait une crise profonde durant le 2ème siècle après JC. L’Évangile de Jésus se répandait comme une traînée de poudre à travers l’Empire Romain. Le Temple avait été rasé et la ville sainte brûlée. Le reste d’Israël avait été ravagé par les attaques romaines de 66-73 et de 132-136.

Le reste juif avait un contrôle complet sur les manuscrits hébreux qui avaient survécu aux dévastations romaines, ce qui a potentiellement offert l’opportunité d’inclure de tels changements indétectables dans les copies futures.

La plupart des populations aux alentours était incapable de lire l’hébreux, ce qui a grandement minimisé leur utilité et dissémination en dehors du judaïsme palestinien.

Ces manuscrits restants ont été les précurseurs du texte massorétique, qui s’est ensuite solidifié durant la dernière moitié du premier millénaire.

Bien des pères de l’Église témoignent en long et en large des velléités juives à discréditer Jésus, un phénomène également enregistré dans le livre des Actes.

Justin Martyr indique que les Rabbis ont délibérément effacé et altéré des versets messianiques de leurs écritures afin de discréditer Jésus.

Au temps d’Augustin il y avait visiblement un débat sur la question de la chronologie de Genèse 5 :

Ils allèguent, à l’appui de leur sentiment, qu’il n’est pas croyable que les Septante, qui se sont rencontrés mot pour mot dans leur version, aient pu se tromper ou voulu mentir sur un point (l’âge de Mathusalem) qui n’était pour eux d’aucun intérêt, et qu’il est bien plus probable que les Juifs, jaloux de ce que la loi et les Prophètes sont venus à nous par le moyen de cette version, ont altéré leurs exemplaires afin de diminuer l’autorité des nôtres21.

Dans le contexte spirituel de la crucifixion de Jésus, le meurtre d’Etienne, la tentative de meurtre de Paul, l’opposition virulente à l’Évangile au 2ème siècle, et la volonté d’altérer les Écritures, la corruption délibérée de la chronologie de la Genèse apparaît clairement probable.

La théorie selon laquelle les juifs palestiniens ont réduit les âges de procréation pour des motifs anti-chrétiens présente un motif, des moyens et des opportunités qu’aucune autre théorie ne peut se targuer.

Les témoins de la chronologie longue en résumé

En raison des tendances de correction du SP, les âges de Genèse 11 du SP nécessitent une corroboration indépendante. En effet, leur originalité et leur exactitude sont affirmées par quatre sources indépendantes toutes antérieures à l’an 100 après JC. Chacun de ces témoins externes atteste également de la chronologie plus longue de Genèse 5 :

  • Le texte hébreu de la Genèse utilisé par Josèphe pour citer la chronologie primitive plus longue dans les Antiquités des Juifs (vers 90 après JC).
  • Eupolème (vers 160 avant JC).
  • Démétrios le chronographe (vers 220 avant JC).
  • Le Vorlage hébreu qui sous-tend la traduction grecque de la Genèse dans la LXX (vers 281 avant JC).

Des preuves internes en faveur de Genèse 5 et 11 de la LXX

En comparant le MT à la LXX, on observe une différence de 100 entre les âges de procréation d’Adam, Seth, Énosh, Kénan, Mahalaléel, Hénoc, Arpakshad, Shélah, Héber, Péleg, Reou et Seroug. On observe un autre ajustement de 50 ans pour Nahor.

PatriarcheMT
Age de procréation
LXX
Age de procréation
Adam130230
Seth105205
Énosh90190
Kénan70170
Mahalaleel65165
Jéred162162
Hénoc65165
Mathusalem187187
Lémec182188
Noé500, 502500, 502
Années d’Adam au Déluge16562256
Sem100100
Arpakshad35135
Caïnan130
Shelah30130
Héber34134
Péleg30130
Réou32132
Seroug30130
Nahor2979
Térach70/13070/130
Années d’Adam à Abraham1948/20083388
Année du déluge à Abraham292/3521132

Il n’y a pas d’ajustement pour Yéred, Mathusalem, Lémek, Noé, Sem et Térach.

La façon dont s’opère ces altérations montre qu’elles sont le produit de réductions chronologiques.

Ces réductions ont une limite. Il n’est par exemple pas possible de réduire tous les âges de procréation de 100 ans, car autrement d’autres patriarches que Noé aurait survécu au déluge.

La limite maximale de l’altération est d’ailleurs pratiquement atteinte, puisque les âges de procréation de Lémek et de Mathusalem font que ces deux patriarches échappent de peu à dépasser le déluge.

Les nombres de Noé, Sem et Terach ne sont pas modifiés car ils sont mêlés à d’autres textes chronologiques.

Les réductions chronologiques sont également limitées parce que des réductions de plus de 100 ans auraient rendu trop jeunes les post-diluviens.

Par ailleurs, si nous devions comprendre que ces altérations étaient des augmentations plutôt que des réductions, nous n’aurions pas le même genre de limite. La chronologie longue de la LXX pourrait être rendue plus longue sans aucuns soucis.

Le cas de Nahor est assez intéressant à ce sujet. Alors que le MT affiche 29, la LXX et le SP affiche 79.

Alors que dans l’hypothèse de l’augmentation, cet âge aurait pu être porté à 129, il n’était pas possible de procéder à une réduction de 100 conformément aux autres altérations, car Nahor avait 79 ans et il n’était possible que d’opérer une réduction de 50 ou 60. Mais 29 ans représentaient déjà l’âge le plus jeune de procréation, d’où le choix des 50 années de réductions.

L’ajustement de 50 ans de Nahor milite fortement en faveur de l’hypothèse de la réduction plutôt que de l’augmentation.

La faiblesse de l’argument de l’augmentation pour rattraper la chronologie égyptienne

D’ailleurs, l’argument de l’augmentation dont le but serait de s’adapter à la chronologie égyptienne tient difficilement dans le fait que la chronologie de la LXX, bien que plus longue que celle du MT, ne permet pas de remonter aussi loin que la chronologie de Manéthon.

Tout d’abord, cette explication remonte au 19e siècle après JC. Aucun auteur ancien n’a fait cette affirmation22.

Deuxièmement, l’hypothèse n’atteint pas son objectif déclaré. Bickerman note que selon Manéthon, les pharaons ont commencé à régner en 4244 avant JC23, environ un millénaire avant la première date du déluge qui peut être dérivée de la LXX (vers 3298 avant JC). Ray concorde :

La suggestion que la chronologie de la LXX a résulté comme une réponse à la chronologie égyptienne de Manéthon est inadéquate.

Le schéma moderne est daté d’environ 3000 avant JC.

Cependant, les chiffres réels de Manéthon totalisent 5471 ans à l’estime, de la première dynastie à la conquête de l’Égypte par Alexandre le Grand, chiffre qui était supposé assez précis jusqu’à récemment (p. 36, n. 7).

Des témoins anciens tels que Julius Africanus (170-240 après JC) affirment que les chronologies égyptiennes étaient en général beaucoup plus longues que celles de la LXX :

Les Égyptiens, en effet, avec leurs notions vantardes de leur propre antiquité, en ont fait une sorte de récit de la main de leurs astrologues par cycles et myriades d’années … ils pensent qu’ils sont dans les huit ou neuf milliers d’ans …24.

De même, Théophile d’Antioche (183 après JC) soutient que l’âge du monde (5529 avant JC) est beaucoup plus récent que «… 15 fois 10 375 ans, comme nous l’avons déjà mentionné Apollonius, l’Égyptien a donné …25». Et, Eusèbe a suggéré que les chronologies égyptiennes dans l’antiquité devaient être abaissées pour les aligner sur la chronologie LXX comparativement plus courte (et à son avis, exacte)26.

De plus, Genèse LXX ne présente aucune preuve d’accommodement à grande échelle de la cosmogonie, de la théogonie ou de l’anthropogonie égyptiennes. Il est hautement improbable que les scribes juifs d’Alexandrie aient capitulé complètement devant les revendications de la vision du monde égyptienne uniquement dans Gen 5/11. Hanhart concorde :

Les traducteurs de la LXX n’ont jamais eu la liberté de reprendre la tradition non israélite sous sa forme écrite dans le contexte de leurs traductions … La liberté qui leur a été donnée n’était pas celle de l’altération; mais plutôt la responsabilité de la préservation (p. 350).

Ainsi l’augmentation de l’âge de procréation des patriarches auraient pu être beaucoup plus conséquente et l’aurait été si l’objectif avait été de rattraper la chronologie égyptienne.

La courte chronologie incompatible avec le récit de la mort d’Abraham

Au final, le MT ne pouvait masquer sa réduction monumentale de la chronologie. Genèse 25 : 8 dit par exemple qu’Abraham est mort à 175 ans, après une heureuse vieillesse, âgé et rassasié de jours, alors même que la chronologie du MT indique qu’Héber était encore vivant et avait plus du double de l’âge d’Abraham.

De manière similaire, Sem, survivant du déluge, serait, selon le MT, mort juste avant Abraham à l’âge de 600 ans. Toutefois la LXX indique que Sem est mort 800 ans avant Abraham et Héber 400 ans avant Abraham.

La LXX place les généalogies de manière cohérente et chaque père meurt avant son fils.

D’ailleurs c’est encore une des raisons pour laquelle les juifs ont probablement réduit leur chronologie. L’objectif était d’avoir Abraham et Sem vivant en même temps pour attribuer la personne de Melchisédek à Sem.

Enfin, Gn 11: 10–25 indique à plusieurs reprises que les patriarches nommés avaient «[d’autres] fils et filles». Ainsi, des milliers de descendants post-déluge auraient vécu jusqu’à des âges similaires à Arpakshad (438), Héber (464) et Shélah (433), rendant la mort d’Abraham prématurée par rapport à d’autres contemporains sans nom.

En utilisant le MT, Abraham n’aurait été ni «un vieil homme», ni «plein d’années» par rapport au monde qui l’entourait. Cela reviendrait à appliquer des déclarations similaires à un homme moderne décédé à l’âge de 30 ou 35 ans.

On peut aussi se demander pourquoi seulement le patriarche Térach est allé avec Abraham en Canaan, si comme le nécessite le MT, quatre autres patriarches de la lignée – Sem, Arpakshad, Shélah et Héber – étaient encore vivant à la même époque.

Naturellement, cela a dû sens si Térach était le seul ancêtre encore vivant à l’époque d’Abraham.

Dans la LXX, cependant, Noé était décédé depuis près de 1000 ans, Sem depuis environ huit siècles et Héber depuis environ quatre, quand Abraham mourut.

Ce n’est que dans la chronologie plus longue de la LXX / SP que la durée de vie a chuté au point où l’épitaphe d’Abraham pouvait être considérée comme exacte et cohérente.

La chronologie post-déluge du MT crée un problème insurmontable pour les défenseurs du MT, car elle produit des erreurs authentiques et irréconciliables.

Il est incompréhensible que des durées de vie aussi massivement différentes aient été en vigueur au même moment. Ces durées de vie sont toutefois cohérentes si elles ont chacune appartenu à une époque différente.

Lorsqu’on les chiffres de Genèse 5, le modèle est lisse dans la LXX (230, 205, 190, 170, 165, 162, 165, 167 ou 187 et 188), et c’est une sorte de montagnes russes dans le MT. Nous ne savons pas avec certitude comment les choses se passaient culturellement à ce moment-là, mais le modèle fluide pourrait avoir une certaine logique.

Certains mentionnent la solution d’Augustin pour expliquer l’hypothèse de l’inflation – l’âge de la puberté et l’élévation de ces âges pour mettre fin au scepticisme sur un âge de procréation trop jeune. Mais pourquoi les traducteurs de la LXX auraient-ils ajouté une génération supplémentaire si le but était d’obtenir «des âges d’engendrement plus raisonnables»? Avons-nous besoin d’une théorie supplémentaire pour l’expliquer?

On sait que la LXX conserve dans certains cas des versets plus longs que dans le MT. Nous pouvons vérifier un exemple avec Deutéronome 32:43 où la LXX est supérieure à la fois au MT et au DSS. Ce verset LXX est soutenu par Hébreu 1: 6. Peut-être que Caïnan était là sous l’écriture de Moïse, comme l’était le verset complet de Deutéronome 32:43.

De la même manière, alors que l’âge de Nahor pouvait être porté à 100 ans (29 à 129) comme pour les autres afin de concurrencer avec succès la chronologie égyptienne, il restait à 79. Dans l’autre sens, dans la perspective de la déflation, si l’âge initial était de 79 ans, le modèle de réduction de 100 ans ne pouvait pas être appliqué, d’où les 50 ans. Le scribe qui l’a modifié a fait ce qu’il pouvait – en supprimant le maximum de 50 ans.

Le modèle LXX où Sem meurt avant ses fils, petits-fils, arrière-petits-fils et 700 ans avant Térach semble avoir plus de sens. Le seul patriarche mentionné dans l’histoire d’Abraham est Térach, les autres sont probablement absents car ils étaient morts, ce qui est le cas dans la LXX.

Il est difficile de visualiser Shem survivant à Terah ou Eber survivant à Abraham et tenant compte du fait que tous ces proches sont absents dans le récit.

La raison de la modification de Genèse 5

Nous nous tournons maintenant vers la tradition qui s’est développée en ce qui concerne Genèse 5. Akiva (juif responsable des altérations) voyait à juste titre Noé comme l’ancêtre du Nouveau Monde après le Déluge, tout comme Adam avait été l’ancêtre de l’Ancien Monde qui avait péri.

En ce sens, Akiva considérait Noé comme le deuxième Adam par opposition à Jésus qui avait été proclamé comme occupant cette position par les chrétiens.

Pour défendre sa position, il pouvait pointer Genèse 6: 9 qui déclare que “Noé marchait avec Dieu” d’une manière similaire à Adam. De plus, le commandement de Dieu à Noé dans Genèse 9: 1 était exactement le même que celui adressé à Adam en 1:28. En outre, il y a les 7 lois de Noé que les revendications du Talmud soutenu par Akiva ont été données à l’humanité. Ils comprennent les six lois données à Adam selon l’interprétation du Talmud de Genèse 2:16 et une septième donnée à Noé après le déluge.

Comme support supplémentaire pour cette affirmation, il y a l’étrange commentaire dans le Talmud que tout comme Noé buvait du fruit de la vigne, de même, le fruit défendu pour Adam était la vigne27.

Souvenez-vous qu’Akiva était en grande partie responsable de ce qui est entré ou a été retiré du Talmud, donc ces idées reflètent positivement les vues d’Akiva. En conséquence, Noé dans la tradition juive est devenu le deuxième Adam plutôt que Christ remplissant ce rôle.

Mais pour donner à son point de vue la crédibilité nécessaire, Akiva devait soutenir la pensée juive habituelle sur ces questions. Cette pensée déclarait que le chef de l’Ordre Ancien (Adam) devait d’abord mourir avant que le chef du Nouvel Ordre (Noé) puisse se lever pour prendre sa place.

Par conséquent, pour être éligible à remplir cette fonction, Noé devait être le premier héritier né dans la lignée juste après la mort d’Adam. Cependant, une fois de plus, cette tradition posait problème avec l’ancien texte de la LXX.

À ce stade, il convient de noter qu’avant l’époque d’Akiva, Josèphe avait déjà cité les âges des patriarches à la naissance de leurs héritiers dans Genèse 5, et ces âges étaient les mêmes que dans la Septante d’Alexandrie.

La preuve est donc que ce sont les âges standard dans le texte paléo-hébreu original. Ainsi, dans Genèse 5, nous avons le témoignage de Josèphe sur l’exactitude de l’ancienne LXX, tandis que le Pentateuque samaritain écrit en paléo-hébreu, donne un solide soutien à l’ancienne LXX dans Genèse 11.

Cela étant dit, il est maintenant important de noter que dans le texte de la LXX, la chronologie donne la mort d’Adam dans l’année 930 quelque 700 ans avant la naissance de Noé. Cela signifiait qu’il y avait un décalage important entre les deux.

Dans cette période, les naissances de Yéred, Enosch, Mathusalem et Lémec ont également lieu dans la LXX. De plus, Seth, Enosch, Caïnan et Mahalaleel meurt dans cet intervalle.

Si Noé avait dû naître peu de temps après la mort d’Adam, sans qu’aucune autre naissance ou mort n’ait eu lieu, de sorte que le Noé puisse être le géniteur de la nouvelle race, comme l’exigeait la tradition, alors au moins 600 ans devaient être supprimés du référencement.

Cela a été fait en omettant à nouveau cent ans dans le cas de six patriarches, en accord avec le texte samaritain, mais avec trois restants inchangés par rapport à la LXX.

Si ces trois autres (Yéred, Mathusalem et Lémec) avaient aussi eu cent ans supprimés comme le texte samaritain l’avait déjà fait, alors l’argument d’Akiva était à nouveau impuissant.

Il est donc évident qu’Akiva a essayé d’atteindre l’harmonie avec la tradition qu’il soutenait contre les chrétiens. Les manœuvres d’Akiva ont produit le texte massorétique où la mort d’Adam était en l’an 930, tandis que la naissance de Noé était en l’an 1056 sans qu’aucun autre événement n’intervienne. Il a atteint son but.

Par conséquent, le résumé de la réponse est la suivante : la raison fondamentale pour laquelle le Concile de Jamnia a changé les chrono-généalogies dans Genèse 5 et 11 était de renforcer les traditions d’Akiva selon lesquelles Noé était le Second Adam et Sem Melchizédek.

Pour ce faire exactement, Akiva a dû supprimer 600 ans de Genèse 5 et 700 ans de Genèse 11. Il avait le précédent du Pentateuque Samaritain pour le soutenir puisque les Samaritains avaient changé leur texte de Genèse 5 d’une manière similaire afin de s’adapter à une étrange tradition qu’ils tenaient.

La sélection soigneuse des âges de procréation qui ont été altérés, tout comme les montants des ajustements, confirment que la chronologie a été réduite.

Une objection courante à la chronologie longue de la septante

Nombreux sont ceux qui rejettent la chronologie de la LXX parce que certains manuscrits contiennent 167 ans pour l’âge de procréation de Mathusalem, ce qui placerait sa mort 14 après le déluge. Toutefois d’autres manuscrits de la LXX (comme les codex alexandrins, cottonianus coislinianus) contiennent l’âge correct de 187 ans et placent donc la mort de Mathusalem 6 ans avant le déluge.

Et notre témoin le plus ancien, Démétrios (3ème siècle avant notre ère) implique 187 ans, tout comme Eupolème (2ème siècle avant JC) et l’historien Josèphe.

Il est improbable que les traducteurs de la LXX aient intentionnellement baissé l’âge de procréation de Mathusalem de 187 à 167. Une telle modification est inexplicable d’autant plus que les âges de procréation de la LXX sont toujours plus élevés que les variantes de l’hébreu.

Les preuves externes et internes ont mené beaucoup de biblistes durant les dernier siècles (incluant E.H Merril récemment) à conclure que l’âge de procréation de Mathusalem dans la LXX était de 187 et que plus tard, il y a eu une erreur de transmission.

Les traducteurs grecques n’étaient pas motivés pour réduire la chronologie. Une erreur accidentelle d’un scribe n’a aucun impact sur la chronologie générale de la LXX.

La compréhension chronologique des premiers chrétiens

Le matériel de cette section est tiré de A. Roberts et J. Donaldson, éds, «The Ante-Nicene Fathers», [10 vols. W. B. Eerdmans Publishing Co. Grand Rapids, Michigan, 1994.]

Théophile, l’apologiste et sixième évêque d’Antioche (115-181 après JC) a calculé que le monde avait 5698 ans au moment de la mort de Marc Aurèle en 180 après JC. Il dit: “Toutes les années depuis la création du monde représentent un total de 5698 ans, et les mois et jours impairs.28.

En raison des «mois et jours impairs» supplémentaires, Théophile a accordé une marge d’erreur de 200 ans dans ses calculs29.

La conclusion est que Théophile utilisait l’ancienne LXX, et non le nouveau texte massorétique qui venait d’être finalisée (voir article sur origine de la LXX et du MT).

La même chose peut être dite à propos de l’Ancien Testament utilisé par le chronologue chrétien, Julius Africanus, décédé vers 240 après JC. Il avait ceci à dire: “La période … jusqu’à l’avènement du Seigneur d’Adam et de la Création est de 5531 ans.30.

Cette chronologie ne peut être dérivée que de l’ancienne LXX qui était manifestement en existence et encore en usage général à cette époque, malgré la disponibilité du nouveau texte massorétique.

Il semble que le nouveau texte massorétique a été ignoré par les pères de l’Église et que la LXX seule a été considérée comme valide.

Il y a un autre élément de preuve intéressant de cette époque. Il y avait une croyance générale en l’idée de ce que certains ont appelé «la grande semaine de la Terre». Cette idée suggère que, comme la création a pris 6 jours et que le Seigneur s’est reposé le 7ème jour, de même il y aurait 6 jours de 1000 ans chacun pour l’histoire humaine, après quoi le Seigneur reviendrait et régnerait sur l’humanité pendant une période de 1000 ans, ou le Millénium de repos trouvé dans Apocalypse 20.

Puisque l’ancien texte de la LXX indiquait que le monde avait été formé vers 5500 av.J.-C., ou peut-être un peu plus tôt, il y avait le sentiment commun parmi de nombreux Pères anté-Nicéens que les 6000 ans d’histoire touchait à leurs fins, et que le retour du Seigneur pour inaugurer le millénium était imminent.

Cette idée était entièrement basée sur les anciennes chrono-généalogies LXX. La chrono-généalogie massorétique ne soutenait pas du tout ce concept car elle avait une échelle de temps beaucoup plus courte depuis la création.

C’est dans ce contexte que les commentaires d’autres Pères de l’Église dans la période précédant le Concile de Nicée indiquent également qu’ils utilisaient l’ancien texte de la LXX.

Ainsi, nous avons Justin Martyr qui a vécu d’environ 100 à 165 après JC, soutenant la chronologie de la LXX dans son «Dialogue avec Tryphon». Tout comme Irénée, qui a vécu d’environ 120 à 202 après JC, dans son ouvrage «Contre les Hérésies», 5.28. 3.

Hippolyte, le polémiste et évêque de Rome, décédé vers 236 après JC, partageait le même point de vue et déclarait qu’il restait 500 ans avant “d’atteindre les 6000 ans”31.

Les «Traités de Cyprien» 11.11 indiquent que Cyprien, évêque de Carthage, qui vécut de 200 à 258 après JC environ, tenait la même chronologie et utilisait donc l’ancien texte LXX. Il en fut de même pour Commodien qui mourut vers 275 après JC32, avec Victorinus de Petau, qui mourut vers 304 après JC33.

L’évêque d’Olympe du 3e siècle était Méthode. Il était d’accord avec les conclusions des «arithméticiens intelligents» comme Théophile et Julius Africanus et a ainsi accepté le texte de la LXX comme étant canonique34.

Enfin, Lactance, décédé en 320 après JC, juste avant le Concile de Nicée, a conclu que “le dernier jour de la conclusion extrême [des 6000 ans] est maintenant proche“. Il a poursuivi en expliquant que, bien que de petites différences existent dans le calcul, «cependant, toute attente ne dépasse pas la limite de deux cents ans»35.

Il ne faut pas ignorer que d’autres chrétiens ont préféré le MT, mais la somme des éléments semblent indiquer que la chronologie de la LXX est correcte.

Le dernier argument de poids est que la génération de Kainam, absente dans le MT et le SP, est présente dans le Nouveau Testament, lequel a été écrit par des auteurs inspirés :

Soutenir le Ministère de “Qu’est ce que la Vérité ?”

Conclusion

En résumé, les hypothèses d’inflation de la LXX échouent (en partie ou en totalité) sur huit points majeurs:

1. Ils ne peuvent pas expliquer les âges de procréation correspondant dans le SP et la LXX de Genèse 11, qui sont des lignées de textés séparées et indépendantes, et qui sont pourtant identiques.

2. Il n’y a pas de témoignages anciens pour les soutenir.

3. Il aurait été impossible pour les traducteurs de la LXX (ou pour quiconque) de s’en tirer avec une telle fraude en raison de la diffusion ultérieure de la LXX dans toute la diaspora. Les communautés juives ont adopté et utilisé la LXX pendant plusieurs siècles avant l’avènement de l’Église. Une chronologie primitive faussement gonflée aurait été rapidement dénoncée comme frauduleuse.

4. La LXX ne porte aucune preuve de conformité significative aux revendications de la vision du monde égyptienne, ce qui rend douteux que les traducteurs aient corrompu le texte sacré pour se conformer uniquement à la chronologie égyptienne.

5. La chronologie de la LXX ne parvient pas à égaler ou surpasser les anciennes versions de la chronologie égyptienne.

6. Si l’objectif d’égaler ou de dépasser la chronologie égyptienne était réel, alors la chronologie de la LXX devrait être beaucoup plus longue qu’elle ne l’est actuellement. La génération 5 aurait pu être étendue d’au moins deux millénaires. La génération 11 aurait pu être gonflée de plusieurs siècles.

7. Les érudits textuels de la Septante et de l’Ancien Testament soutiennent que les chiffres de la LXX Gen 5/11 devraient être attribués au Vorlage hébreu (texte d’origine) de la LXX, et non aux traducteurs. Ainsi, la LXX témoigne d’un texte hébreu du début du IIIe siècle avant JC de la Genèse avec la chronologie la plus longue.

8. Il existe des preuves externes des textes de la Genèse hébraïque qui contenaient la plus longue chronologie primitive au 1er siècle après JC et avant.

Pourquoi les rabbins auraient-ils dégonflé la chronologie primitive de 1250 ans ? Les spéculations chronologiques et les calculs relatifs au moment de l’arrivée du messie (chronologie messianique) étaient répandus dans le judaïsme du Second Temple36.

Les chronologies messianiques étaient liées à la prophétie de Daniel 9: 24–27 et étroitement associées aux jours de la création, chaque jour symbolisant 1000 ans d’histoire du monde. Dans certains schémas, le messie devait arriver au 6ème millénaire depuis la création (AM 5000-5999 AM), et inaugurer le royaume lors du 7ème millénaire (AM 6000)37.

D’autres schémas soutenaient que le Messie arriverait dans / vers l’an 4000 AM38, une idée plus tard répétée dans le Talmud rabbinique babylonien39.

La chronologie rabbinique du monde dans le Seder Olam Rabbah (vers 140-160 après JC, basée sur le MT, date la création à 3761 avant JC, plaçant l’arrivée du Messie aux alentours de 240 après JC en 4000 AM.

Le Seder Olam a été développé et écrit par les mêmes rabbins qui ont dégonflé les chiffres du MT dans Gen 5/11 pour discréditer Jésus et l’Église ascendante. En termes simples, la date rabbinique de la Création dérivée du Seder Olam faisant autorité place la vie de Jésus trop tôt pour qu’il soit le Messie.

Le schéma de déflation chronologique massive du Seder Olam est également présenté dans sa chronologie post-exilique erronée, que les rabbins ont considérablement réduite d’environ 185 ans40.

Cette réduction a été faite en conjonction avec leur réinterprétation de Daniel 9, qu’ils ont associé à la destruction du Temple plutôt qu’au Messie 41. La réinterprétation de Daniel 9, l’adoption du Seder Olam comme faisant autorité et la réduction de la chronologie primitive dans leurs textes hébreux ont fonctionné ensemble comme justifications pour rejeter Jésus comme le Christ.

Silver explique plus loin:

L’effondrement de la révolte de Bar Kochba [révolte, ca. 135 AD] à la fin du putatif cinquième millénaire a incité les rabbins non seulement à projeter la date messianique dans un avenir plus lointain, mais aussi à réviser leur notion du calendrier de la création.

Ils ne vivaient pas à la fin du cinquième millénaire [ca. 4999 AM] mais à la fin du quatrième [ca. 3999 AM] millénaire. Le peuple n’avait pas besoin d’être désespéré au sujet de la venue du Messie. Il devait encore à venir …

La polémique chrétienne peut aussi avoir été responsable de cette révision de 1000 ans du calendrier de la création, qui a eu lieu avant le troisième siècle.

Les propagandistes chrétiens du premier siècle ont soutenu que Jésus était l’accomplissement de la prophétie, et qu’il était né à la fin du cinquième [4999 AM], ou dans la première partie du sixième millénaire …

Les rabbins ont jugé nécessaire de contrer cela en affirmant que cette affirmation était fausse, dans la mesure où le sixième millénaire était encore devant (p. 18–19).

Les rabbins possédaient un motif adéquat, des moyens et une occasion unique de réviser systématiquement le texte sacré, d’introduire la chronologie plus courte dans le Seder Olam et le proto-MT comme faisant autorité et de supprimer les preuves de la chronologie plus longue. Ils sont le seul groupe qui aurait pu rendre ce type de modification chronologique radicale permanente dans les futurs manuscrits.

Les citations dans des sources externes utilisant des textes hébreux et grecs de la Genèse circulant au 1er siècle de notre ère et plus tôt devraient contenir les âges supérieurs de procréation dans Gen 5/11 si les rabbins avaient rapidement réduit la chronologie de 1250 ans. Et c’est exactement ce que nous trouvons.

La tentative juive de discréditer Jésus comme étant le Messie est la seule explication avec assez de force pour rendre compte des altérations chronologiques dans Genèse 5 et 11.

Selon la chronologie de la LXX, la création d’Adam eu lieu en 5500 avant JC et le déluge en 3200 avant JC, ce qui permet de placer les échelles archéologiques confortablement et d’éliminer le conflit entre les pyramides et le déluge. D’autres arguments importants se trouvent dans l’article ci-dessous :

Les pyramides ont-elles été construites avant le déluge ?

À l’inverse, ceux qui préfèrent la chronologie primitive du MT manquent d’une théorie complète pour expliquer l’ensemble des preuves et n’ont pas encore suffisamment expliqué:

  • Le manque de fiabilité des Jubilés et les corrélations numériques exactes avec le SP et une grande partie du MT dans Genèse 5. Jubilés est le seul témoin externe à un élément de la chronologie primitive plus courte avant AD 70. L’inauthenticité de ses nombres est un témoignage dévastateur contre la chronologie plus courte trouvée dans le MT.
  • Le fait que la chronologie primitive plus courte du MT n’a pas de témoignage crédible en dehors de l’influence rabbinique avant 310 après JC, et n’a été acceptée comme original que par Jérôme (380 après JC).
  • Les âges de procréation indépendants et correspondants dans Genèse 11 dans la LXX, SP et Josèphe.
  • Le fait que tous les témoins externes fiables avant l’an 100 en dehors de l’influence rabbinique témoignent à l’unanimité de la chronologie plus longue.
  • Le fait que le texte hébreu de la Genèse utilisé par Josèphe, Liber Antiquitatum Biblicarum et la LXX contenait tous les âges de procréation supérieurs au premier siècle après JC et avant.

Le professeur Peter Gentry déclare ceci :


….la Septante est importante car elle témoigne d’un Vorlage hébreu plus ancien que nos autres témoins, y compris les manuscrits de la Mer Morte.42

Références :

  1. Cet article rejette les interprétations de Genèse 5 et 11 telles que des «formules honorifiques» symboliques, hyperboliques, non littérales, non historiques, allégoriques, dépendantes de la numérotation sexagésimale mésopotamienne, des codes ou messages secrets, ou nécessitant la connaissance de la littérature païenne de l’ANE ou d’autres découvertes archéologiques / anthropologiques pour être compris et interprété correctement.
  2. Hanson, p. 183, n. 6.
  3. Finegan, p. 145.
  4. Hanson, p. 851–852.
  5. Smith Jr. 2017, p. 172, n. 19.
  6. Finegan, p. 141.
  7. Wacholder 1974, p. 3.
  8. Fallon 1983.
  9. Wacholder 1974, p. 7.
  10. Finegan, p. 145.
  11. Wacholder 1974, pp. 12–13, 246–248, 256–257; Holladay, p. 95, 99, nn. 2–3.
  12. pp. 862 –863; Holladay, p. 101 n. 15.
  13. Holladay 99, n.6.
  14. Holladay, p. 93.
  15. Ant. 1.67,83-87, 149-150.
  16. Ant. 10.218; Ag. Ap. 1.1.
  17. Ag. Ap. 1.1.
  18. Smith Jr. 2018; Annexe, n. 3.
  19. Sexton (2015), pp. 215–216; Sexton and Smith Jr., pp. 47–48; Smith Jr., “Methuselah’s Begetting Age,” p. 169, nn. 3, 4, 8.
  20. La date de création rabbinique dans le Seder Olam est 3761 av. S’ils avaient adopté la chronologie post-déluge des Jubilés au lieu de créer la leur, cela aurait placé la date de création 275 ans plus tôt, 4036 av. Cela aurait placé la vie et le ministère de Jésus peu après 4000 AM, lui permettant de rester un candidat messianique. Pour plus d’informations sur la date de 4000 AM, voir: Sexton (2015); Sexton et Smith Jr. (2016); Smith Jr., “L’âge de la naissance de Mathusalem.
  21. La Cité de Dieu; Livre 5, Chapitre 11.
  22. Sexton 2015, p. 212.
  23. 1975, p. 76, n. 14.
  24. (Wallraff, p. 25, italiques ajoutés).
  25. Schaff 2004, p. 1118.
  26. Adler, pp. 479-480.
  27. [Voir Talmud babylonien, Tractate Sanhedrin folio 70a].
  28. [Théophile à Autolychus 3.28].
  29. [Théophile à Autolychus 3.29].
  30. [Julius Africanus «Fragments of the Chronography», Frag. 18,4].
  31. [Hippolyte, “Fragments de commentaires – Sur Daniel” 2.4-6].
  32. [“Les Instructions de Commodianus”, 80].
  33. [Victorinus, “Sur la création du monde”].
  34. [Methodius, Fragment 9].
  35. [Lactance, “The Divine Institutes”, 7.14 et 7.25].
  36. (Beckwith 1981; 1996, p. 217; Wacholder 1975).
  37. Wallraff, et. Al 2007, pp. XXIII, 291).
  38. (Beckwith 1981; Silver, pp.6, 16).
  39. (Abodah Zarah 9a; Sanhedrin 97b).
  40. Hughes, p. 257.
  41. Beckwith 1981, p. 536.
  42. JETS52-1
    JETS 52/1 (March 2009) 19–45 page 24.

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces centaines d'heures de recherche afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques et le débat création/évolution.

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