Quand le Livre de Daniel a-t-il été écrit ? Au 6ème siècle av JC ou au 2ème siècle av JC ?


Il est très intéressant de parler de Daniel car ce dernier est un sujet principal de critique de la part des sceptiques qui déclarent que son livre n’est pas véridique et que les faits qui y sont rapportés ont été inventés.

En 605 av.J.C Nebucadnetsar envoya ses armées contre Jérusalem et Daniel fut déporté à Babylone. Il a été déporté avant la destruction de Jérusalem qui se produisit plus tard en 587 av.J.C. Plus tard, l’empire babylonien tombera alors que Daniel était encore vivant.

Daniel et ses amis faisaient partie d’un groupe haut en couleur, composé de jeunes gens très intelligent et très brillant, que les babyloniens souhaitaient récupérer à leur avantage.

Que disent les critiques sur Daniel ?

Selon la chronologie biblique, Daniel a écrit son livre à Babylone au 6ème siècle avant J.C (Daniel 9 : 2 et 10 : 2)

Selon plusieurs critiques Daniel a été écrit beaucoup plus tard en Israël, durant la révolte maccabéenne, en réponse à des agitations politiques provoquées par le tyran grec Antiochos IV Epiphane (175-164 av.J.C).

Ainsi Daniel n’aurait pas écrit de prophéties (quand bien même ses prophéties s’étendent au-delà de l’époque maccabéenne) mais il aurait fait de l’histoire à rebours.

Les implications sont énormes – si Daniel a écrit à rebours, il représente une fraude – si Daniel a écrit avant les évènements, nous avons là une preuve objective de l’inspiration divine de la Bible et de l’existence de Dieu.

Quelle est la raison principale du rejet du livre de Daniel par les critiques ?

La raison du rejet de Daniel tient au fait qu’il s’agit d’un des plus grands prophètes de l’Ancien Testament et que ces prophéties s’étalent sur des centaines d’années pour ne pas dire des milliers.

Si les prophéties sont établies, alors cela veut dire que Dieu existe, parce que seulement Dieu peut annoncer de telles choses.

Daniel prophétisa l’empire médo-perse, grec, et romain. Les chercheurs athées indiquent cependant qu’il est impossible de prédire l’avenir, le livre de Daniel doit donc avoir été écrit très tardivement.

Il ne s’agit pas simplement d’une question sur la date de rédaction de Daniel mais d’un sujet philosophique profond sur l’existence de Dieu et son rapport à la création.

Voici une citation qui nous permet de comprendre d’où vient cette approche critique du livre de Daniel :

« Nous devons supposer que la vision (de Daniel 8) dans son ensemble est une prophétie après coup ? Pourquoi ? parce que les êtres humains sont incapables de prédire avec précision les événements futurs des siècles à l’avance et dire que Daniel pourrait le faire, même sur la base d’une révélation symbolique que Dieu lui a accordée et interprétée par un ange, c’est aller à l’encontre des certitudes sur la nature humaine.

Donc, ce que nous avons ici n’est en fait pas une feuille de route de l’avenir établie au sixième siècle avant notre ère, mais une interprétation des événements de l’époque de l’auteur, en 167-164 avant J.-C.1»

Il ne s’agit ici pas simplement d’une étude du texte de Daniel, il y a une question beaucoup plus profonde sous-jacente : l’univers ne peut pas être comme la Bible le décrit. Il n’y a pas un Dieu absolu qui voit le futur et se révèle aux hommes.

Cela ne peut pas se produire alors cela ne s’est pas produit – ainsi pourrait-on résumer le raisonnement circulaire des critiques athées.

Sans comprendre que Dieu est le centre de la réalité et sans entrevoir que les miracles se produisent, personne ne peut correctement comprendre le monde, scientifiquement et historiquement.

Il faut donc analyser les bases d’une revendication avant de traiter de la revendication en elle-même et cela est particulièrement vrai dans le cas du Livre de Daniel.

Les noms des officiels babyloniens

La tablette de Nebo-Sarsekim fait écho à Jérémie 9 : 33 qui mentionne explicitement le nom d’un officiel babylonien. La tablette se réfère à lui comme « le chef des eunuques ».

Ce titre n’aurait pas pu être connu à un écrivain juif des siècles après l’époque babylonienne. Cela démontre au contraire que Daniel a été un témoin oculaire à la cour du roi, et qu’il a écrit au 6ème siècle avant.J.C.

Cet artefact particulier, cette petite tablette d’argile, nous donne un « titre » et le « nom » d’une personne qui est mentionnée dans le livre de Jérémie. Daniel et Jérémie étaient contemporains l’un de l’autre. La mention de cet individu est extraordinaire, elle confirme le texte biblique et renforce sa nature de « témoin oculaire ».

Le titre de Nebo-Sarsekim est « chef des eunuques », un titre qui est donné au début du livre de Daniel pour décrire une personne à la cour du roi.

C’est seulement si on a vécu à la cour du roi de Babylone, que l’on peut connaître cet office du chef des eunuques, mais si on a vécu 400 ans après la chute de Babylone, la connaissance de ce titre et de cet office aurait probablement été perdue.

Il s’agit donc d’une « petite » découverte mais tellement « significative ». Voici un article plus complet sur ce sujet précis :

Les deux langues du livre de Daniel

Un autre élément qui indique que Daniel a été écrit au 6ème siècle av.J.C concerne les langues du texte. Le Livre de Daniel est écrit en hébreu et en araméen (qui est une langue sémitique similaire).

L’araméen reflète la période dans laquelle Daniel était à la cour, on le perçoit dans le langage et dans les termes.

Un document de mariage (Papyrus d’Eléphantine) d’Egypte, nous donne un unique aperçu des nuances de l’araméen et du style d’écriture du 5ème siècle av.J.C. De nombreux exemples de l’araméen utilisé par Daniel ne peut avoir été produit au 2ème siècle av.J.C.

L’écriture de Daniel est plus proche du papyrus d’éléphantine que des textes de la période maccabéenne comme l’apocryphe de la genèse. Cette écriture est appropriée au siècle revendiqué par la Bible et non à celui du 2ème siècle. Mais voici un article plus complet à ce sujet :

Les Manuscrits de la Mer Morte

Les plus vieilles copies du Livre de Daniel ont été trouvées près de la Mer Morte.

Comme elles sont datées de 150 av.J.C il est impossible que ce livre ait été écrit juste 15 ans plus tôt comme certains critiques le déclarent. Ce livre était un livre biblique établi et révéré depuis bien longtemps dans les cercles juifs.

Il était pratique pour les critiques de repousser l’écriture de Daniel quand nous disposions uniquement de textes massorétiques ne datant même pas d’avant l’ère moderne mais nous avons ces magnifiques rouleaux et il apparait maintenant déraisonnable, du point de vue de ces anciennes copies seules, d’indiquer que ce livre, en l’espace de 15 ans, a été recopié massivement et s’est largement répandu, jusqu’à atteindre les communautés de la Mer Morte.

De manière ironique, le Livre de Daniel fait partie du plus ancien matériel retrouvé à Qumran. En lier la rédaction à 165 av.J.C apparaît comme un scénario impossible.

L’archéologie est véritablement importante pour défendre les écritures contre les sceptiques. Ce genre de découverte ferme la porte à leurs arguments biaisés. Ceci ne suffit toutefois pas à leur faire reconsidérer leur paradigme philosophique.

Belschatzar, roi de Babylone ?

Il s’agit de l’épisode connu de l’écriture sur le mur par une main mystérieuse. Daniel est ensuite amené devant Belschatzar pour interpréter la situation. Le roi est terrifié à cause de l’écriture sur le mur. Le texte biblique indique que “son visage changea de couleur”, que les “jointures de ses reins se relachèrent” et que “ses genoux s’entrechoquèrent”.

Les sceptiques déclaraient haut et fort qu’il n’avait pas existé et les historiens grecs les soutenaient en ce sens qu’ils indiquaient que Nabonide avait été le dernier roi de Babylone.

De nombreuses découvertes depuis révèlent depuis des mentions de Nabonide et de son fils aîné : Belschatzar. Ce dernier était l’héritier du trône alors que Nabonide était un roi absent et avait laissé son fils en charge du royaume de Babylone.

Ainsi quand Daniel lut l’écriture sur le mur, il ne fut offert que la 3ème place du royaume (Daniel 5 : 16, 29).

C’est là où le récit biblique, écrit à la période indiquée par la Bible, trouve toute sa cohérence. Pour bien des sceptiques cette 3ème place offerte était dénuée de sens, car qui était ce Belschatzar non mentionné dans les textes historiques ?

Depuis plusieurs cylindres ont été découverts, notamment le cylindre de Nabonide où il est fait clairement mention de Belschatzar.

Il s’avère que Nabonide était le père de Belschatzar, mais il était la plupart du temps à l’extérieur de Babylone, menant des guerres ou en retraite loin de la ville.

C’était Belschatzar qui s’occupait du royaume et c’est pourquoi ce dernier ne proposa que la 3ème place du royaume à Daniel, car la première était occupée par Nabonide, et la 2ème par lui-même.

Nous manquions à la base d’informations et ceux qui choisissent toujours d’être critique envers la Bible et supposent les plus mauvaises pistes pour expliquer l’origine des textes bibliques, se retrouvent systématiquement dans l’embarras après les découvertes et après que le texte biblique soit exonéré de tous doutes.

La découverte de Belschatzar place directement Daniel comme étant un témoin oculaire de la chute de Babylone car les historiens grecs s’étaient trompés en écrivant des siècles après les évènements que Nabonide avait été le dernier roi de Babylone, alors que ce dernier n’était même pas à Babylone quand elle est tombée.

L’archéologie confirme que le livre biblique de Daniel est correct. Il est impossible que Daniel ait pu connaître la complexité de la situation et de ce fait historique s’il avait écrit en Israël, 300 ou 400 ans après la chute de Babylone, alors qu’elle était alors détruite.

Voici un article plus complet sur Belschatzar :

Conclusion

Les sceptiques rejettent les conclusions qui doivent découler de ces éléments, mais le poids des preuves archéologiques et historiques est clairement du côté de la Bible.

Les éléments nous démontrent que ce que Daniel a écrit est digne de confiance et la conclusion est que ses prophéties sont vérifiées par l’histoire (succession des royaumes, venue du Messie…) et donc que la Bible est divinement inspirée par le Créateur de l’Univers.

Soutenir le Ministère de “Qu’est ce que la Vérité ?”

Références :

  1. Sibley Towner, Interpreter’s Bible, 1984, P.115, Cited In (DLIOT:332)

Anthony ETHEVE

Passionné et étudiant converti à la Bible, Anthony partage le fruit de ces centaines d'heures de recherche afin d'aider les chrétiens et notamment les nouveaux appelés à comprendre les thèmes bibliques et le débat création/évolution.

Recent Posts